Côte d'Ivoire
Chronologie évènementielle 1960 - 2009
1960
(7
août) Proclamation de l'indépendance de la Côte d'Ivoire.
(3 novembre) Promulgation de la Constitution qui établit un
régime de type présidentiel.
(27 novembre) Félix Houphouët-Boigny est élu premier
président. Première Assemblée nationale (70 députés).
Le Parti Démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), restera jusqu'en
1990 un parti unique.
1962
Un complot fomenté par un groupe du PCDI est déjoué.
(24 avril) Signature d'un accord de défense et d'un accord
d'assistance militaire technique entre la France et la Côte d'Ivoire.
1963
(janvier)
L'Assemblée nationale vote une loi portant création d 'une
cour de sûreté de l'Etat.
(janvier et août) Complot impliquant d'anciens ministres, de
nombreuses condamnations sont prononcées, des mesures d'épuration
sont diligentées.
(9 avril) 89 inculpés sont jugés par la cour de sûreté
de l'Etat qui prononce cinq condamnations à mort (peines qui ne seront
pas exécutées).
1964
(17
août) La Caisse de stabilisation et de soutien des prix des produits
agricoles (CSSPPA) est transformée en société d'Etat.
(décembre)
La cour de sûreté juge 96 inculpés et prononce six condamnations
à mort, dont celle de Jean-Baptiste Mockey, qui sera gracié
par la suite.
1965
(7
novembre) Réélection de Félix Houphouët-Boigny
à la présidence de la République.
Election des 85 députés du PDCI à l'Assemblée
nationale.
1967
(7 novembre) La Côte d'Ivoire et l'URSS établissent des relations diplomatiques. Elles seront rompues en mai 1969, en raison de l'immixtion de Moscou dans les affaires intérieures, puis rétablies en février 1986.
1968
(14 mai) Au cours de la guerre civile au Nigeria, la Côte d'Ivoire reconnaît le régime sécessionniste du Biafra, lors de la guerre civile au Nigeria. Lagos rompt ses relations avec Abidjan (rétablies en 1971). En janvier 1970, le Général Ojukwu, ancien chef du Biafra, trouve refuge en Côte d'Ivoire.
1970
(octobre)
Répression d'un soulèvement de l'ethnie Bété
dans la région de Gagnoa contre la domination économique exercée
par les Baoulés, ethnie à laquelle appartient Félix
Houphouët-Boigny (le massacre du Gébié).
(novembre) Nouvelle réélection de Félix Houphouët-Boigny
à la présidence de la République et élection
de 100 députés présentés par le parti unique,
le PCDI.
(4 novembre) Houphouët-Boigny est le premier chef d'Etat noir
à préconiser le dialogue avec l'Afrique du Sud. Cette politique
de rapprochement aboutira à une rencontre historique, le 21 septembre
1974 à Yamoussoukro, entre le Premier ministre sud-africain John
Vorster et le président ivoirien.
La chronologie couvrant la période 1971 - 06/2005 paraitra ultérieurement dans un ouvrage
2005
(3 juillet) Décès dans des circonstances troublantes
après son interpellation par des militaires, du colonel major Bakassa
Traoré, directeur de l'Office national de la protection civile.
(4-5 juillet) Laurent Gbagbo participe à la 5ème session
ordinaire de l'Union Africaine à Syrte (Libye).
(7 juillet) La Bourse du café et du cacao (BCC) maintient
le prix indicatif d'achat "bord champ" "du kilogramme de
la fève de cacao bien fermenté et bien séché
à 390 FCFA (0,59 euro) pour la période allant de juillet à
septembre 2005".
(9 juillet) Après trois jours de négociations à
Yamoussoukro, les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire
(Fanci) et les Forces nouvelles (FN, rébellion) sont parvenues ce
jour à un nouvel accord sur le calendrier du désarmement.
Les principales dates de l'accord sont les suivantes : (i) avant le 15 juillet
2005 : adoption des amendements des lois relatives au processus de paix
; (ii) 20 août : fin du désarmement et du démantèlement
effectifs et complets des milices pro-gouvernementales ; (iii) 19 septembre
: accueil de l'ensemble des combattants de façon concomitante et
simultanée sur les sites de regroupement ; (iv) 26 septembre : début
du désarmement et de la démobilisation qui prendront fin le
3 octobre.
(10 juillet) Selon le Général Elrick Irastorza, nouveau
Commandant de la Force Licorne en Côte d'Ivoire, "l'opération
Licorne nous coûte au total 190 millions d'euros par an, soit environ
124 milliards de francs Cfa. Pour plus de détail, la Licorne coûte
par jour 341 millions de francs CFA".
(15 juillet) Dans un message à la nation, Laurent Gbagbo déclare
: "en vertu des pouvoirs que me confère l'article 48 de notre
Constitution", "je prends immédiatement des décisions
qui portent sur : (i) Le financement sur fonds publics des partis et groupements
politiques et des candidats à l'élection présidentielle
; (ii) L'identification des personnes et le séjour des étrangers
en Côte d'Ivoire ; (iii) La Commission Nationale des Droits de l'Homme
de Côte d'Ivoire (CNDHCI) ; (iv) La composition, l'organisation, les
attributions et le fonctionnement de la Commission Electorale Indépendante
(CEI) ; (v) Les dispositions spéciales en matière de naturalisation
; (vi) Le Code de la nationalité. Toutes ces Décisions, qui
ont force de loi, prennent effet à compter de ce jour, 15 juillet
2005".
(16 juillet) Le Conseil National de la Communication Audiovisuelle
(CNCA) suspend "jusqu'à nouvel ordre" les émissions
de Radio France internationale (RFI) sur la bande FM pour "traitement
non professionnel" de l'actualité ivoirienne.
(23-24 juillet) Attaque par des éléments inconnus d'Agboville
(70 km au nord d'Abidjan) et d'Anyama (banlieue d'Abidjan). Selon le chef
de l'armée ivoirienne, le bilan serait d'au moins 24 morts dont 7
militaires des forces de défense et de sécurité. Chez
les assaillants, 17 morts auraient été enregistrés.
Les assaillants auraient libéré plus de 200 prisonniers de
la prison d'Agboville. Selon que l'on se place du côté du pouvoir
en place ou de l'opposition, ces attaques sont attribuées aux ex-rebelles
ou aux milices pro-gouvernementales.
(27 juillet) Les principaux partis de l'opposition regroupés
au sein du G7 rejètent une série de lois récemment
promulguées (le 15 juillet) par le président Laurent Gbagbo
(sur la nationalité, les droits à la citoyenneté, la
composition de la commission électorale indépendante (CEI)
),
affirmant qu'elles ne sont pas conformes au plan de paix de Pretoria II.
(31 juillet) Maintes fois reporté, le processus de désarmement
échoue une nouvelle fois devant le refus des Forces nouvelles de
respecter l'échéance à laquelle elles devaient envoyer
40 500 combattants rebelles dans des sites de cantonnement, étape
qui précède la phase du désarmement.
(7 août) Le président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur
de la crise en Côte d'Ivoire, estime que les lois promulguées
le 15 juillet par le président Gbagbo sont "conformes"
aux accords de paix interivoiriens et n'ont pas à être révisées.
(8 août) Arrivée à Abidjan du Haut représentant
de l'ONU pour les élections en Côte d'Ivoire. Il s'agit de
l'ancien ministre portugais des affaires étrangères Antonio
Monteiro.
(17 août) Nomination du tchadien Abou Moussa au poste de Représentant
spécial adjoint pour la Côte d'Ivoire en remplacement du Britannique
Alan Doss, muté au Liberia.
(20 août) Dans une interview à RFI, l'ancien chef d'état-major
des FANCI, le général Mathias Doué, déclare
vouloir obtenir le départ du président Laurent Gbagbo "par
tous les moyens" si la communauté internationale ne prend pas
les devants. Entretiens à Pretoria entre le président sud-africain
Thabo Mbeki et une délégation des Forces nouvelles (FN) conduite
par Guillaume Soro. A l'issue des conventions éclatées de
son parti, l'ancien président Henri Konan Bédié est
plébiscité, avec 98,61% des suffrages exprimés, pour
être le candidat officiel du Parti démocratique de Côte
d'Ivoire (PDCI-RDA) aux élections présidentielles d'octobre
2005.
(25 août) A l'issue d'un séminaire tenu à Bouaké
du 20 au 25 août, les forces nouvelles (Mpci, Mpigo, Mjp) déclarent
qu'elles ne participeront pas à l'élection présidentielle
prévue le 30 octobre et empêcheront le déroulement du
scrutin sur la partie du territoire national qu'elles contrôlent.
Les rebelles accusent Laurent Gbagbo d'avoir manipulé les conditions
de l'élection pour s'assurer la victoire. Laurent Gbagbo signe un
décret "interdisant l'usage de feux d'artifice, pétards
et autres objets explosifs susceptibles de créer des situations de
panique au sein des populations" en raison "du contexte socio-politique
sensible".
(29 août) Le Rassemblement des houphouétistes pour la
démocratie et la paix (RHDP) regroupant les principaux partis d'opposition
(le PDCI-RDA, le RDR, l'UDPCI et le MFA) déclare que l'organisation
de l'élection présidentielle prévue le 30 octobre est
"impossible" et qu'une transition excluant Laurent Gbagbo doit
être organisée en vue d'assurer la tenue des dites élections.
En vertu de l'article 48 de la Constitution, Laurent Gbagbo rectifie les
lois sur la commission électorale indépendante, la nationalité
et la naturalisation, dont des versions promulguées le 15 juillet
étaient contestées par l'opposition et la rébellion.
(30 août) Le vice-ministre sud-africain des Affaires étrangères,
Aziz Pahad, déclare que "la médiation a terminé
son travail, le Conseil de sécurité de l'ONU doit désormais
prendre le relais". Les autorités sud-africaines demandent à
l'ONU et l'Union africaine (UA) de s'assurer que les accords signés
sont appliqués, ce qui semble exprimer le désengagement de
l'Afrique du sud dans le processus de règlement du conflit.
(31 août) A l'issue d'une réunion à huis clos
du Conseil de sécurité des Nations-Unies, M. Kenzo Oshima,
président dudit conseil, déclare que "la médiation
sud-africaine a indiqué qu'elle poursuivra ses efforts, avec l'appui
des Nations Unies et de l'Union africaine, pour assurer la tenue en Côte
d'Ivoire d'élections libres, justes, transparentes dans les délais
prévus, seule issue à la crise". Le conseil brandit à
nouveau la menace de sanctions individuelles contre les Ivoiriens qui bloquent
le processus de paix en Côte d'Ivoire.
(8 septembre) Le secrétaire général de l'Onu
Kofi Annan déclare à Radio France Internationale que la tenue
d'une élection présidentielle cruciale en Côte d'Ivoire
ne "va pas être possible" à la date prévue
du 30 octobre en raison du retard dans les préparatifs du en grande
partie à la mauvaise volonté des "leaders politiques
et des partis".
(11 septembre) Après un an passé en France, retour
en Côte d'Ivoire du président du PDCI-RDA et ancien Chef de
l'Etat ivoirien Henri Konan Bédié.
(19 septembre) Le ministre de l'Education nationale Michel Amani
déclare que "les examens scolaires en zones Forces nouvelles
sont suspendus jusqu'à l'obtention d'une solution pour leur sécurisation".
(20 septembre) Suite à la proposition du président
nigérian Olusegun Obasanjo (président en exercice de l'Union
africaine) concernant l'éventualité d'une nouvelle médiation
dans le conflit ivoirien qui pourrait se dérouler dans le cadre de
la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest
(CEDEAO), Laurent Gbagbo exprime son " rejet par avance
en raison
de l'implication directe de certains pays membres de cette organisation
dans le conflit ivoirien ". A l'occasion du troisième anniversaire
du déclenchement de la rébellion (le 19 septembre 2002), "tous
les combattants des Forces nouvelles ont été promus à
un grade allant de "caporal" à "général
de brigade". Cette mesure toucherait les 42 500 combattants revendiqués
par les Forces nouvelles.
(22 septembre) Laurent Gbagbo signe un décret sur la nouvelle
Commission électorale indépendante (CEI). La nouvelle CEI
est composée de 31 membres : un représentant de la présidence
de la République, un de l'Assemblée nationale, un du Conseil
économique et social, quatre des ministères concernés
(Administration du Territoire, Economie et Finances, Défense et sécurité),
deux du Conseil supérieur de la Magistrature, deux du Barreau et
vingt représentants des parties signataires des accords de Marcoussis.
Sur les 31 membres de la nouvelle institution électorale, seulement
22 ont voix délibérative, les 9 autres sont consultatives.
Sur les 22 voix délibératives, le G 7 compterait 14 voix contre
8 pour le camp présidentiel.
(27 septembre) Dans un discours à la nation, Laurent Gbagbo
se dit opposé à toute nouvelle médiation sur la Côte
d'Ivoire, il déclare que les élection ne pourront se "tenir
à l'évidence le 30 octobre 2005 puisque les rebelles n'auront
pas désarmé à cette date", il n'y aura pas de
transition et il demeura à son poste après le 30 octobre.
(30 septembre) Tenue à Abuja d'un sommet de la CEDEAO (Communauté
économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) consacré à
la crise en Côte d'Ivoire, en l'absence de Laurent Gbagbo. Les recommandations
issues du sommet seront présentées lors d'une réunion
du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine
(UA), prévue le 6 octobre à Addis Abeba.
(6 octobre) Réuni à Addis Abeba, le Conseil de Paix
et Sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA), a statué
sur la situation en Côte d'Ivoire. Le CPS prend acte de la fin du
mandat du Président Laurent Gbagbo le 30 octobre 2005, ainsi que
de l'impossibilité d'organiser les élections présidentielles
à la date prévue. Le Conseil décide que les "arrangements
conclus dans les accords de Linas-Marcoussis devront se poursuivre pour
une période ne devant pas excéder 12 mois". Pendant cette
période de transition, Laurent Gbagbo reste chef de l'Etat, un "nouveau
Premier ministre acceptable pour toutes les parties signataires de l'Accord
de Linas-Marcousis sera nommé", il dirigera et "aura pleine
autorité sur son gouvernement" "composé de personnalités
proposées par les parties Ivoiriennes signataires de l'accord de
Marcoussis". Le "Premier ministre ne sera pas éligible
aux élections qui seront organisées". Par ailleurs, "il
est créé un Groupe international de travail (GIT) qui se réunira
une fois par mois en Côte d'Ivoire pour évaluer, contrôler
et suivre le processus de paix, y compris la feuille de route convenue à
Pretoria et tous autres accords subséquents" et qui rapportera
et effectuera "les recommandations appropriées au Conseil de
Paix et de Sécurité de l'UA et au Conseil de Sécurité
des Nations Unies". Enfin, le CPS "décide que les parties
Ivoiriennes seront Invitées le plus tôt possible à un
Forum de dialogue national à Yamoussoukro" "ouvert à
la société civile", "il sera présidé
conjointement par le Président Olusegun Obasanjo du Nigeria et par
le Président Thabo Mbeki d'Afrique du Sud".
(11 octobre) Le président du conseil d'administration de la
Bourse du café et du cacao (Bcc), Lucien Tapé Do annonce que
le prix indicatif bord champ du kilogramme de cacao est fixé à
400 Fcfa, en augmentation de 15 Fcfa par rapport à la campagne précédente
(le prix CAF à Londres était ce jour de 781 francs CFA).
(12 octobre) Publication du rapport de l'International crisis group
: "Côte d'Ivoire: Les demi-mesures ne suffiront pas". Dans
ce rapport il est demandé au Conseil de sécurité de
l'Onu : (i) "d'annoncer que les institutions" politiques "actuelles
seront dissoutes le 31 octobre 2006" et "si le scrutin présidentiel
n'a pas eu lieu à cette date", une nouvelle équipe de
transition, "composée exclusivement de membres de la société
civile sera mise en place" ; (ii) "d'étendre le mandat
du Haut représentant des Nations Unies pour les élections
et mettre à sa disposition les ressources humaines et financières
nécessaires pour organiser des élections crédibles
et présider également à l'application des nouvelles
lois récemment promulguées sur la nationalité, les
naturalisations et l'identification des populations" ; (iii) "d'appliquer
les sanctions individuelles prévues par la résolution 1572
pour contraindre les signataires de l'Accord à respecter leurs engagements"
; (iv) de "publier le rapport de la commission d'enquête internationale
sur les violations des droits de l'homme depuis 2002, et d'encourager le
Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) à suivre
attentivement la situation pour décider de l'ouverture éventuelle
d'une enquête formelle" ; (v) "d'organiser, avant le 1er
février 2006, le Forum de dialogue national préconisé
par le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine
".
L'Etat de Côte d'Ivoire et le Groupe Bouygues renouvellent, pour une
durée de 15 ans, leur contrat de concession de service public de
la distribution, de la production, de l'exploitation et du transport de
l'énergie électrique en Côte d'Ivoire.
(14 octobre) Le Conseil de sécurité de l'Onu approuve
le plan de l'union africaine (UA) prévoyant notamment le maintien
de Laurent Gbagbo à son poste, l'organisation d'élections
avant le 30 octobre 2006 et la nomination d'un Premier ministre de 'consensus'
aux pouvoirs étendus.
(17 octobre) Investiture des membres de la Commission électorale
indépendante (CEI). Michèle Alliot-Marie, ministre français
de la Défense, suspend le général Henri Poncet (ancien
commandant de la force Licorne), un officier et un sous-officier ayant servi
dans ladite force. Ils sont soupçonnés d'avoir couvert une
"bavure" ayant entraîné le décès d'un
Ivoirien, lors de son arrestation par des soldats français.
(21 octobre) Le Conseil de sécurité de l'Onu adopte
à l'unanimité la résolution 1633 qui affirme que "le
président Gbagbo demeurera chef de l'État à partir
du 31 octobre 2005 pour une période n'excédant pas 12 mois"
aux côtés d'un Premier ministre "acceptable pour tous",
qui doit être désigné avant le 31 octobre. Le Premier
ministre devra disposer "de tous les pouvoirs nécessaires",
ainsi que de "toutes les ressources financières, matérielles
et humaines voulues, en particulier dans les domaines de la sécurité,
de la défense et des affaires électorales". Le Conseil
se déclare "favorable à l'établissement du Groupe
de travail international (GTI)
prévu par une décision
de l'Union africaine". Le GTI est composé de : Afrique du Sud,
Bénin, Etats-Unis, France, Ghana, Guinée, Grande-Bretagne,
Niger et Nigeria. Il comprend aussi l'ONU, l'Union Africaine, la CEDEAO,
l'Union Européenne, l'Organisation Internationale de la Francophonie,
la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International.
(26 octobre) Publication du rapport d'Amnesty International :
Côte d'Ivoire: Un avenir lourd de menaces. Dans ce rapport "l'organisation
recense quelques-uns des principaux facteurs qui peuvent conduire à
une détérioration rapide de la situation: blocage total du
processus de désarmement, démobilisation et réinsertion
(DDR), ruptures du cessez-le-feu, conflits interethniques dans l'ouest du
pays, appels à la xénophobie relayés par certains hommes
politiques et médias se réclamant du président Gbagbo,
utilisation d'enfants soldats et atteintes à la liberté d'expression".
Devant les risques de dérapage, l'organisation lance un double appel
: (i) aux parties au conflit pour les inciter à appliquer les accords
conclus et (ii) à la communauté internationale pour une implication
plus forte dans le processus de résolution du conflit. Au cours d'un
discours prononcé lors d'ine rencontre avec les forces des défense
et de sécurité (FDS), Laurent Gbagbo tente de rassurer une
partie des effectifs : "tous ceux qui ont droit à la prime qu'on
appelle 'hauts les curs' pour la dernière quinzaine, seront
payés aujourd'hui même. Sur 2004/2005, nous avions des arriérés
de 135 251 822 938 francs (CFA). Nous avions payé 121 867 363 000
francs. Il nous reste à payer 15 milliards. Mais cela ne saurait
être une raison pour que les gens prennent les armes". "Pour
ce qui est du sort des jeunes que Linas Marcoussis demande de faire sortir
des rangs de l'armée, je tiens à préciser qu'aucun
d'entre vous ne sera laissé pour compte".
(27 octobre) Tenue d'un Conseil des ministres boycotté par
les ministres issus du G7 (PDCI-RDA, RDR, UDPCI, MFA, MPCI, MPIGO et MJP).
(28 octobre) Dans un communiqué, l'organisation Human Rights
Watch (HRW) affirme que "le gouvernement ivoirien renforce son effectif
d'hommes armés en recrutant des enfants qui ont combattu lors de
la violente guerre civile du Libéria". En conséquence,
"la communauté internationale doit faire tout son possible pour
garantir la démobilisation de ces enfants et la traduction en justice
de ceux qui les ont recrutés".
(30 octobre) Manifestations à Abidjan et à Bouaké
de partisans de l'opposition à Laurent Gbagbo pour protester contre
la prolongation d'un an de son mandat et pour réclamer la démission
immédiate du président. Dans un discours à la radio
et à la télévision Laurent Gbagbo confirme son maintien
à la tête de l'Etat jusqu'aux prochaines élections.
(14 novembre) Malgré l'embargo sur les armes visant la Côte
d'Ivoire depuis novembre 2004, un rapport d'un groupe d'experts de l'ONU
souligne le niveau élevé des dépenses militaires du
pays et recommande au Conseil de sécurité de renforcer sa
surveillance sur le détournement des fonds liés à l'exportation
du cacao, du coton et des diamants.
(22 novembre) Echec de la médiation africaine conduite par
les chefs d'Etat nigérian Olusegun Obasanjo, nigérien Mamadou
Tandja et sud-africain Thabo Mbeki, à dégager un consensus
sur un nom pour le poste de Premier ministre. Une première liste
de 16 noms avait été établie, puis réduite à
4 noms : M. Gaston Ouassenan Koné (Parti démocratique de Côte
d'Ivoire, PDCI), M. Yadé Tiémoko Coulibaly (Rassemblement
des Républicains, RDR), Mme Jacqueline Lohouès Oble, ancien
ministre de la Justice et M. Gervais Coulibaly, directeur général
de la décentralisation.
(25 novembre) La chambre administrative de la Cour Suprême
annule l'élection du bureau de la commission électorale indépendante
(CEI).
(28 novembre) Selon les propos de Jean-Louis Billon, président
de la chambre de commerce et d'industrie de Côte d'Ivoire, recueillis
par Fraternité Matin, "depuis six ans, depuis le coup d'Etat
de décembre 1999, on est entré dans une période d'incertitudes
en Côte d'Ivoire". " La crise de novembre 2004 a frappé
une classe fortement consommatrice, celle qui a le gros pouvoir d'achat,
celle qui tire l'économie vers la classe moyenne. On pense que la
destruction des écoles françaises n'a fait partir que des
Français
Elle a fait partir plus d'Ivoiriens que de Français,
qui se sont installés dans la sous-région. Des Ivoiriens ont
inscrit leurs enfants à Niamey, Lomé, Bamako, Cotonou, Rabat
La crise de novembre a fait perdre, au bas mot, une trentaine de milliers
d'emplois. Comment est-on arrivé à ce calcul ? D'abord, vous
avez plus de 8000 familles françaises qui sont parties. Ensuite,
vous avez 200 entreprises qui ont fermé entre-temps et autant d'autres
qui ont été sinistrées
Donc novembre 2004 a été
pour notre économie la pire des crises".
(1er décembre) Attaque de la caserne de gendarmerie d'Agban
à Abidjan par des individus armés non identifiés.
(4 décembre) Les trois médiateurs de la crise ivoirienne
(Olusegun Obasanjo, Thabo Mbeki et Mamadou Tanja) désignent Charles
Konan Banny, gouverneur de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de
l'ouest (BCEAO), comme Premier ministre de la Côte d'Ivoire.
(5 décembre) Nomination par un décret du président
Laurent Gbagbo de Charles Konan-Banny au poste de Premier ministre.
(6 décembre) L'ancien Premier ministre Alassane Dramane Ouattara,
chef d'un des principaux partis d'opposition le Rassemblement des républicains
(RDR) est de retour en Côte d'Ivoire pour les obsèques de sa
mère, il met ainsi fin à un exil de trois ans à Paris.
(7 décembre) A l'issue d'une réunion du Groupe de travail
international (GTI), Pierre Schori, représentant spécial du
secrétaire général des Nations unies en Côte
d'Ivoire, déclare que la résolution 1633 du Conseil de sécurité
"prime sur les lois nationales ivoiriennes".
(8 décembre) Prise de fonction officielle du nouveau Premier
ministre ivoirien, Charles Konan-Banny qui succède à Seydou
Elimane Diarra en poste depuis 2003.
(21 décembre) Publication d'un rapport de Human rights watch
(HRW) : "Côte d'Ivoire : le coût de l'impasse politique
pour les droits humains". Ce rapport indique que pour faciliter le
processus de paix, " les initiatives soutenues internationalement et
conçues pour contenir les auteurs d'abus et combattre l'impunité
ont été mises en attente". En conséquence, la
situation de "ni guerre, ni paix" qui perdure depuis trois ans
"a facilité des violations graves et répétées
des droits humains commises par tous les côtés, mais elle a
conduit à une dangereuse dégradation des institutions publiques
conçues pour protéger et défendre les droits humains
élémentaires". "Pour commencer à répondre
à ce retranchement persistant d'impunité en Côte d'Ivoire,
la communauté internationale, principalement les Nations Unies, doit
prendre des mesures clefs. Premièrement, afin d'identifier les personnes
impliquées dans des atteintes passées aux droits humains,
le Conseil de Sécurité des Nations Unies devrait rendre public
le rapport de la commission d'enquête des Nations Unies sur les violations
des droits humains et du droit international humanitaire (les lois de la
guerre) depuis septembre 2002. Deuxièmement, pour empêcher
les actions futures d'auteurs présumés d'atteintes aux droits
humains, le Comité des sanctions pour la Côte d'Ivoire du Conseil
de sécurité des Nations Unies devrait appliquer immédiatement
des sanctions économiques et sur les déplacements, autorisées
par la résolution 1572 du Conseil de Sécurité, contre
les individus désignés comme responsables de violations graves
des droits humains. Enfin, dans un effort pour exiger des comptes aux coupables
de violations des droits humains, le procureur de la Cour Pénale
Internationale devrait rapidement prendre des mesures concrètes pour
poursuivre les investigations sur les crimes graves selon le droit international
commis par toutes les parties depuis 2002".
(28 décembre) Charles Konan Banny constitue le gouvernement
de transition qui se compose comme suit : Premier ministre, Ministre de
l'Economie et des Finances, Ministre de la Communication : Charles Konan
Banny ; le FPI obtient 7 postes : (i) Ministre d'Etat, Ministre du Plan
et du Développement : Antoine Bohoun Bouabré, (ii) Ministre
des Mines et de l'Energie : Emmanuel Léon Monnet, (iii) Ministre
de la Fonction publique, de l'Emploi et de la Réforme administrative
: Hubert Oulaye, (iv) Ministre de la Production animale et des Ressources
halieutiques : Alphonse Douati, (v) Ministre de la Réconciliation
nationale et des Relations avec les Institutions : Sébastien Dano
Djédjé, (vi) Ministre de l'Education nationale : Michel Amani
N'Guessan, (vii) Ministre de la Lutte contre le Sida : Mme Christine Adjobi
; le PDCI compte 5 ministres : (i) Ministre des Affaires étrangères
: Youssouf Bakayoko, (ii) Ministre des Infrastructures économiques
: Patrick Achi, (iii) Ministre de la Santé et de l'Hygiène
publique : Rémi Allah Kouadio, (iv) Ministre de l'Industrie et de
la Promotion du secteur privé : Mme Marie Téhoua Amah, (v)
Ministre de la Jeunesse, de l'Education et des Sports : Dagobert Banzio
; le RDR obtient 5 portefeuilles : (i) Ministre de l'Agriculture : Amadou
Gon Coulibaly, (ii) Ministre de la Construction, de l'Urbanisme et de l'Habitat
: Marcel Amon Tanoh, (iii) Ministre de l'Enseignement supérieur et
de la Recherche scientifique : Cissé Ibrahima, (iv) Ministre des
Nouvelles technologies de l'Information et de la Communication : Hamed Bakayoko,
(v) Ministre de la Famille et des Affaires sociales : Mme Jeanne Brou Peuhmond
; les Forces nouvelles obtiennent 5 postes : (i) Ministre d'Etat, Ministre
chargé du Programme de la Reconstruction et de la Réinsertion
: Guillaume Soro, (ii) Ministre de la Solidarité et des Victimes
de guerre : Louis André Dakoury-Tabley, (iii) Ministre du Commerce
: Moussa Dosso, (iv) Ministre du Tourisme et de l'Artisanat Amadou Koné,
(v) Ministre de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle
: Youssouf Soumahoro; le MFA compte un ministre : (i) Ministre des Transports
: Innocent Anaky Kobenan ; l'UDPCI obtient un ministère : (i) Ministre
de la Coopération et de l'Intégration africaine : Mabri Toikeusse
; l'UDC obtient un poste : (i) Ministre de la Culture et de la Francophonie
: Théodore Mel Eg ; le PIT compte un ministre : (i) Ministre de l'Environnement
et des Eaux et Forêts : Jacques Andoh ; la société civile
enregistre 5 nominations : (i) Ministre de la Défense : René
Aphing Kouassi, (ii) Ministre de l'Intérieur : Joseph Dja Blé,
(iii) Ministre de la Justice et des Droits de l'Homme : Mamadou Koné,
(iv) Ministre délégué auprès du Premier ministre
chargé de l'Economie et des Finances : Charles Diby Koffi, (v) Ministre
déléguée auprès du Premier ministre chargé
de la Communication : Mme Martine Coffi Studer.
2006
(2
janvier) Attaque du camp militaire d'Akouédo à l'est d'Abidjan
par des assaillants non-identifiés. Selon le camp présidentiel
cette attaque serait une tentative de coup d'Etat, tandis que pour le "porte-parole"
des assaillants (Séry Gustave) il s'agirait simplement d'une mutinerie
liée au non paiement des primes des militaires (prime nommée
"hauts-les-curs").
(6 janvier) Le Secrétaire Général des Nations-unies,
Kofi Annan appelle au renforcement des effectifs des troupes de maintien
de la paix onusiennes en Côte d'Ivoire. Il recommande le déploiement
de 3 400 casques bleus supplémentaires et de 475 policiers.
(14 janvier) Alassane Ouattara, président du RDR, annonce
sa candidature à la prochaine élection présidentielle.
(15 janvier) Le Groupe de travail international (GTI) estime que
le mandat des députés qui a expiré le 16 décembre
"n'a pas à être prolongé". Cette recommandation
va à l'encontre de la volonté du Conseil constitutionnel qui
souhaite que l'Assemblée nationale demeure en fonction et conserve
ses pouvoirs jusqu'à la tenue de nouvelles élections.
(16 janvier) Début de manifestations violentes des jeunes
patriotes pro-Gbagbo contre la décision du GTI relative à
la dissolution de l'Assemblée nationale. Les manifestations touchent
Abidjan, Daloa, Guiglo, Gagnoa, Yamoussoukro et San Pedro.
(17 janvier) Pascal Affi N'Guessan, président du FPI, annonce
le retrait de son parti "du processus de paix et son refus de continuer
encore plus longtemps le processus de recolonisation engagé sous
l`égide de l`Onu" ainsi que le départ des ministres FPI
siégeant au gouvernement. Enfin, "le FPI exige le départ
du pays de toutes les forces onusiennes et Licorne, Forces d'exploitation,
d'occupation et d'asservissement de la Côte d'Ivoire".
(18 janvier) Rencontre à Abidjan entre Olusegun Obasanjo (président
en exercice de l'Union africaine (UA)), Laurent Gbagbo et Charles Konan
Banny. Le communiqué final stipule que le Groupe de travail international
(GTI) n'a pas l'autorité de dissoudre l'Assemblée nationale
ivoirienne et incite MM. Gbagbo et Banny de trouver un accord politique
en vue de l'organisation des élections.
(20 janvier) A la suite d'un appel à l'arrêt des manifestations,
lancé la veille par Charles Blé Goudé, Chef des "patriotes",
retour au calme après quatre jours d'émeutes dirigées
contre la présence de "forces étrangères d'occupation",
et particulièrement, des Nations Unies.
(21 janvier) Annonce du retour du Front populaire ivoirien (FPI)
"dans le processus de paix et en conséquence, du retour de ses
ministres au sein du gouvernement".
(24 janvier) A la suite des manifestations et des violences dirigées
contre les Nations Unies, le Programme alimentaire mondial (PAM) annonce
qu'il est dans l'obligation de stopper ses opérations humanitaires
dont dépendent des milliers de personnes dans le pays.
(25 janvier) Retour en Côte d'Ivoire de Alassane Ouattara,
Président du RDR, après 3 ans d'exil en France. Premier conseil
des ministres du gouvernement Banny, Guillaume Soro (ministre d'Etat, chargé
du Programme de la Reconstruction et de la Réinsertion) était
absent. Le Conseil de sécurité de l'ONU prolonge jusqu'au
15 décembre 2006 les mandats respectifs de l'Opération des
Nations Unies en Côte d'Ivoire et des forces françaises de
l'opération Licorne qui l'appuient, pour participer au maintien de
la paix, aider au désarmement et à l'organisation des élections
(résolution 1652 adoptée à l'unanimité). Dans
cette résolution, le Conseil de sécurité rappelle qu'il
avait entériné le communiqué final du Groupe de travail
international (GTI) du 15 janvier 2006, dont la recommandation de dissoudre
l'Assemblée nationale ivoirienne avait servi de prétexte aux
manifestations qui ont éclaté le 16 janvier dernier à
Abidjan. Le Conseil de sécurité n'a pas suivi les recommandations
de Kofi Annan qui demandait le déploiement de 4 000 casques bleus
supplémentaires en Côte d'Ivoire.
(26 janvier) Par crainte de nouveaux débordements, l'Onu annonce
l'évacuation vers la Gambie et le Sénégal de 400 travailleurs
civils de sa mission en Côte d'Ivoire (Onuci) .
(27 janvier) Selon Désiré Tagro porte-parole de la
présidence de la République : "le président Laurent
Gbagbo
prend acte de ce que l'Assemblée nationale demeure en
fonction avec tous ses pouvoirs".
(30 janvier) Jean-Louis Billon président de la Chambre de
commerce et d'industrie de Côte d'Ivoire, dénonce un climat
des affaires délétère, en raison "des tracasseries
administratives intempestives (barrages, rackets et autres...", de
la récurrence des troubles, si bien que "la situation des agriculteurs
en province est catastrophique par le fait de la perte des récoltes
qui n'ont pu être commercialisées, que les transporteurs et
les petits commerçants sont aussi en difficulté par le manque
de liquidité et de stock". Selon Le Patriote (du 28/01/2006),
les émeutes du 16-19 janvier auraient entraîné"
au moins 4 milliards (CFA) de pertes pour les opérateurs économiques".
M. Billon s'insurge contre : "l'art de l'esquive verbale, de l'instrumentalisation
d'une jeunesse en déshérence et du développement des
différentes formes de violence sont devenus des sports nationaux
qui repoussent les responsabilités bien au-delà de ceux qui
les commettent, les utilisent et les animent".
(3 février) La cour d'appel de Paris confirme la condamnation
de deux mois à un an d'emprisonnement ferme à l'encontre de
douze soldats français pour vol et recel, portant sur un total de
220 millions de francs CFA (environ 337.000 euros), commis dans l'agence
de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'ouest (BCEAO) de Man, dont
les dits soldats devaient assurer la surveillance de juillet à août
2004.
(6 février) Après les violentes manifestations anti-ONU
du mois de janvier, le Conseil de sécurité des Nations unies
décide d'envoyer en Côte d'Ivoire une compagnie de casques
bleus de la MINUL (Mission des Nations unies au Liberia) qui seront prélevés
sur le contingent nigérian. Ce renfort provisoire (jusqu'au 31 mars)
représente 200 hommes, 14 véhicules blindés et 18 véhicules
de soutien.
(7 février) Conformément à la résolution
1572 adoptée le 15 novembre 2004, le Conseil de sécurité
des Nations unies décide de sanctionner Charles Blé Goudé
(chef des Jeunes patriotes), Eugène Djué (président
de l'Union des patriotes pour la libération totale de la Côte
d'Ivoire) et Fofié Kouakou (commandant des Forces nouvelles à
Korhogo) pour obstacle au processus de paix. Les sanctions portent sur l'interdiction
de voyager et le gel des avoirs financiers de ces trois personnalités.
(8 février) Le président américain George W.
Bush décide de geler les avoirs des trois opposants à la paix
déjà visés par des sanctions des Nations unies.
(9 février) Ouverture à Yamoussoukro, par le Premier
ministre Charles Konan Banny d'un "séminaire" de son gouvernement.
Les organisations humanitaires (la FAO, l'UNICEF, le PAM, le HCR, Save the
Children, ASA, Caritas, Solidarités, GTZ et OIM) décident
de reprendre l'aide humanitaire d'urgence dans l'ouest du pays (région
de Guiglo). Faisant fi de la décision de la communauté internationale
qui a "pris acte" de la fin du mandat des députés,
le président de l'Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly ouvre
une "session extraordinaire" boycottée par la quasi-totalité
des députés de l'opposition.
(16 février) L'Assemblée nationale ivoirienne adopte
une loi prorogeant le mandat des maires et conseillers généraux
jusqu'à la "proclamation des résultats de la prochaine
élection les concernant". Cette loi a été adoptée
à l'unanimité des 99 députés présents
et des 8 "excusés", qui ont voté par procuration.
(17 février) Le Groupe de travail international (GTI) approuve
l'arbitrage du Haut représentant de l'Onu pour les élections,
validant la composition du bureau de la commission électorale ivoirienne
(CEI), contestée par le Font populaire ivoirien (FPI). L'Union européenne
(UE) accorde une subvention de 22 milliards de francs CFA (33,2 millions
d'euros) à l'appui de la "la feuille de route" du gouvernement
de transition, et notamment pour le financement du processus d'identification
des populations.
(28 février) Au cours d'une conférence de presse, Jean
Louis Billon, président du groupe Sifcom, dénonce la fraude
généralisée et les "centaines de barrages".
Il s'insurge contre l'impunité dont bénéficient les
fraudeurs en Côte d'Ivoire, alors que des services compétents
de lutte existent. La persistance de ce fléau s'explique, car "dans
la fraude, il y a des parrains politiques"
(1er mars) Après un report d'une journée, du a des
" problèmes techniques ", réunion à Yamoussoukro
sous la conduite du Premier ministre Charles Konan Banny des principaux
protagonistes de la crise ivoirienne : le président Laurent Gbagbo,
les opposants Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié et le
chef de la rébellion des Forces nouvelles (FN) Guillaume Soro. Les
participants ont entériné les résultats de l'élection
de la commission électorale indépendante (CEI) (élection
annulée par la Cour suprême et contestée par le FPI).
Cette concession de Laurent Gbagbo a été compensée
par la décision de la création d'un quatrième poste
de vice président, pour "parvenir à une représentation
équilibrée des forces politiques en présence",
le bureau de la CEI passe ainsi de 12 à 13 membres. Concernant le
désarmement, "les participants ont admis la nécessité
de l'actualisation du chronogramme et de la reprise immédiate du
dialogue" entre militaires loyalistes et rebelles. Les cinq dirigeants
ont réaffirmé leur volonté de tout mettre en uvre
en vue de permettre la tenue des élections dans les délais
prévus. Enfin, les participants ont souligné que la "Constitution
et la résolution 1633 n'étaient pas antinomiques".
(2 mars) Après une interruption de plus de deux ans, les examens
scolaires débutent dans les zones sous contrôle de l'ex-rébellion.
(7 mars) Après plusieurs mois de blocage dû à
des divergences politiques sur sa composition, la Commission électorale
indépendante (CEI) ivoirienne a reprend ses activités à
l'issue de la passation des charges entre l'ancien et le nouveau bureau.
Le président de la Banque africaine de développement (BAD),
Donald Kaberuka, déclare lors d'une conférence de presse,
que la Côte d'Ivoire est redevable de plus de 340 millions de dollars
à son institution.
(9 mars) L'Onuci annonce le retour en Côte d'Ivoire d'une partie
de ses personnels civils évacués fin janvier en Gambie pour
des raisons de sécurité.
(11 mars) Au cours d'une Convention de son parti au Parc des Sports
de Treichville, l'ancien Président Henri Konan Bédié
est désigné candidat officiel du Parti démocratique
de Côte d'Ivoire (Pdci) à l'élection présidentielle.
(13 mars) A l'appel de divers syndicats (Mouvement des instituteurs
pour la défense de leurs droits (MIDD), SYNESCI
) débute
une grève des enseignants qui devrait durer jusqu'au 24 mars.
(14 mars) Arrivée à Abidjan de Guillaume Soro où
il rencontre Laurent Gbagbo, Charles Konan Banny, Henri Konan Bédié
et Alassane Outtara.
(15 mars) Guillaume Soro, secrétaire général
des Forces nouvelles, ministre d'Etat chargé du programme de la reconstruction
et de la réinsertion, participe à son premier conseil des
ministres après 16 mois d'absence. Au cours de ce conseil, le ministre
de la Santé et de l'Hygiène Publique a souligné la
dégradation de la situation sanitaire en raison de la crise qui perdure.
Les indicateurs sanitaires sont alarmants : (i) la couverture vaccinale
se situe entre 3 à 60 %, au lieu de 80 %, (ii) la lèpre :
1000 nouveaux cas dont 659 formes graves, (iii) l'ulcère de Buruli
: 22 000 cas enregistrés, (iv) la tuberculose : plus de 20 000 cas
nouveaux dont 36 % de co-infection VIH/SIDA, (v) le VIH/SIDA : 7 % de prévalence
avec 17 000 malades sous traitement sur les 39 000 prévus, (vi) le
service d'urgence des grands hôpitaux : 30 % de mortalité,
(vii) la mortalité maternelle : 690 décès pour 100
000 naissances. Concernant les foyers épidémiques actuels
et les risques épidémiques : ont été relevés
: (i) un foyer d'épidémie de choléra à Zouan
Hounien (janvier 2006, maîtrisé), (ii) un foyer d'épidémie
de méningite dans les régions de Boundiali, Korhogo et Séguéla
(début 2006, un plan d'urgence est en cours), et (iii) des risques
d'épidémies de fièvre jaune dans la région de
Bouna (une campagne de vaccination a été organisée
aux mois de janvier et février 2006, en vue d'endiguer le risque).
Mouvement de grogne parmi les "jeunes recrues" enrôlées
dans les rangs des Fanci à la suite des évènements
de septembre 2002 ("les soldats Blé Goudé", au nombre
de 4000). Ces derniers réclament le paiement d'arriérés
de primes ainsi que l'obtention du statut de militaire. Laurent Gbagbo a
reçu les représentants des soldats contestataires pour tenter
de désamorcer la crise.
(21 mars) Lors d'une rencontre avec les représentants des
4000 recrues de 2002 ("les soldats Blé Goudé"),
Laurent Gbagbo annonce qu'il va satisfaire les principales revendications
des soldats contestataires : (i) la transformation de la prime de guerre
en salaire (100 000 FCFA mensuels), (ii) le paiement des arriérés
de prime, (iii) le décaissement de 230 millions CFA pour couvrir
les cotisations de santé non réalisées par les jeunes
recrues, aux fins de bénéficier des soins médicaux
tout comme les militaires engagés, (iv) concernant le réengagement
des soldats dans l'armée ou leur réinsertion dans la vie civile,
Laurent Gbagbo déclare que personne ne sera "laissé au
bord de la route", (v) à propos du soutien aux familles des
soldats tombés au front, le chef de l'Etat affirme qu'un décret
est en préparation pour régler le problème.
(1er avril) Première rencontre depuis le 19 juillet 2005,
à Yamoussoukro, entre les Forces armées nationales de Côte
d'Ivoire (Fanci) et les Forces armées des forces nouvelles (Fafn).
Les résultats des examens scolaires dans les zones Forces nouvelles
révèlent un taux de réussite de 20% au BEPC et 24,42%
au baccalauréat.
(3 avril) Le général Abdoulaye Fall, Commandant de
la Force de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire
(ONUCI), qui a dirigé les troupes onusiennes dans ce pays pendant
deux ans, quitte ses fonctions. L'intérim est assuré par le
général béninois Fernand Marcel Amoussou. Nommé
le 22 mars par décret présidentiel, le nouveau coordonnateur
du Programme national de désarmement, de démobilisation et
de réinsertion (PNDDR), le Général de gendarmerie Gaston
Ouassenan Koné prend officiellement ses fonctions en remplacement
de Alain Richard Donwahi.
(8 avril) Au terme de sa visite en Côte d'Ivoire, le président
congolais, Denis Sassou Nguesso, président en exercice de l'Union
africaine et nouveau médiateur de la crise ivoirienne, donne une
conférence de presse après sa rencontre à huis clos
avec Laurent Gbagbo, Alassane Dramane Ouattara, Henri Konan Bedié,
Guillaume Soro et Charles Konan Banny. Le médiateur déclare
: "à la suite de la synthèse des entretiens que nous
avons eu ici à Abidjan, nous avons retenu qu'il était important
que les processus de désarmement et d'identification soient engagés
concomitamment sans tarder. Nous ne pouvions permettre l'immobilisme sur
ces questions". Cette décision va à l'encontre des voeux
du camp présidentiel qui souhaitait le désarmement avant l'identification,
et les Forces nouvelles qui exigeaient l'inverse.
(10-15 avril) Visite en France du Premier ministre Charles Konan
Banny.
(20 avril) Au cours de sa 6ème réunion, le Groupe de
Travail International (GTI) exprime "sa vive préoccupation face
aux retards pris dans le démarrage d'activités essentielles
pour la mise en uvre effective de la feuille de route". Le GTI
affirme son soutien à "l'organisation concomitante et immédiate
des opérations de désarmement et d'identification". La
prochaine réunion du GTI se tiendra le 19 mai.
(23 - 29 avril) Visite au Etats-Unis du Premier Ministre Charles
K. Banny.
(3 mai) Après l'annonce le 26 avril, par l'Organisation mondiale
de la santé animale (OIE), de la présence en Côte d'Ivoire
de foyers de grippe aviaire sous sa forme hautement pathogène du
virus H5N1, le gouvernement confirme officiellement la nouvelle. Au cours
d'une conférence de presse donnée à l'issue de sa rencontre
à Bruxelles avec Charles K. Banny, Louis Michel, Commissaire Européen
chargé du Développement et de l'aide déclare : "l'Union
européenne va donner une enveloppe de 198 millions d'euros, pour
accompagner le processus de paix en Côte d'Ivoire"
si l'on
ajoute le montant de "l'aide déjà promise" ou accordée,
"cela fait un paquet de 268 millions d'euros, soit près de 175
milliards francs cfa". "Bien entendu, cet argent sera décaissé
dès que le processus d'identication des populations démarrera".
(13 mai) Le Premier ministre Charles Konan Banny prend décision
de lancer l'opération concomitante d'identification et de DDR. Cette
décision fait suite à l'accord du 8 avril entre les "
cinq grands " leaders politiques ivoiriens, confirmé lors de
la réunion du GTI du 20 avril.
(14 mai) Lors d'une allocution radio-télévisée,
Charles Konan Banny confirme le début des audiences foraines et du
pré-regroupement des combattants dans une phase pilote. Au cours
des audiences foraines, les magistrats et les fonctionnaires de l'état
civil délivreront, après audition des notables locaux et sur
la foi de témoins, des actes de naissance aux personnes de plus de
13 ans sans papiers ayant pu prouver leur naissance dans la localité
concernée. Ces opérations-pilote se feront simultanément
dans sept villes choisies (Bangolo, Botro, Bouna, Méagui, Port-Bouët,
Sandégué et Tiapoum).
(16 mai) Dans une déclaration, les partisans du chef de l'Etat,
Laurent Gbagbo, regroupés au sein du Congrès national de la
résistance pour la démocratie (Cnrd), remettent en cause la
concomitance des processus de DDR et d'identification et appellent à
des actions pour "s'opposer de façon résolue à
toute opération d'identification avant le désarmement et la
réunification du pays".
(17 mai) Publication du rapport de l'International crisis group (ICG)
: Côte d'Ivoire: La paix comme option. L'ICG note que des progrès
vers la paix ont été réalisés : "Le gouvernement
a organisé les examens scolaires reportés depuis deux ans
dans le nord. Le dialogue politique a été relancé par
le sommet du 28 février 2006 [retardé au 1er mars] qui a réuni
les quatre acteurs majeurs du conflit autour du premier ministre. La Commission
électorale indépendante (CEI) a débuté ses activités.
Guillaume Soro, le leader des FN, est revenu à Abidjan pour assumer
ses responsabilités ministérielles. Les partis politiques
se préparent en vue d'une élection dont beaucoup doutent qu'elle
puisse se tenir à bonne date. Et le dialogue militaire a finalement
repris entre les forces belligérantes, avant d'être à
nouveau suspendu". Malgré tout il ne faut pas céder à
"un optimisme excessif" car " les progrès sont loin
d'être irréversibles".
(18-24 mai) Déroulement de la phase pilote des audiences foraines
sur les 7 sites initialement prévus: 3137 personnes ont obtenu un
certificat de nationalité.
(25 mai) Publication du rapport de Human rights watch (HRW) : "
Parce qu'ils ont des fusils
il ne me reste rien ". Selon HRW,
" ce rapport décrit les atteintes aux droits humains commises
contre des civils par les forces de sécurité gouvernementales,
les forces des milices et par les Forces Nouvelles entre novembre 2005 et
mars 2006, et sert à illustrer le coût humain de l'échec
à aborder l'impunité et l'anarchie en Côte d'Ivoire
".
(1er juin) A l'issue d'une réunion tenue à Yamoussoukro,
les états-majors des forces armées loyaliste et des forces
nouvelles annoncent le début du désarmement à partir
du 8 juin. Le "général" Soumaïla Bakayoko a
en outre exigé "que tous les combattants (rebelles) soient identifiés"
et que la carte nationale d'identité leur soit octroyée.
(7 juin) Un nouveau parti politique, l'Union nationale des Ivoiriens
du Renouveau (UNIR) proche d'Ibrahim Coulibaly (IB), annonce sa volonté
de mettre en place en Côte d'Ivoire une troisième République
fondée sur une nouvelle Constitution moins conflictuelle.
(13 juin) Publication d'un décret présidentiel interdisant
les marches, les sit-in et les autres manifestations sur la voie publique
sur toute l'étendue du district d'Abidjan, pour la période
du 14 juin au 14 décembre 2006. Néanmoins, les réunions
et les manifestations organisées par les partis politiques ou associations
légalement constituées échappent aux dispositions du
décret, à condition toutefois, précise le texte, qu'elles
se déroulent dans des lieux clos, après avoir été
préalablement déclarées auprès du ministère
de l'Intérieur.
(14-15 juin) Visite de Laurent Gbagbo au Tchad.
(15 juin) Le général de division Antoine Lecerf prend
officiellement le commandement des soldats de la force française
Licorne, en remplacement du général Elrick Irastorza, appelé
à d'autres fonctions. Alfred Guéméné, président
du Collectif des syndicats du secteur Education-Formation, annonce la mise
en grève illimitée des enseignants du préscolaire,
du primaire et du secondaire pour de meilleures conditions de travail et
une augmentation des salaires. Le gouvernement adopte le projet de budget
de l'Etat pour l'année 2006 qui s'élève à 1965,3
milliards de FCFA, en hausse de 13,3% par rapport à 2005.
(20 juin) Le gouvernement décide la réouverture des
marchés de volailles fermés depuis la découverte le
3 mai de deux foyers de grippe aviaire à Abidjan et dans sa banlieue.
(23 juin) A l'issue de deux jours de concertation, les députés
de l'opposition réunis au sein du Rassemblement des Houphouétistes
pour la Démocratie et la Paix (RHDP) décident de siéger
à nouveau à l'Assemblée nationale dont ils boycottaient
les travaux depuis janvier 2006. Cette décision fait suite à
celle du président de l'Assemblée nationale (Mamadou Koulibaly)
de suspendre, au mois de mai, les émoluments des députés
absents ainsi qu'à la menace de leur radiation le 1er juin, s'ils
poursuivaient leur boycott.
(27 juin) Selon le Trésor public, la normalisation de la situation
socio-politique et des financements externes devrait permettre d'atteindre
des taux de croissance économique de 2,4 %, 3,5% et 5,1 % respectivement
en 2007, 2008 et 2009.
(30 juin) Lancement à Yamoussoukro du Forum de dialogue national,
par le Premier ministre Konan Banny, à la Fondation Félix
Houphouët Boigny pour la recherche de la paix, en présence des
membres du gouvernement et des principaux partis politiques, à l'exception
du Front populaire ivoirien (FPI). Ce forum national se déroulera
en trois phases : (i) la phase de lancement, (ii) la phase de terrain qui
permettra d'expliquer et de recueillir les propositions et (iii) les assises
du forum qui seront sanctionnées par la production d'un document
contenant les recommandations des populations. Un comité de suivi
sera mis sur pied pour veiller à l'application de toutes les décisions.
(3 juillet) En 2005, les recettes générées par
le droit unique de sortie (DUS) (taxe à l'exportation sur le café,
le cacao et le bois) se sont élevées à 262,7 milliards
de FCFA contre 316 milliards en 2004, soit une chute de 17%. Le gouvernement
prévoit une amélioration des recettes pour l'année
2006 grâce aux bonnes performances du secteur pétrolier. En
effet, en 2005, pour la quatrième année consécutive,
le secteur pétrolier a connu une forte progression (+83,2%), avec
un niveau record de production de 14,5 millions de barils. Cette performance
a permis à l'Etat de percevoir des recettes d'un montant de 47,9
milliards de FCFA au cours de l'année écoulée.
(5 juillet) Réunion à Yamoussoukro entre Kofi Anan
secrétaire général de l'Onu, plusieurs dirigeants africains
et les acteurs de la crise pour évaluer la situation en Côte
d'Ivoire. Le communiqué final fixe le début des "audiences
foraines" au plus tard le 15 juillet, demande " la publication
d'un décret présidentiel d'ici le 15 juillet, autorisant la
commission électorale indépendante (CEI) à procéder
à tout ajustement nécessaire du code électoral pour
les élections de transition " et prévoit d'examiner mi-septembre
une éventuelle prolongation du mandat du président Gbagbo
après le 31 ocobre.
(7 juillet) L'Union européenne (UE) accorde une subvention
de 7,2 milliards de FCFA (11 millions d'euros) à l'appui de l'organisation
des "audiences foraines" (le processus d'identification des populations).
(11 juillet) Redressement du trafic du port d'Abidjan dont le volume
de manutention a atteint 18,6 millions de tonnes en 2005 contre 17,7 millions
en 2004. Malgré une baisse du trafic navires de 8,8% (2928 escales
en 2005, contre 3210 en 2004), le port d'Abidjan a réussi à
maintenir ses principales activités d'exportation : cacao, coton,
fruits, caoutchouc brut, sucre et bois. En revanche, le trafic conteneurisé
est passé de 669 843 tonnes en 2004 à 571 674 en 2005, en
baisse de 14,6%. Le transit a bénéficié de la réouverture
de la ligne ferroviaire Abidjan-Ouagadougou et a atteint 750 000 tonnes
en 2005, après être tombé à 200 000 tonnes en
2002. Les exportations de pétrole ont augmenté de 37% en 2005.
(13 juillet) Le Front populaire ivoirien (FPI) déclare son
opposition au démarrage des "audiences foraines" dénonçant
un "passage en force" du gouvernement pour organiser "la
fraude électorale". Mise en place du Groupe de Suivi de la mise
en oeuvre du programme Désarmement, Démobilisation et Réinsertion
(DDR) et Démantèlement, Désarmement des milices. Le
Groupe est composé des Chefs d'Etat Major des Forces de Défense
et de Sécurité (FDS), des Forces Armées des Forces
Nouvelles (FAFN) du Coordinateur Général du Programme National
de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion(PNDDR)
ainsi que des Commandants des Forces de l'ONUCI et de la Licorne.
(19 juillet) Les "jeunes patriotes", partisans de Laurent
Gbagbo, paralysent Abidjan en érigeant des barricades pour protester
contre les audiences foraines (destinées à identifier les
populations) qui seraient entachées de fraudes. Par leur action,
les patriotes lancent un "avertissement" au Premier ministre Charles
Konan Banny. Le Conseil de sécurité de l'Onu adresse un nouvel
avertissement à tous ceux qui feraient obstacle au processus de paix
en Côte d'Ivoire en les menaçant de "sanctions ciblées".
(20 juillet) Levée des barricades dressées la veille
à Abidjan. Réunion du groupe de travail international (GTI)
qui dénonce les oppositions et les entraves à l'organisation
des "audiences foraines", et avertit qu'il transmettra ses conclusions
"à l'appréciation du comité des sanctions (mis
en place par l'Onu) afin qu'il puisse prendre les mesures appropriées
contre les auteurs et les commanditaires de ces incidents". Dans un
communiqué, les partisans de Laurent Gbagbo, réunis au sein
du Congrès National de la Résistance pour la Démocratie
(CNRD), dénoncent la fraude qui caractérise les audiences
foraines, considérées comme "un nouveau coup d'Etat électoral".
Lors d'une réunion tenue à Paris, M. Habib Ouane (chef de
Division chargé des PMA à la CNUCED) déclare : "La
persistance de la crise a de lourdes conséquences sur l'économie
ivoirienne. Au rythme où vont les choses, si rien n'est fait le pays
devrait passer dans la catégorie des PMA" (pays les moins avancés).
(23 juillet) Le président du directoire du Rassemblement des
houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), Alphonse
Djédjé Mady demande aux militants de l'opposition de "débloquer
les audiences foraines par tous les moyens". Le Parti ivoirien des
travailleurs (PIT) réclame une pause dans le processus des audiences
foraines. Création d'un nouveau parti politique : l'Union républicaine
pour la démocratie (URD) par l'ancienne ministre de la Communication,
Danielle Boni Claverie. Ce parti demande que les audiences foraines soient
différées. De violents affrontements, entre jeunes patriotes
opposés à la tenue des audiences foraines et militants de
l'opposition qui sont favorables à ladite tenue, se sont déroulés
le 22 et le 23 juillet à Divo. Sur 50 sites devant accueillir les
audiences foraines, 43 seraient opérationnels, 27 sites auraient
fonctionné correctement, 16 sites auraient été perturbés
par des violences et 7 sites doivent débuter leur activité
le 24 juillet. Concernant les 27 sites dont l'activité s'est déroulée
dans de bonnes conditions, 18 sont situés en zone "rebelle",
2 en zone de confiance et 7 en zone gouvernementale.
(24 juillet) Au cours d'une allocution télévisée,
le Premier ministre Charles Konan Banny déplore les violences autour
des audiences foraines : "rien ne justifie et ne justifiera qu'on puisse
ôter la vie à son prochain. Surtout pas l'opération
des audiences foraines". Il tente de balayer les arguments du FPI et
des jeunes patriotes concernant la fraude. A propos du processus DDR, Konan
Banny informe que "du côté des Forces de défense
et de sécurité, les 35 sites de pré-regroupement ont
reçu des ex-combattants. Du côté des Forces Nouvelles,
les Ivoiriens doivent savoir que les 50 sites de pré-regroupement
ont aussi reçu des ex-combattants. Pour ce qui concerne les 50 sites,
il s'agit d'un effectif de 33000 ex-combattants. Donc le pré-regroupement
est achevé". Il affirme enfin sa détermination à
poursuivre les audiences foraines.
(26 juillet) Désarmement des milices : 150 ex-combattants
(sur 2000 recensés) déposent les armes dans la région
ouest, contrôlée par les forces gouvernementales. Ce sont les
premiers miliciens à désarmer avant la date limite fixée
au 7 août.
(2 août) Adoption en conseil des ministres du "Guide pratique
des audiences foraines". Dans son point 13, le guide stipule : "les
personnes de nationalité ivoirienne bénéficiaires des
jugements supplétifs d'acte de naissance obtenus dans le cadre des
audiences foraines et celles de nationalité ivoirienne déjà
en possession de leur acte de naissance, désireuses d'obtenir un
certificat de nationalité, pourront s'adresser au Président
du tribunal ou au juge de section, selon les modalités habituelles
prévues par le Code de la Nationalité et la circulaire d'application
N° 31/MJ/CAB3 du 25 avril 1962". En d'autres termes, les audiences
foraines ne pourront plus délivrer de certificats de nationalité,
elles ne délivreront que des jugements supplétifs.
(4 août) Les Nations unies et l'armée ivoirienne annoncent
l'interruption du processus de désarmement des milices de l'ouest,
en raison du faible nombre d'armes récupérées.
(5 août) Laurent Gbagbo signe un décret portant nomination
de nouveaux présidents de juridictions (127 magistrats), notamment
appelés à remplacer les magistrats désignés
pour superviser les audiences foraines. Selon certains magistrats, cette
décision viole la Constitution (article 106) ainsi que le statut
de la magistrature : "ces nominations illégales, [sont] plutôt
guidées par le souci de placer des hommes en mission politique que
d'assurer une bonne administration de la Justice". Il s'agit de "nommer
des magistrats proches du régime, dans le cadre des opérations
des audiences foraines".
(6 août) A la veille de la fête de l'indépendance,
Laurent Gbagbo prononce un discours dans lequel il déclare que les
audiences foraines ne peuvent pas délivrer de certificats de nationalité
: "aucun certificat de nationalité ne sera délivré
[...] au cours des présentes audiences foraines". De plus, il
n'est pas question de créer une nouvelle liste d'électeurs,
mais simplement de mettre à jour l'ancienne (qui date de 2002) :
"aucune liste nouvelle d'électeurs ne sera créée".
Enfin, Laurent Gbagbo affirme qu'il restera au pouvoir jusqu'aux prochaines
élections, quelle que soit leur date.
(8 août) En réaction au discours du Président,
la rébellion décide de suspendre sa participation au dialogue
militaire sur le désarmement pour protester contre le "changement
des règles du jeu" sur l'identification des populations. Selon
Guillaume Soro, "les Forces nouvelles n'entendent plus continuer de
souscrire à un processus factice et hypocrite". De plus, "il
ne sera pas question pour les Forces nouvelles d'accepter une quelconque
prolongation du mandat de M. Laurent Gbagbo".
(9 août) M. Paolo Gomez, administrateur de la Banque mondiale
pour l'Afrique, rencontre le chef de l'Etat et le Premier ministre à
Abidjan. Au 15 juin, le cumul des arriérés de la Côte
d'Ivoire vis-à-vis de la Banque mondiale s'élevait à
de 310 millions de dollars (environ 155 milliards de FCFA).
(14 août) Lors d'une conférence de presse, Alphonse
Djédjé Mady, Président du Directoire du Rassemblement
des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), "dénonce
les tentatives de blocage du processus de paix par M. Laurent Gbagbo. Le
RHDP dénonce et condamne la volonté affirmée par le
Chef de l'Etat dans son discours à la nation (du 6 août), de
confisquer le pouvoir d'Etat sans recourir à des élections"
"Le RHDP refuse toute idée de prorogation du mandat de Laurent
Gbagbo au-delà du 31 octobre 2006 et exige la poursuite des audiences
foraines". Le RHDP "affirme qu'il n'acceptera pas de liste électorale,
autre que, celle validée par la Commission électorale indépendante
(CEI)" car si Laurent Gbagbo souhaite confier la mission de mettre
à jour les listes électorales à l'Institut national
de la statistique (INS) c'est parce que "le Président du Conseil
d'Administration, le Directeur Général, le Directeur des Opérations
de l'INS sont membres du Comité Central du Front Populaire Ivoirien
(FPI)". Selon la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps),
le nombre d'entreprises en activité est passé de 23476 à
la fin décembre 2003, à 14928 à la fin décembre
2005. Au cours de cette période, la production a connu une baisse
de l'ordre de 35%. D'après la Cnps, les destructions d'emplois salariés
sont passées de 23476 en 2003 à 40416 en 2004.
(17 août) Réunis à Daoukro, les dirigeants du
G7 (Henri Konan Bébié, Président du PDCI-RDA, Alassane
Dramane Outtara, Président du RDR, Guillaume Soro, Secrétaire
Général des Forces Nouvelles, Mabri Toikeuse, Président
de l'UDPCI, Anaky Kobenan, Président du MFA) "dénoncent
et condamnent avec fermeté les nombreuses entraves au processus de
paix suscitées par le chef de l'Etat, Laurent Gbagbo, son Parti,
le FPI et leurs partisans". Ils "rejettent toute idée de
prorogation du mandat de Monsieur Laurent Gbagbo au-delà du 31 octobre
2006". Ils exigent la poursuite des audiences foraines conformément
aux modalités définies lors de la réunion du 5 juillet
2006.
(18 août) Obsèques du général Robert Guéï
assassiné le 19 septembre 2002.
(20 août) Réunies en conclave à Bouaké,
les forces nouvelles dénoncent "le tandem" Laurent Gabgbo
et Charles Konan Banny et regrettent que ce dernier ne tienne pas son rôle
"d'arbitre impartial" et fasse trop de "concessions"
au pouvoir.
(22 août) Lancement officiel des missions de paix à
l'intérieur du pays : "les missions de paix constituent la première
étape du forum de dialogue national. Elles visent à écouter
puis à rassurer les populations. Elles visent à les faire
passer du statut de passifs à celui d'acteurs du processus de paix".
5 équipes sur 70 ont effectivement "pris le départ".
(23 août) A l'issue d'une rencontre avec Laurent Gbagbo, Pierre
Schori, représentant spécial du secrétaire général
de l'Onu, annonce le report probable de l'élection présidentielle
pour des raisons techniques : "il n'est techniquement plus possible
d'organiser ces élections, car l'identification et l'enregistrement
des listes électorales ne sont pas terminés". Pierre
Schori précise que la réunion de l'Onu du 15 septembre qui
doit envisager l'après 31 octobre 2006 : "n'est pas pour décider
du départ ou du maintien du président Gbagbo au pouvoir".
"Cette rencontre permettra d'évaluer le progrès fait
dans le processus de paix et si possible de donner un coup d'accélérateur
à la feuille de route, si des blocages sont constatés".
Publication officielle d'une lettre (envoyée le 17 août) co-signée
par Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara à
l'attention de Kofi Annan et Thabo Mbéki stipulant : "compte
tenu des manquements répétés du chef de l'Etat aux
différents accords et de sa volonté affichée d'entraver
le processus de paix, nous sommes fondés "à demander
"qu'il soit désormais explicitement interdit au chef de l'Etat
de prendre tout acte engageant la vie de la nation".
(24 août) En réponse à la lettre publiée
la veille par l'opposition, Laurent Gbagbo rejette toute idée de
limitation de ses pouvoirs par l'Onu.
(26 août) Les Forces nouvelles interdisent l'accès du
territoire qu'ils contrôlent aux délégations des missions
de paix dépêchées par le Premier ministre.
(28 août) A l'issue de la conférence annuelle des ambassadeurs
de France à l'étranger tenue à Paris, Jacques Chirac
déclare : "en Côte d'Ivoire, il n'y a pas d'autre sortie
de crise que des élections ouvertes et sincères fondées
sur des listes électorales renouvelées".
(29 août) A l'issue d'une rencontre à Paris avec Jacques
Chirac, le président Omar Bongo propose un plan de sortie de crise
pour la Côte d'Ivoire. Une transition de deux ans gérée
par un exécutif collégial : Laurent Gbagbo au poste de président
de la République ; Alassane Ouattara, vice-président ; Henri
Konan Bédié, président de l'Assemblée constituante
et Guillaume Soro, Premier ministre. Laurent Gbagbo dévoile sa position
concernant les listes électorales : "la liste électorale
est déjà établie, mais on va la mettre à jour
parce qu'une liste électorale, on ne la fait pas quand les élections
arrivent. Elle est permanente. Donc, on ne fait pas une nouvelle liste électorale".
(31 août - 1er septembre) Violents affrontements au cours d'une
expédition punitive menée par des policiers contre des étudiants
sur le campus de l'université de Cocody (3 morts et plusieurs blessés
graves).
(5 septembre) Le sommet de Yamoussoukro réunissant le Premier
ministre Charles Konan Banny, le président Laurent Gbagbo, ses opposants
Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié et le chef de la rébellion,
Guillaume Soro n'a pas abouti à un accord sur le désarmement
et l'actualisation des listes électorales.
(6 septembre) Démission du gouvernement suite au "scandale
des déchets toxiques". (400 tonnes ?) de déchets toxiques
déchargés au port d'Abidjan par le Probo Koala, un navire
sous pavillon panaméen, ont été ensuite déversés
dans des décharges d'Abidjan par une société ivoirienne
(Tommy) dans la nuit du 19 au 20 août. Le porte-parole du gouvernement,
Hubert Oulaye annonce le décès d'une troisième personne
et confirme que plus de 1.500 personnes intoxiquées ont été
reçues dans les différents établissements de santé
d'Abidjan.
(7 septembre) Dans un document publié ce jour, l'International
Crisis Group (ICG) déclare : "En l'absence de nouvelles règles
pour l'après 31 octobre 2006 et sans la mise en uvre simultanée
de tous les moyens de pression individuels sur les responsables politiques
qui s'efforcent d'entraver l'organisation d'élections "propres",
aucun gouvernement de transition ivoirien ne pourra organiser un scrutin
présidentiel dans un avenir proche. Le règlement de la crise
ne sera qu'une illusion et les 37 millions de dollars dépensés
chaque mois pour l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire
(ONUCI) ne seront qu'un gâchis. À terme, la communauté
internationale n'aura alors le choix qu'entre deux options: un retrait politique
et militaire, qui laisserait aux ivoiriens le soin de résoudre leurs
différends comme ils l'entendent (probablement par une violence qui
n'épargnerait aucun des pays voisins) ou, au contraire, la prise
en charge intégrale du processus électoral, dans ce qui ressemblerait
à une mise sous tutelle temporaire".
(8 septembre) Au terme de sa réunion, le Groupe de travail
international (GTI) reconnaît l'échec de la mise en uvre
de la résolution 1633 et demande au Conseil de sécurité
de mettre en place "de nouveaux arrangements institutionnels et de
gouvernance pour la période postérieure au 31 octobre".
(12 septembre) A l'issue d'une visite de 3 jours à Abidjan,
Denis Sassou N'Guesso, président de l'Union Africaine, constate le
désaccord persistant de la classe politique sur le mode de sortie
de crise : "nous sommes au regret de dire qu'au moment où nous
partons d'Abidjan, les questions d'identification qui sont elles-mêmes
liées à celles du désarmement ne trouvent pas encore
solution". Trois semaines après le déversement de déchets
toxiques dans des décharges autour d'Abidjan, on enregistre 7 morts
et 10 000 consultations dans les établissements de santé pour
vomissements, nausées, ou difficultés respiratoires.
(14 septembre) Lors d'un discours devant les militaires, Laurent
Gbagbo fustige la communauté internationale (et particulièrement
le GTI) en l'accusant d'être responsable de l'échec du processus
de paix en Côte d'Ivoire. En conséquence Laurent Gbagbo déclare
qu'il ne participera pas à la réunion prévue le 20
septembre au siège des Nations Unies à New York : "je
n'irai pas à New York et n'y enverrai aucune délégation.
Je ne veux pas cautionner la mascarade".
(16 septembre) Nomination d'un nouveau gouvernement : La plupart
des membres de l'ancienne équipe sont reconduits. Seuls, deux ministres
ne le sont pas : Anaky Kobenan, ministre des Transports (Mouvement des forces
d'avenir, MFA), et Jacques Andoh (Parti ivoirien des travailleurs, PIT),
ministre de l'Environnement, à la suite du scandale des déchets
toxiques déversés à Abidjan. Ils sont respectivement
remplacés par Abdel-aziz Thiam, directeur général de
la Société ivoirienne des chemins de fer (Sitarail) et par
Daniel Aka Ahizi (PIT). Le nombre de membres du gouvernement passe de 32
à 36 du fait de la création de deux ministères : des
Droits de l'Homme (Joel N'Guessan) et de l'Administration du territoire
(Cheik Daniel Bamba), issus de la scission du ministère de la Justice,
pour le premier et du ministère de l'Intérieur, pour le second.
On note la création de deux nouveaux secrétariats d'Etat :
à la "bonne gouvernance" (Ginette Yoman) et à la
protection civile (Yao Kouassi Noël).
(19 septembre) Publication du rapport d'Amnesty international : "Côte
d'Ivoire. Affrontements entre forces de maintien de la paix et civils :
leçons à tirer". Ce document tente de dresser le bilan
et de dégager les responsabilités des "attaques dont
ont été victimes les opposants politiques ivoiriens et les
ressortissants français au cours des événements de
novembre 2004 à Abidjan ainsi que celles dirigées contre les
membres et les bâtiments de l'Onuci en janvier 2006". Amnesty
recommande des suppléments d'enquête aux différentes
parties intéressées : gouvernement ivoirien, France et Onu.
Dans une interview au quotidien Le Monde, Laurent Gbagbo affirme que le
temps des négociations "est terminé" et déclare
ne plus attendre la paix des casques bleus de l'ONU et des soldats français
de l'opération Licorne qu'il accuse de "légèreté"
et de "parti pris" : "s'ils veulent partir, qu'ils partent".
(20 septembre) Après le mini-sommet de l'Onu, Jean-Marie Guéhenno,
chargé des opérations de maintien de la paix, confirme que
les élections en Côte d'Ivoire ne pourront avoir lieu avant
le 31 octobre, en raison de "l'existence de blocages graves".
Il déclare que "la réunion que nous avons tenue n'était
pas une réunion de décision. Les décisions seront prises
par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest
(Cedeao), l'Union africaine et en dernier ressort par le Conseil de sécurité".
Ainsi, la Cedeao devrait reprendre le dossier en main et transmettre son
avis à l'Union Africaine qui se réunira le 4 octobre prochain.
Enfin, vers la mi-octobre le Conseil de sécurité devrait se
réunir pour proposer et adopter une nouvelle résolution.
(6 octobre) Pour les chefs d'Etat de la Communauté économique
des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao), réunis à Abuja, la
résolution 1633 constitue "le cadre idéal du règlement
de la crise ivoirienne". Devant les blocages dans son application,
ils demandent au Conseil de sécurité de lOnu de "prendre
les mesures appropriées". La Cedeao exprime son soutien "à
l'Onuci et aux forces françaises" de l'Opération Licorne.
ainsi que sa "satisfaction" dans l'application de la "feuille
de route" de la transition par le Groupe international de travail (GTI)
chargé de veiller au bon déroulement de cette transition.
Enfin, les chefs d'Etat ont décidé de soumettre leurs recommandations
au Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union Africaine
(UA) lors de sa réunion mi-octobre à Addis Abeba.
(8 octobre) Le Front populaire ivoirien (FPI), par la voix de son
président Pascal Affi N'Guessan, demande la dissolution du Groupe
de travail international (GTI) et le départ de la force française
Licorne.
(13 octobre) Le ministre de la santé fait état de 10 morts
et de 69 hospitalisations suite à la pollution engendrée par
le déversement de déchets toxiques en provenance du Probo-Koala.
(14 octobre) Au titre du 10ème Fonds européen de développement
(FED), l'Union européenne alloue à la Côte d'Ivoire
une enveloppe de 143 milliards de francs CFA (218,4 millions d'euros) pour
la période 2008-2013. Cette enveloppe est destinée à
"promouvoir une bonne gouvernance économique et politique"
(32,8 millions d'euros) et à "consolider la paix, la cohésion
sociale et les infrastructures" (152 millions d'euros). Le solde (32,8
millions d'euros) doit appuyer plusieurs programmes : de développement
des filières agricoles, de l'intégration régionale,
de la coopération technique et du soutien à la société
civile.
(17 octobre) L'Union africaine (UA) décide de reconduire pour
une période "n'excédant pas douze mois" le président
ivoirien Laurent Gbagbo et le Premier ministre Charles Konan Banny qui bénéficiera
de pouvoirs encore plus élargis.
(18 octobre) L'Union africaine, par la voie de son président
Denis Sassou-N'Guesso, annonce la fin de la médiation du président
sud-africain Thabo Mbeki.
(27 octobre) Paris annonce que les déchets toxiques ivoiriens
seront traités en France.
(31 octobre) A l'unanimité de ses quinze membres, le Conseil
de sécurité des Nations unies adopte la résolution
1721 qui proroge d'un an le mandat du chef de l'Etat Laurent Gbagbo, ainsi
que celui du Premier ministre Charles Konan Banny qui devra disposer de
"toutes les ressources financières, matérielles et humaines
voulues et une autorité totale et sans entraves".
(2
novembre) Laurent Gbagbo réagit à la résolution
1721 : "toutes les atteintes contenues ça et là encore
dans le texte de la Résolution et qui constituent des violations
de la Constitution de la République de Côte de d'Ivoire ne
seront pas appliquées".
(3 novembre) Philippe Mangou, chef d'Etaf-major de l'armée ivoirienne,
réaffirme son soutien au président Laurent Gbagbo : "les
Forces de défense et de sécurité (FDS) de Côte
d'Ivoire vous apportent leur soutien en votre qualité de Président
de la République, chef suprême des armées". Cette
déclaration va à l'encontre de la résolution de l'ONU
qui affirme l'autorité du Premier ministre sur les forces de sécurité.
(6 novembre) L'Indice de Perception de la Corruption (IPC) 2006, publié
par Transparency International (TI), place la Côte d'Ivoire en 151
ème position (avec un score de 2,1) sur 163 pays.
(22 novembre) La Commission d'enquête sur l'affaire des déchets
toxiques remet son rapport au Premier ministre Charles Konan Banny. Ce document
met en lumière la chaîne des responsabilités tant au
niveau étatique que privé.
(23 novembre) Au cours d'une interview accordée à la Radio
télévision ivoirienne, Pierre Schori (représentant
spécial du secrétaire général des Nations Unies
en Côte d'Ivoire) admet le relatif échec de la communauté
internationale dans la résolution de la crise, malgré "17
résolutions du Conseil de sécurité et une vingtaine
de déclarations du président du Conseil de Sécurité".
Pierre Schori précise que la résolution 1721 prévoit
un bilan de la situation "le 1er février, et un autre en mai/juin".
"Et, si la communauté internationale par le biais du GTI, de
la CEDEAO et de l'Union Africaine [qui sont dans le GTI], voient que cela
n'avance pas assez vite ou qu'il y a des problèmes, alors ils doivent
envoyer des recommandations au Conseil de sécurité
pour
faire accélérer ou prendre d'autres mesures".
(26 novembre) Laurent Gbagbo signe huit décrets et réhabilite
dans leurs fonctions trois hauts fonctionnaires suspendus au mois d'octobre
par le Premier ministre, et mis en cause par le rapport de la commission
d'enquête sur le scandale des déchets toxiques déversés
à Abidjan en septembre dernier. Les trois hauts fonctionnaires qui
seront officiellement réintégrés dans leurs fonctions
le 16 décembre sont : Gnamien Konan, Marcel Gossio et Pierre Amondji,
respectivement directeur général des Douanes, directeur du
port autonome d'Abidjan et gouverneur du district d'Abidjan.
(27 novembre) A Yamoussoukro, le premier ministre Konan Banny déclare
rejeter la décision du président Gbagbo de réintégrer
trois responsables mis en cause dans l'affaire des déchets toxiques.
Les partis politiques d'opposition, soutenus par une partie de la population,
dénoncent également cette décision.
(28 novembre) Jugeant qu'en diffusant la veille le message "séditieux"
de Konan Banny, la Radio télévision ivoirienne (RTI) avait
commis une "faute grave", Laurent Gbagbo prend deux décrets
révoquant son directeur général, Kébé
Yacouba, et dissolvant son conseil d'administration. Le nouveau directeur
général de la RTI est Pierre Brou Amessan.
(30 novembre) Manifestations, rapidement dispersées par la police,
à Abidjan, Toumodi, Yamoussoukro et Dabou, contre les décrets
du Président Gbagbo. L'intervention des forces de l'ordre s'est soldée
par un mort et une dizaine de blessés.
(1er Décembre) A l'issue de sa réunion, le Groupe de travail
international (GTI) exprime sa "profonde inquiétude" en
raison du "retard" du processus de paix et de la "détérioration
du climat politique". Le GTI apporte son soutien au Premier ministre
Charles Konan Banny.
(5 Décembre) Pour disperser des manifestations de protestation
contre l'obstruction faite par Laurent Gbagbo à l'action du premier
ministre, les forces de sécurité tirent sur la foule et tuent
deux personnes à Agnibilékrou et dans le quartier de Koumassi
à Abidjan.
(12 Décembre) Le colonel Babri Gohourou, porte-parole des
forces armées nationales de Côte d'Ivoire (Fanci), déclare
que l'armée a déjoué une tentative imminente de coup
d'Etat visant à assassiner le Président Laurent Gbagbo et
plusieurs hauts responsables de la hiérarchie militaire.
(13 Décembre) Lors des festivités marquant le 46ème
anniversaire de la Société des transports abidjanais (SOTRA),
Laurent Gbagbo déclare sa détermination à rester à
la tête de l'Etat malgré les tentatives de coups d'Etat : "Depuis
quatre ans, vous avez essayé de faire des coups d'Etat, ça
n'a pas marché!". Par ailleurs, Laurent Gbagbo affirme qu'il
veillera au strict respect de la Constitution, seule voie pour assurer la
stabilité politique. Enfin, Laurent Gbagbo interdit par décret
(n°2006-409), pour une période de 7 mois, les marches et les
manifestations sur la voie publique. Le décret stipule : " les
marches, sit-in et autres manifestations sur la voie publique sont interdits
sur toute l'étendue du District d'Abidjan pour la période
allant du 15 décembre 2006 au 15 juin 2007 ". Charles Konan-Banny
affirme qu'il n'est pas concerné par les accusations de tentative
de coup d'Etat.
(15 Décembre) Le Conseil de sécurité des Nations
unies prolonge le mandat des forces de paix en Côte d'Ivoire (onusienne
et française) jusqu'au 10 janvier 2007.
(19 Décembre) Lors d'une allocution télévisée,
Laurent Gbagbo dévoile son plan de paix. Il se déclare "prêt
à discuter dès ce soir et directement avec la rébellion"
des Forces nouvelles (FN) en vue du désarmement et de la réunification
du pays. Il suggère "la suppression de la zone de confiance"
qui, "pose plus de problèmes qu'elle n'apporte de solutions"
car elle "constitue un obstacle physique à la réunification
du pays". Laurent Gbagbo formule trois propositions complémentaires
: "une amnistie générale", "la création
d'un service civique national" et "la mise en place d'un programme
d'aide aux déplacés de guerre".
(26 Décembre) Arrivée au Havre du cinquième
et dernier navire chargé des déchets toxiques ivoiriens.
(31 Décembre) Lors de la présentation de ses vux
à la nation, Laurent Gbagbo déclare à propos du scandale
des déchets toxiques que "ce crime ne restera pas impuni".
Concernant la crise, Laurent Gbagbo renouvelle son appel à "un
dialogue particulier et spécifique avec ceux qui ont pris les armes"
pour "pour sortir de la guerre et de la crise par la démocratie.
C'est pourquoi je plaide depuis toujours pour les élections".
Laurent Gbagbo "demande encore une fois ce soir à ceux qui ont
pris les armes de les déposer, de venir au dialogue". Sur le
plan économique : "il est réconfortant de constater que
notre économie résiste toujours, [mais] des signes d'essoufflement
sont perceptibles". Pour 2006, la croissance économique devrait
être supérieure à 1% (contre 1,8 en 2005).
2007
(1er
janvier) Dans un discours prononcé à Bouaké, Guillaume
Soro, leader des Forces nouvelles, rejette la proposition de Laurent Gbagbo
d'un dialogue direct avec la "rébellion" : "aucun
dialogue ne peut être envisagé en dehors de la résolution
1721". Soro lance également un appel à l'union de l'opposition
au sein du G7. Il appelle ses alliés du RHDP "à se débarrasser
du complexe de la rébellion" car "seule une opposition
unie, dans une alliance structurée avec des objectifs communs et
précis peut constituer la véritable alternative en Côte
d'Ivoire".
(4 janvier) Après plus de deux mois de grève déclenchée
par les syndicats de l'enseignement primaire public pour réclamer
à l'Etat le versement d'une indemnité de logement, la reprise
des activités scolaires s'effectue ce jour. Les techniciens et ingénieurs
de santé entrent en grève. Leurs revendications portent sur
la revalorisation de l'indemnité paramédicale, l'ouverture
au titre de l'an 2007 du concours professionnel d'accès aux fonctions
d'ingénieurs de service de santé, l'octroi d'une indemnité
de logement et d'une indemnité de risques professionnels.
(9 janvier) La rencontre entre les responsables de la rébellion
et l'opposition ivoiriennes prévue jeudi 11 janvier à Bouaké
a été reportée à une "date qui sera précisée",
annonce la rébellion des Forces nouvelles (FN) dans un communiqué.
"La rencontre prévue entre les leaders du G7 aura lieu prochainement
à Bouaké à une date qui sera précisée".
(10 janvier) Le Conseil de sécurité des Nations unies
prolonge le mandat de la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire ainsi que
de la force "Licorne", jusqu'au 30 juin.
(11 janvier) Le Premier Ministre Charles Konan Banny procède
officiellement à l'installation des membres de la Commission Nationale
des Droits de l'Homme de Côte d'Ivoire (CNDH CI) dans leur fonction.
La création de cette commission est prévue par les Accords
de Paix relatifs à la crise ivoirienne. L'Union européenne
(UE) annonce l'octroi à la Côte d'Ivoire de 67,6 milliards
de FCFA (103 millions d'euros) pour appuyer le processus de sortie de crise,
notamment l'organisation des élections et le désarmement.
(12 janvier) A l'issue de la 12e réunion mensuelle du Groupe
de travail international (GTI), le communiqué final "constate
une impasse totale" "due principalement au refus de certaines
parties ivoiriennes d'accepter et d'appliquer la résolution 1721".
Le GTI conseille au Conseil de sécurité "d'exhorter"
la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest
(Cedeao) et de l'Union africaine (UA) à réunir "dès
que possible, les parties ivoiriennes afin de débloquer la situation
et de relancer la mise en uvre de la résolution 1721".
De plus, le GTI suggère au Conseil de sécurité : "d'envoyer
une mission ad hoc en Côte d'Ivoire en vue d'appuyer l'action des
dirigeants africains et d'obtenir le ferme engagement des parties ivoiriennes
d'appliquer la résolution 1721 dans son intégralité".
Guillaume Soro invité à la réunion du GTI, "s'est
dit disposé à accepter l'offre de dialogue direct" proposée
fin décembre par Laurent Gbagbo, "à condition que ce
dialogue soit un mécanisme pour accélérer l'application
de la résolution 1721". Une attaque perpétrée
par des éléments non identifiés, dans la nuit du 11
au 12 janvier dans la localité de Noé, à la frontière
entre le Ghana et la Côte d'Ivoire, a fait 5 morts dont 3 dans les
rangs des Forces de défense et de sécurité (FDS), et
2 du côté des assaillants.
(13 janvier) M. James Bond, directeur des opérations de la
Banque mondiale en Côte d'Ivoire, déclare à la presse
: "Nous avons commencé un audit sur la gestion des ressources
telles que le cacao ou le pétrole. Il s'agit d'une question importante
car la Côte d'Ivoire n'a actuellement pas assez de ressources fiscales
pour financer les programmes d'Etat".
(17 janvier) Plus de deux mois et demi après l'adoption de
la résolution 1721 par le Conseil de sécurité de l'Onu,
se déroule le premier conseil des ministres. On note l'absence de
8 ministres (dont le ministre d'Etat Guillaume Soro).
(18 janvier) Réunion à Abidjan des leaders du G7 (Henri
Konan Bédié du PDCI-RDA, Alassane Ouattara du RDR, Innocent
Anaky Kobena du MFA et Albert Mabri Toikeusse de l'UDPCI et Guillaume Soro
Kigbafori des Forces nouvelles). "Les leaders du G7 ont marqué
leur accord au secrétaire général des Forces nouvelles
quant à la proposition de dialogue direct avec le chef de l'Etat
et l'ont encouragé à y participer pour contribuer à
mettre fin à l'impasse actuelle, dans le strict respect de la résolution
1721". Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche
scientifique de la Côte d'Ivoire, Cissé Ibrahima Bacongo annonce
la création de 4 nouvelles universités à de Man, Grand-Bassam,
Bingerville et San Pedro et la transformation en universités des
unités régionales d'enseignement supérieur à
Daloa et à Korhogo.
(19 janvier) Le 31 ème sommet de la de la Communauté
économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao), réunissant
11 chefs d'Etats, se déroule à Ouagadougou. Le nouveau président
de la Cedeao, élu pour un an, Blaise Compaoré déclare
: "nos Etats doivent impérativement consolider la paix et la
stabilité en soutenant particulièrement la Côte d'Ivoire
dans la relance du dialogue entre les parties signataires des différents
accords en vue de l'application de la résolution 1721 pour l'organisation
d'élections transparentes courant 2007".
(23 janvier) A l'issue d'une rencontre, à Ouagadougou, avec
Blaise Compaoré nouveau président de la Cedeao, Guillaume
Soro, se déclare disposé à entamer "un dialogue
direct" avec le président Laurent Gbagbo. Il poursuit en disant
que "La médiation du président Compaoré, président
de la Cedeao mandaté par tous ses pairs, est la bienvenue".
Le cabinet du premier ministre Charles Konan Banny dément la rumeur
de son éventuelle démission réclamée par la
presse proche de Laurent Gbagbo.
(26 janvier) M. Mamadou Coulibaly, trésorier de la Commission
électorale indépendante (CEI) estime le budget des élections
d'octobre 2007 à près de 40 milliards FCFA, dont 29 milliards
devraient être apportés par les bailleurs de fonds extérieurs
(31 janvier) Le ministre de l'Agriculture, Amadou Gon Coulibaly annonce
que le gouvernement va rembourser 10,66 milliards de FCFA (16,25 millions
d'euros) d'impayés dus aux producteurs de coton par les industriels.
(1er février) La Corée offre 445 millions de FCFA d'équipements
et de matériels divers à la Côte d'Ivoire.
(1er - 2 février) Des mouvements de protestations se déroulent
dans différentes localités sur la ligne de front (à
Yamoussoukro, Bouaflé, Zuénoula, Gohitafla et Abengourou).
Des "soldats appelés" (mobilisés sur les lignes
de front ) de l'armée ivoirienne manifestent pour obtenir le paiement
d'une prime mensuelle de 90 000 FCFA, initialement dénommée
"Haut les curs" (prime de guerre) et rebaptisée par
les FDS : "Huile de Coco".
(2 février) Rencontre à Ouagadougou entre Charles Konan
Banny et Blaise Compaoré. A l'issue de la rencontre Charles Konan
Banny déclare : ''le dialogue direct n'est pas un programme, mais
un mécanisme''. Dans le cadre du Cap 2007, les organisations humanitaires
des Nations Unies et le gouvernement ivoirien ont lancé un appel
de fonds d'un montant de 56 millions de dollars américains pour financer
des programmes d'assistance aux quelque quatre millions de personnes vulnérables
vivant en Côte d'Ivoire. Ces 56 millions de dollars seront répartis
comme suit : 19 millions seront affectés à la santé,
14 millions à la défense des droits de l'homme et au respect
de l'Etat de droit, 5 millions à l'éducation et les 18 millions
restant seront affectés à d'autres secteurs. Les programmes
des Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et du Haut Commissariat
des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) devraient bénéficier
des budgets les plus importants, avec respectivement 19 millions et 13 millions
de dollars.
(5 février) Ouverture à Ouagadougou des pourparlers
inter-ivoiriens. Le facilitateur du dialogue direct, Blaise Compaoré,
a demandé aux protagonistes de mettre leurs propositions par écrit.
(7 février) Pierre Schori, représentant spécial
sortant des Nations-Unies pour la Côte-d'Ivoire déclare que
le pays est "au bord de la catastrophe". "La situation économique,
sociale, humanitaire et sécuritaire s'est dégradée
au fil des ans et la population vit un drame au quotidien". La Côte
d'Ivoire figure désormais à la 163ème place - sur 177
- de l'indice de développement humain (IDH). Près de la moitié
de la population de la Côte-d'Ivoire vit avec moins d'1 dollar par
jour, même si le pays représente 40 % du PIB de l'union monétaire
pour l'Afrique de l'Ouest (UEMOA). Le financement des bailleurs de fonds
sont en net recul. A la fin des années 90, avant le premier coup
d'Etat, la Côte-d'Ivoire recevait annuellement environ 1 milliard
de dollars des pays occidentaux, sous forme d'aide au développement.
Aujourd'hui, cette aide est d'environ 200 millions, a précisé
M. Schori. "Il y a cependant une raison à cela ; on a l'impression
qu'il y a un problème de mauvaise gouvernance et que le processus
de paix n'est pas respecté". La situation de ni guerre ni paix
engendre des comportements de prédation et de défaut de transparence
qui touchent "les secteurs clés générateurs de
revenus tels que le pétrole, le cacao et le café. Certains
Ivoiriens accusent aussi bien les membres du gouvernement que les rebelles
des Nouvelles Forces de s'enrichir, alors que le pays se trouve dans une
impasse politique, ce qui réduit leur volonté de négocier
une paix réelle ".
(13 février) L'Etat ivoirien signe un accord amiable avec
la multinationale Trafigura qui s'engage à lui payer la somme de
100 milliards de FCFA (152 millions d'Euros) au titre de dédommagement
dans l'affaire des déchets toxiques d'Abidjan. L'Etat abandonne toute
poursuite contre la compagnie. Le président Gbagbo estime qu'il s'agit
là d'un "bon contrat", mais plusieurs associations de victimes
le critiquent. La pollution, due au déversement de plus de 500 tonnes
de déchets toxiques dans des décharges sauvages, a provoqué
entre 10 à 15 morts, environ 1000 blessés et 100 000 consultations
hospitalières. Laurent Gbagbo déclare les jeunes recrues des
contingents 2002 et 2003 (les soldats Blé Goudé) engagées
définitivement dans l'Armée de Côte d'Ivoire ("Vous
êtes tous réengagés" a-til déclaré).
(20 février) En collaboration avec le Ministère de
la Production Animale et Halieutique, la FAO a importé 12 millions
de doses de vaccins contre la grippe aviaire. La campagne de vaccination
débute ce jour.
(4 mars) Après un mois de négociations, le président
ivoirien Laurent Gbagbo et le chef des forces nouvelles Guillaume Soro signent,
à Ouagadougou, un accord pour la paix en Côte d'Ivoire. Le
chronogramme de la mise en uvre de l'accord est le suivant : 1. Signature
de l'Accord politique de Ouagadougou (Jour J). 2. Mise en place du Centre
de commandement intégré ; Commence deux (02) semaines après
le jour J. 3. Mise en place du cadre institutionnel d'exécution (Se
fait quatre (04) semaines après la signature de l'Accord). 4. Formation
du Gouvernement (Se fait cinq (05) semaines après la signature de
l'Accord). 5. Suppression de la zone de confiance et mise en place des unités
mixtes (Commencent une (01) semaine après la formation du Gouvernement).
6. Démantèlement des milices (Commence deux (02) semaines
après la formation du Gouvernement et dure deux semaines). 7. - Regroupement
(rassemblement par unité des ex-combattants dans les sites de regroupement
et stockage des armes sous la supervision des Forces Impartiales) : - Redéploiement
de l'Administration, - Début des audiences foraines (Commencent deux
(02) semaines après la formation du Gouvernement et durent trois
(03) mois). 8. Enrôlement en vue de l'inscription sur la liste électorale
et de l'identification (Commence un (01) mois après le début
des audiences foraines). 9. Unification des forces en présence et
enrôlement pour le Service civique (Commence quinze jours après
le début de l'enrôlement). 10. Etablissement et distribution
des nouvelles cartes nationales d'identité et des cartes d'électeurs
à partir de la liste électorale (Commencent à l'adoption
officielle de la liste électorale définitive). 11. Fin du
processus DDR et organisation des élections.
(26 mars) Nomination de Guillaume Soro au poste de Premier ministre.
(6 avril) Le général Fernand Marcel Amoussou, commandant
de la force de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire
(Onuci) annonce le début du retrait des "forces impartiales"
(casques bleus de l'Onu et dispositif français "Licorne")
de la "zone de confiance", à compter du 16 avril.
(7 avril) Nomination du nouveau gouvernement comprenant 33 portefeuilles.
Premier Ministre, chef du gouvernement: Soro Kigbafory Guillaume ; Ministre
d'Etat, ministre du Plan et du développement: Paul-Antoine Bohoun
Bouabré (FPI) ; Ministre de l'Intérieur: Désiré
A. Tagro (FPI); Ministre de la Défense: Michel Amani N'guessan (FPI);
Ministre des Affaires étrangères: Bakayoko Youssouf (PDCI);
Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des droits de l'homme: Koné
Mamadou (FN); Ministre de l'Economie et des finances: Charles Koffi Diby
(société civile); Ministre de l'Agriculture: Amadou Gon Coulibaly
(RDR); Ministre de la Solidarité et des victimes de guerre: Dacoury-Tabley
Louis-André (FN); Ministre des Transports: Dr Albert Mabri Toikeuse
(UDPCI); Ministre de la Fonction et de l'Emploi: Hubert Oulaye (FPI); Ministre
des Mines et de l'énergie: Léon Emmanuel Monnet (FPI); Ministre
de la Réconciliation nationale et des relations avec les institutions:
Dano Djédjé Sébastien (FPI); Ministre de la Production
animale et des ressources halieutiques: Alphonse Douaty (FPI); Ministre
de l'Education nationale: Gilbert Bleu-Lainé (FPI); Ministre de la
Construction et de l'habitat: Marcel Amon Tanoh (RDR); Ministre de l'Enseignement
Technique et de la formation professionnelle: Dosso Moussa (FN); Ministre
des Infrastructures économiques: Patrick Achi (PDCI); Ministre de
la Ville et de la salubrité urbaine: Mel Eg Théodore (UDCY);
Ministre des Nouvelles technologies de l`information et de la communication:
Hamed Bakayoko (RDR); Ministre du Commerce: Soumahoro Youssouf (FN); Ministre
de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche scientifique: Cissé
Ibrahima Bacongo (RDR); Ministre de la Santé et de l`hygiène
publique: Dr Allah Kouadio Rémy (PDCI); Ministre chargé de
la Lutte contre le SIDA: Mme Christine Adjobi (FPI); Ministre de l'Industrie
et de la promotion du secteur privé: Mme Tehua Amah ; Ministre de
l'Environnement et des eaux et forêts: Aka Ahizi (PIT); Ministre de
la Jeunesse, du sport et des loisirs: Dagobert Banzio (PDCI); Ministre de
la Famille, de la femme et des affaires sociales: Mme Peuhmond Jeanne Brou
(RDR); Ministre de l'Intégration africaine, Porte-parole du gouvernement:
Koné Amadou (FN); Ministre du Tourisme et de l`artisanat: Konaté
Siriki (FN); Ministre de la Culture et de la francophonie: Kouadio Koumoin
(FPI); Ministre de la Reconstruction et de la réinsertion: Mme Bamba
Hamza (MFA); Ministre de la Communication: Ibrahim Sy Savané (FN).
Au total, Le Front populaire ivoirien (FPI) dispose de 11 postes ministériels
et les Forces nouvelles 7. Le Parti démocratique de Côte d'ivoire
(PDCI) et Le Rassemblement des républicains (RDR) emportent chacun
5 portefeuilles. Les cinq ministères restants ont été
répartis entre les petits partis.
(12 avril) Laurent Gbagbo promulgue par ordonnance une nouvelle loi
d'amnistie couvrant les crimes et délits liés aux troubles
qui ont secoué la Côte d'Ivoire depuis septembre 2000 : "sont
amnistiés de plein droit [...] les infractions contre la sûreté
de l'Etat et la Défense nationale commises par les nationaux ivoiriens
se trouvant sur le territoire ou en exil entre le 17 septembre 2000 et la
date de signature de la présente ordonnance". Le 4 mai, Véronique
Aubert, directrice adjointe du programme Afrique d'Amnesty International
déclare à ce propos : "la formulation vague de cette
ordonnance qui n'exclut expressément ni les crimes de guerre ni les
crimes contre l'humanité ouvre la voie à une impunité
totale pour les auteurs des très graves violations et atteintes aux
droits humains commises en Côte d'Ivoire".
(16 avril) Lancement par le Trésor public, d'un emprunt obligataire
au taux de 6% pour une durée de trois ans (2007-2010). Le montant
espéré des souscriptions est d'au moins 30 milliards de Fcfa.
Début du démantèlement de la zone de confiance.
(25 avril) Le budget 2007 de l'Etat s'établit à 1.904,4
milliard de FCFA (2,9 milliards d'euros), en baisse de 3% par rapport à
l'année précédente. En 2006, le budget s'élevait
à 1.965,3 milliards de FCFA (3,02 mds d'euros), en hausse de 13,3%
par rapport à 2005. En 2006, la production de cacao a enregistré
une baisse de 6,1% (1,36 millions de tonnes). La production de pétrole
a dans le même temps augmenté de 50,7%, atteignant 21,9 millions
de barils. La prévision de la croissance du PIB en 2007 est de 1,2%
(montant estimé : 9.175,5 milliards de FCFA (13,9 milliards d'euros)).
La croissance avait été de 1,2% en 2006 et de 1,8% en 2005.
Selon Elie Jouen, secrétaire général adjoint de l'Internationale
de l'éducation (IE), "Le taux de scolarisation en Côte
d'Ivoire avant la crise était de 75%. Aujourd'hui, ce taux est de
50%".
(26 avril) Depuis le 16 avril, début du démantèlement
de la zone, l'équipe de Médecins sans frontière (MSF)
basée à Bangolo (500 km à l'ouest d'Abidjan) constate
une recrudescence des actes de violence : "Les attaques contre les
minibus, les cambriolages, les assassinats et les viols sont à nouveau
le lot quotidien des habitants et des personnes qui doivent transiter par
cette zone".
(27 avril) Le Centre de Commandement Intégré est officiellement
installé à Yamoussoukro sous la direction du Ministre de la
Défense en présence de deux chefs d'Etat-major (FAFN et FDS)
et des Forces Impartiales.
(mai) Publication du rapport de l'OCDE : Perspectives économiques
en Afrique. Selon la partie de ce rapport concernant la Côte d'Ivoire,
en 2006/2007, la production de café devrait atteindre 115 000 tonnes
(+ 2,7%), tandis que la production de cacao est estimée à
1 350 000 tonnes (+ 3,6%). La filière cacao est soumise à
d'énormes prélèvements qui paupérisent les producteurs
: "Le droit unique de sortie (DUS) et les diverses taxes sont estimés
à plus de 300 francs CFA le kilo pour un prix d'achat usine se situant
autour de 350 à 380 francs CFA le kilo". En 2005, la production
de pétrole a atteint 14,5 millions de barils (soit près de
2 millions de tonnes) (+ 83,2 %). La production aurifère a atteint
1 637,7 kilos (+ 28,7%). En 2005 la production de gaz s'est établie
1 742,3 millions de m3 (+ 10%). En 2005, l'indice de la production industrielle
a progressé de 3,7 % contre 3,2 % en 2004. Sur les 7 premiers mois
de 2006, la production industrielle a augmenté de 10,6%, du fait
des bonnes performances des industries de l'énergie (pétrole,
gaz) et des industries extractives. Par contre, "les industries manufacturières
se sont inscrites en retrait de 0,9% sous l'effet du recul de 4,5% des industries
agroalimentaires et de 22% des industries textiles"
"La
branche électricité, gaz et eau a, pour sa part, baissé
de 1,7%". En fait c'est le secteur tertiaire qui a été
le plus affecté par la crise, " en 2005, presque toutes les
branches du secteur se sont inscrites en recul".
(14 mai) La Chine annule 40% de la dette bilatérale ivoirienne
(18 millions d'euros) et annonce 10 millions d`aide pour le financement
de la construction d`un hôpital (7 millions) et la création
de deux écoles rurales (1 million) ainsi que 2 millions d'aide budgétaire.
(15 mai) Rapatriement de Côte d'Ivoire de 500 soldats de la
force licorne.
(24 mai) Bertin Kadet, conseiller du chef de l'Etat chargé
des affaires militaires, annonce la fin du démantèlement des
milices pro-Gbagbo de l'ouest.
(29 mai) Selon le ministre des Finances, Charles Koffi Diby, l'encours
de la dette extérieure ivoirienne s'élève à
6 700 milliards de Fcfa dont 2 000 milliards de Fcfa d'arriérés.
Le pétrole ne représente qu'à peine 5% de la recette
fiscale, c'est à dire environ 100 milliards de Fcfa.
(4 juin) Boniface Konan, capitaine de frégate des Forces de
défense et de sécurité (FDS), prend le commandement
du théâtre des opérations de l'armée ivoirienne.
Il remplace à ce poste le lieutenant-colonel André Gouri,
appelé à d'autres fonctions.
(7 juin) Publication du rapport de Global Witness : Chocolat chaud
: comment le cacao a alimenté le conflit en Côte d'Ivoire.
Le rapport dénonce avec force détails la prédation
dont la filière cacao a fait l'objet tant de la part du pouvoir en
place que des "rebelles", depuis le début du conflit en
2002. "Le commerce lucratif du cacao a été au coeur de
l'économie de guerre et il continue de servir les intérêts
des protagonistes du conflit, au détriment de la population ivoirienne.
Depuis quatre ans et demi, les deux parties au conflit récoltent
des bénéfices politiques et économiques substantiels,
en toute impunité. Le prolongement de la crise a encouragé
l'adoption de pratiques corrompues et un manque de responsabilité
dans l'exploitation des ressources naturelles". Selon l'ambassade de
France en Côte d'Ivoire, "en baisse de 32%, les investissements
globaux en Côte d'Ivoire en 2006 ont totalisé 83,2 Mds FCFA
contre 122,5 Mds FCFA en 2005". La répartition sectorielle des
investissements est la suivante (en Mds FCFA) Télécommunications
47,4 ; Agroalimentaire 14,3 ; Pétrole et gaz 9,9 ; Transports 4,2
; Santé 1,2 ; Plasturgie 1,2.
(21 juin) Selon la Mission économique de l'ambassade de France
en Côte d'Ivoire, "Les échanges commerciaux entre la France
et la Côte d'Ivoire en 2006 (1,3 Md€) ont progressé de
+17,5% après avoir enregistré au cours des 5 dernières
années une contraction en valeur. Cette embellie est essentiellement
due à nos achats de pétrole brut qui continuent de croître
fortement (+676%), entraînant un déficit global significatif
(98,5 M€) soit un taux de couverture de 85,8%. Ce déficit est
apparu à partir de 2001, alors que notre balance était traditionnellement
excédentaire. Le pays est notre 4ème partenaire commercial
au sein de l'Afrique subsaharienne (7,6% du total), après le Nigéria,
l'Afrique du Sud et l'Angola. Au sein de la Zone franc, il demeure notre
1er partenaire commercial (23,6%) précédant le Cameroun et
le Sénégal".
(27 juin) Publication du rapport de l'International crisis group
(ICG), Côte d'Ivoire : faut-il croire à l'accord de Ouagadougou
? "L'accord signé à Ouagadougou est davantage un
compromis entre deux camps qui veulent une sortie de crise préservant
leurs intérêts particuliers qu'un accord qui garantirait une
paix durable. Il ne traduit pas une volonté d'abandonner les pratiques
politiques qui ont conduit à la guerre [
] La collaboration
entre Gbagbo et Soro devra survivre à l'épreuve du lancement
des chantiers de l'identification des nationaux et électeurs et de
la restructuration de l'armée [
] Il faudra également
surmonter les difficultés logistiques et financières inhérentes
à la préparation des élections [
] La paix de
Ouagadougou est cependant précaire.
(28 juin) Publication de deux rapports de l'ONUCI : "l'organisation
et le fonctionnement du système judiciaire en Côte d'Ivoire"
et "l'Enfance délinquante en Côte d'Ivoire". Le premier
rapport met en lumière "les freins au bon fonctionnement de
la justice" : "l'insuffisance du budget alloué aux juridictions
qui représente 2% du budget de l'État
le non respect
de la liberté de mouvement et d'expression, ainsi que l'insuffisance
d'infrastructures adéquates. La formation des cadres et auxiliaires
de justice est aussi présenté comme un élément
bloquant. La corruption et l'ampleur que prend ce phénomène
dans le milieu judicaire méritent également des mesures concrètes
comme la création d'une commission chargée de la lutte contre
la corruption". La principale recommandation qui ressort du second
rapport est la réhabilitation du mineur et sa réinsertion
dans la société tout en sachant que le rôle de la justice
des mineurs est délicat car "il doit contribuer à la
protection des jeunes" tout en veillant "au maintien de la paix
et de l'ordre société".
(29 juin) Attaque à la roquette contre l'avion du premier
ministre Guillaume Soro à l'aéroport de Bouaké : 4
personnes ont été tuées et une dizaine blessées.
Concernant le défaut de sécurité, le lieutenant-colonel
Xavier Pons, porte-parole de la force Licorne, déclare que c'est
l'ONUCI qui a en charge la sécurisation de l'aéroport de Bouaké,
tandis que le général Fernand Marcel Amoussou, commandant
de la force de l'ONUCI, rejette toute responsabilité : "L'ONUCI
n'assure la sécurité d'aucun aéroport en Côte
d'Ivoire".
(16 juillet) Le Conseil de sécurité adopte la résolution
1765 qui proroge de six mois, jusqu'au 15 janvier 2008, les mandats de l'Opération
des Nations Unies (ONUCI) et des forces françaises en Côte
d'Ivoire. Cette résolution "vise à aider à l'organisation
d'élections libres, ouvertes, justes et transparentes, dans les délais
prévus par l'accord de Ouagadougou". Elle supprime le poste
de Haut Représentant pour les élections (occupé par
M. Gérard Stoudmann) et "se déclare favorable à
la création d'un organe consultatif international chargé d'accompagner
les forces politiques ivoiriennes et le Facilitateur dans la mise en oeuvre
de l'accord politique de Ouagadougou".
(17 juillet) La Banque mondiale approuve un don de l'Association
internationale de développement (AID) d'un montant de 120 millions
de dollars en appui au programme de sortie de crise, mis en uvre par
le gouvernement ivoirien dans le cadre de l'Accord de paix de Ouagadougou.
(18 juillet) Laurent Gbagbo signe un décret portant indemnité
contributive au logement des instituteurs exigé par le Mouvement
des instituteurs pour la défense de leurs droits, revendication à
l'origine de grève qui a paralysé l'enseignement primaire
public pendant un mois.
(20 juillet) Le contingent marocain en service au sein de l'Opération
des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) a été suspendu
suite à "des allégations de nombreux cas d'exploitation
et d'abus sexuels portées contre certains de ses éléments
basés à Bouaké".
(28 juillet) Le président de la Chambre de commerce et d'industrie
de Côte d'Ivoire, Jean Louis Billon, dénonce le racket généralisé.
Les barrages routiers "qui sont supposés participer à
la sécurité des personnes, s'avèrent être pour
les opérateurs économiques des 'guichets payants'". Les
acteurs du racket sont les forces de l'ordre tous corps confondus.
(30 juillet) Cérémonie de la "flamme de la paix"
à Bouaké (en zone ex-rebelle) au cours de laquelle il a été
procédé à l'embrasement symbolique d'armes de guerre
détenues par les Forces armées des Forces nouvelles. Outre
Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, cette cérémonie s'est déroulée
en présence des Présidents : Blaise Compaoré du Burkina,
Thabo Mbeki de l'Afrique du Sud, Amadou Toumani Touré du Mali, Nino
Viera de la Guinée Bissau, Faure Gnassingbé du Togo, Yayi
Boni du Benin. Les membres de l'opposition, Henri Konan Bédié
et Alassane Dramane Ouattara étaient absents.
(2 août) L'ONG Human Rights Watch (HRW) publie ce jour un rapport
: "Mon coeur est coupé". Violences sexuelles commises
par les forces rebelles et pro-gouvernementales en Côte d'Ivoire.
Selon ledit rapport : "depuis l'irruption d'un conflit armé
en 2002 entre le gouvernement ivoirien et des groupes rebelles basés
au nord et à l'ouest du pays, de nombreuses filles et femmes ont
été victimes de violences sexuelles brutales en Côte
d'Ivoire, commises par des hommes armés des deux camps". "Les
rebelles en Côte d'Ivoire ont perpétré des violences
sexuelles contre des femmes et des filles dans les zones se trouvant sous
leur contrôle, à savoir le viol, le viol en groupe, les tortures
sexuelles, les fausses couches forcées et l'inceste forcé.
Les différentes factions rebelles ont pris certaines femmes pour
cible à cause de leur appartenance ethnique ou de leur affiliation
présumée pro-gouvernementale, souvent parce que leur mari,
leur père ou un autre homme de la famille travaillait pour l'État.
Beaucoup d'autres ont été la cible d'agression sexuelle sans
raison apparente "
"Les forces pro-gouvernementales, y compris
des membres de la gendarmerie, de la police, de l'armée et des milices,
ont aussi perpétré des actes de violence sexuelle. Les viols
et autres abus sexuels commis par les forces gouvernementales ont été
particulièrement répandus dans la région disputée
de l'ouest et dans les zones de combats, notamment les zones qui chargèrent
de mains à plusieurs reprises. Les forces pro-gouvernementales ont
aussi pris pour cible des filles et des femmes soupçonnées
de soutenir les rebelles. Dans cette optique, ils ciblèrent des femmes
des groupes ethniques venant du nord de la Côte d'Ivoire aussi bien
que des femmes originaires des États voisins, tels que le Burkina
Faso, le Mali, et la Guinée ; des musulmanes ; et des femmes issues
des milieux politiques d'opposition. En particulier, les forces pro-gouvernementales
ont pris pour cible des femmes affiliées au parti d'opposition principalement
musulman dénommé le Rassemblement des républicains
(RDR)"
"Les autorités rebelles et gouvernementales
semblent avoir directement ou indirectement autorisé les violences
sexuelles depuis le début de la guerre en 2002. L'impunité
qui prévaut pour ces crimes ne fait qu'encourager les criminels et
les commanditaires à tous les niveaux".
(6 août) Dans un discours télévisé à
la nation prononcé à la veille de la fête nationale,
Laurent Gbagbo estime qu'il est possible "d'organiser l'élection
présidentielle dès le mois de décembre 2007".
Selon le Bureau international du travail (BIT), plus de 621.000 enfants,
principalement originaires du Burkina, du Mali et de la Guinée et
âgés de 10 à 17 ans travailleraient dans les plantations
de café et de cacao en Côte d'Ivoire.
(7 août) Fête nationale : 47ème anniversaire de
l'accession de la Côte d'Ivoire à l'indépendance.
(17 septembre) Accusé de fomenter un coup d'Etat par le Chef
d'Etat major adjoint des Forces nouvelles, le Commandant Issiaka Ouattara
dit Wattao, le Major Ibrahim Coulibaly dément en soulignant son rôle
de bouc émissaire pour cacher l'incompétence de Guillaume
Soro. Manifestation de consommateurs (5000) contre la vie chère à
Abidjan.
(19 septembre) Cinquième anniversaire du début de la
rébellion. Selon l'IRIN, depuis l'accord de Ouagadougou, on note
des progrès apparents dans le processus de paix. Mais, indique M.
Schori (ancien représentant spécial du Secrétaire général
des Nations Unies en Côte d'Ivoire) : "chaque jour qui passe
sans qu'un vrai progrès ne soit apporté est une mauvaise journée
pour l'habitant lambda en Côte d'Ivoire". "Selon certains
analystes économiques, le bilan du dernier gouvernement de transition
n'est pas entièrement mauvais
néanmoins la gestion financière
et les bons revenus générés grâce aux ressources
naturelles abondantes du pays n'ont pas permis d'améliorer les conditions
de vie de l'Ivoirien moyen... Le vrai défi reste de faire en sorte
que ces ressources, comme toutes les ressources publiques y compris l'aide
internationale, soient gérées de manière à profiter
à l'ensemble de la population".
(25 septembre) Lancement officiel des audiences foraines, destinées
à l'identification des personnes âgées de 13 ans et
plus, nées sur le sol ivoirien, mais qui n'ont jamais été
déclarées à l'état civil. Les audiences foraines
doivent durer trois mois selon l'accord de Ouagadougou.
(26 septembre) Au cours de la 62ème session de l'Assemblée
générale des Nations unies à New York, Laurent Gbagbo
demande la levée partielle de l'embargo sur les armes imposé
à son pays "afin de permettre à l'Etat ivoirien de remplir
sa mission de protection des personnes et des biens". Laurent gbagbo
a également appelé à la levée des sanctions
individuelles qui frappent trois de ses compatriotes, dont Charles Blé
Goudé et Eugène Djué.
(17 octobre) Laurent Gbagbo répond aux questions des journalistes.
A l'adresse de la communauté internationale, le président
recommande la patience. Concernant les accusations de comportements prédateurs
de son entourage, il déclare : "le train de vie de l`Etat a
diminué"
"Si j'apprends qu`un de mes collaborateurs
a détourné l`argent et j'en ai les preuves, d`abord je le
vire, il ne sera plus mon collaborateur. Mais, je le traduis devant les
tribunaux"... A propos de la filière café-cacao : "si
la filière est mal gérée, ça ne regarde pas
l'Etat et ce n`est pas l`argent de l`Etat qui est dilapidé"
Selon lui, la production nationale de pétrole reste faible, elle
ne s'élève qu'à 50 000 barils par jour et "le
gaz c`est encore moins important".
(18 octobre) Après neuf mois d'attente, le successeur de Pierre
Schori, Représentant spécial du Secrétaire général
des Nations unies en Côte d'Ivoire, est désigné : le
diplomate sud-coréen Choi Young-jin.
(29 octobre) En raison des retards du processus de paix ivoirien,
le Conseil de sécurité de l`ONU par sa résolution 1782,
reconduit pour un an l'embargo sur les armes et les exportations de diamants,
de même que l'interdiction de voyager et le gel des avoirs visant
trois personnalités ivoiriennes.
(8 novembre) Conformément aux recommandations de la Commission
chargée d'en étudier les modalités, Laurent Gbagbo
signe une ordonnance portant sur la suppression de la carte de séjour
pour les ressortissants des pays membres de la CEDEAO.
(27 novembre) Le Président Laurent Gbagbo et son Premier ministre
Guillaume Soro signent un accord complémentaire à l'accord
politique de Ouagadougou établissant un nouveau chronogramme pour
en accélérer la mise en uvre et fixant la date des élections
présidentielles et législatives "au plus tard" à
la fin du mois de juin 2008.
(5 décembre) En visite en Côte d'Ivoire, le ministre
français de la Défense Hervé Morin déclare que
les troupes françaises de l'opération Licorne ne se retireront
pas de Côte d'Ivoire avant la "normalisation" du pays, même
si les choses "vont de mieux en mieux" depuis l'accord de paix
de Ouagadougou. La force Licorne compte encore 2 400 hommes en Côte
d'Ivoire.
(10 décembre) Le gouvernement ivoirien décide de reporter
l'application de la réforme de l'Impôt général
sur le revenu au 1er janvier 2009.
(11 décembre) Kouassi Yao Barthélémy, secrétaire
général du Symapeci (Syndicat des marins pêcheurs de
Côte d'Ivoire) déclare que le secteur halieutique est menacé
en Côte d'Ivoire, par le pillage des eaux, pratiqué essentiellement
par des bateaux chinois.
(12 décembre) A l'issue de la réunion du conseil des
ministres de l'Uemoa, le ministre ivoirien de l'Economie et des Finances
Charles Diby Koffi a été désigné à l'unanimité
comme nouveau président du conseil des ministres de l'Uemoa (Union
économique et monétaire ouest africaine).
(18 décembre) Au cours du point de presse hebdomadaire de
l'Onuci, Ahmedou El Becaye Seck (Chef de la Division de l'Assistance Electorale)
déclare : "à la date du 17 Décembre 2007, nos
différentes équipes présentes sur le terrain ont constaté
que près de 1273 audiences foraines se sont tenues et ont suscité
beaucoup d'intérêt, si l'on en juge par le nombre impressionnant
des pétitionnaires à qui des jugements supplétifs ont
été accordés et qui dépasse aujourd'hui très
sensiblement, le volume des pétitionnaires agréés lors
de la précédente grande opération qui a eu lieu entre
le 17 juillet et le 18 septembre 2006. Au cours de la présente opération,
et contrairement à ce qui avait été constaté
dans un passe récent, il a été noté très
peu d'incidents [11] et le champ de ceux-ci n'a nullement porté atteinte
à la crédibilité et à la poursuite normale des
audiences foraines". A Bouaké, des éléments des
Forces armées des forces nouvelles n'ayant pas reçu leur prime
alimentaire de 5 000 Fcfa manifestent leur mécontentement par des
tirs nourris d'armes automatiques.
(22 décembre) Comme prévu dans les dispositions des
accords complémentaires de l'accord de Ouagadougou, le processus
de désarmement des ex-combattants débute aujourd'hui par des
cérémonies officielles se déroulant conjointement à
Tiébissou et à Djébonoua. Deux localités contrôlées
par les forces ex-belligérantes, les Forces armées de Côte
d'Ivoire (FANCI) et des Forces armées des Forces nouvelles (FAFN).
(23 décembre) Augustin Mian, 31 ans, est élu à
la tête Fédération estudiantine et scolaire de Côte
d'Ivoire (Fesci).
(24 décembre) Violente manifestation de Dozos (chasseurs traditionnels
qui ont combattu aux côtés des Forces nouvelles) à Bouaké
qui bloquent les axes routiers menant au nord et à l'ouest du pays
et qui réquisitionnent des véhicules civils.
(25 décembre) Guillaume Soro reçoit à Abidjan
une délégation de chefs Dozos et leur confirme que l'accord
politique de Ouagadougou les prend effectivement en compte, avec notamment
le filet de sécurité dont ils bénéficieront
au même titre que les mouvements d'auto-défense de l'Ouest.
En outre, à l'instar des autres bénéficiaires, les
Dozos toucheront une prime mensuelle de 90 000 Fcfa durant le regroupement.
En plus de ces 90.000 Fcfa, le premier ministre promet de se battre pour
que les primes de savons d'un montant de 5 000 Fcfa passent désormais
à 25.000 Fcfa par mois. Ce qui fait au total 115.000 Fcfa par mois.
(27 décembre) Les Forces nouvelles annoncent avoir déjoué
dans la nuit du 27 au 28, un complot organisé par certains de ses
soldats qui voulaient "s'emparer de Bouaké". L'affrontement
aurait fait au moins six morts.
(28 décembre) Le conseil des ministres adopte le projet de
loi de finances pour l'année 2008. Le budget s'élève
à 2 129,1 milliards de Fcfa, en hausse de 8,6% par rapport à
celui de 2007 qui était de 1961 milliards de Fcfa. Pour 2008, les
ressources du budget sont composées de 81,8% de recettes intérieures,
correspondant à 1 742,5 milliards de Fcfa et 386,6 milliards de Fcfa
de ressources extérieures. Ce projet de budget repose sur des hypothèses
d'une production cacaoyère de 1,3 millions de tonnes, d'une production
pétrolière de 18,5 millions de barils contre 13,2 en 2007
et sur un taux de croissance projeté de 2,9% contre 1,5% en 2007.
(31 décembre) Dans un message à la nation, Laurent
Gbagbo déclare : " les audiences foraines se déroulent
à un rythme convenable. Les opérations d'identification et
d'inscription sur les listes électorales vont commencer. Au plan
technique, la Côte d'Ivoire est donc en mesure d'organiser les élections
générales dès le mois de juin 2008 ".
2008
(15
janvier)
Le Conseil de sécurité proroge les mandats de l'Opération
des Nations Unies en Côte d'Ivoire (Onuci) et des forces françaises
qui la soutiennent jusqu'au 30 juillet 2008.
(23 janvier) Lors d'une intervention à la télévision
nationale, Laurent Gbagbo déclare à propos de la corruption
: " ce ne sont pas seulement mes compagnons qui volent ".
(24 janvier) A l'issue de la réunion du Cadre Permanent de
Concertation (CPC) à Ouagadougou, Alassane Ouattara déclare
: " les décisions qui ont été prises concernent
les inscriptions sur les listes électorales, la réaffirmation
des candidatures des principaux leaders signataires des accords de Marcoussis,
la publication d`ici mi-février de la liste électorale authentique
des dernières élections de 2000 sur Internet et avec la possibilité
pour tous les partis politiques de commencer à faire campagne".
La prochaine réunion du CPC est prévue en principe pour mars
2008 à Abidjan.
(19 février) Le président de la Commission électorale
indépendante (CEI), Robert Mambé Beugré, se dit favorable
au report des élections présidentielles au-delà de
la date butoir de fin juin 2008, prévue par l'accord complémentaire
de Ouagadougou, du 29 novembre.
(25 février) Pascal Affi N'Guessan, président du Front
populaire ivoirien (FPI) dresse un bilan mitigé de l'accord de paix
de Ouagadougou et déclare "qu'il n'est pas question d'aller
à des élections sans désarmement".
(1er avril) La Banque mondiale (BM) accorde un don à la Côte
d'Ivoire "pour la gouvernance et la relance économique d'un
montant de 308 millions de dollars destinés "à apurer
ses arriérés" et à financer "un appui budgétaire
de 35 millions de dollars".
(4 avril) Le Fonds monétaire international (FMI) accorde à
la Côte d'Ivoire une aide budgétaire d'un montant de 66,2 millions
de dollars (environ 30 milliards de FCFA), représentant la "deuxième
tranche" du financement d'un programme de sortie de crise.
(14 avril) A l'issue d'un conseil extraordinaire des ministres à
Abidjan, le porte-parole du gouvernement, Amadou Koné annonce que
le premier tour de l'élection présidentielle est fixé
au 30 novembre 2008.
(16 avril) La Bourse du café et cacao (BCC) annonce que le
prix "minimum d'achat bord champ" du cacao aux planteurs est fixé
à 500 FCFA (0,76 €) par kilogramme à l'ouverture de la
"campagne intermédiaire".
(22 avril) Les Forces nouvelles ont annoncent qu'elles redémarrent
à partir du 2 mai leur "regroupement" (première
étape du processus de désarmement des ex-combattants) à
partir du 2 mai.
(24 avril) Les principaux partis politiques signent à Abidjan
un "code de bonne conduite" en vue de l'élection présidentielle
de novembre.
(8
août) En visite à Abidjan, le rapporteur spécial
de l'ONU, M. Okechukwu Ibeanu, souhaite la relance des procédures
judiciaires dans l'affaire des déchets toxiques déversés
dans la capitale ivoirienne en 2006.
(14 août) Le conseil des ministres autorise l'audition des
actuels et anciens ministres de l'Agriculture et des Finances, ministres
de tutelle des organismes de régulation du café-cacao, "à
titre de témoins" devant le tribunal dans le cadre de la procédure
pénale diligentée dans la filière Café-Cacao.
(18 août) Manifestation violente à Bouaké de
dizaines d'ex combattants des Forces Nouvelles (FN) pour exiger leur prise
en compte dans le processus de réinsertion comprenant le versement
à chacun d'eux de cinq millions de francs CFA en vue de leur reconversion
dans la vie civile. Mamadou Koné, ministre de la justice et des droits
de l'homme annonce que les audiences foraines de rattrapage décidées
par la 3ème réunion du cadre permanent de concertation (CPC)
se dérouleront du 27 août au 12 septembre 2008. " 50 équipes
constituées sur la base des tribunaux de Première Instance
et leurs sections détachées seront déployées
sur le terrain ".
(30 août) Laurent Gbagbo est désigné comme le
candidat du Front populaire ivoirien (FPI) à l'élection présidentielle
prévue pour le 30 novembre.
2009
2010
(12
février) Laurent Gbagbo annonce la dissolution de la Commission
électorale indépendante (CEI) et celle du gouvernement. M.
Gbagbo reconduit Guillaume Soro au poste de Premier ministre et le charge
de former un nouveau gouvernement pour le 15 février et de proposer
un "format" d'une nouvelle CEI.
En cours d'actualisation...
2011
(1er
Janvier) Gbagbo accuse l'ONU d'avoir " tiré sur des civils
", l'ONU dément.
(2 Janvier) Les partisans de Gbagbo ajournent l`assaut "à
mains nues" prévu contre
le quartier général de Ouattara. Deux avocats français
(Me Vergès et Me Dumas) recrutés par Laurent Gbagbo, proposent
le recomptage des voix du scrutin présidentiel du second tour, afin
de départager le sortant et son rival Alassane Ouattara.
(3 Janvier) Quatre dirigeants africains mandatés par la Cédéao
et par l'Union africaine rencontrent Laurent Gbagbo à Abidjan, celui-ci
les informe de son intention de rester au pouvoir. Les Etats-Unis se déclarent
prêts à "envisager" l`accueil de Laurent Gbagbo,
s`il le demande, pour aider à résoudre la crise actuelle.
Selon l'ONU, les violences post-électorales auraient fait 179 morts
depuis la mi-décembre. M. Thierry Desjardins, en charge de la Côte
d`Ivoire au sein du Club de Londres, déclare que la Côte d'Ivoire
n'a pas procédé au règlement (prévu le 31 décembre)
d'une somme de 30 millions de dollars. Le responsable précise toutefois
que la Côte d'Ivoire bénéficie d'un délai de
grâce de 30 jours pour rembourser cette somme, néanmoins des
intérêts de retard seront dus.
(4 Janvier) Selon les dires des médiateurs (Cédéao
- UA) Laurent Gbagbo serait prêt à négocier une "issue
pacifique" à la crise en Côte d`Ivoire. Selon Ali Coulibaly,
son conseiller diplomatique, Alassane Ouattara rejette l`offre de dialogue
de Laurent Gbagbo et veut seulement "qu`il s`en aille". Selon
son porte-parole, Hetherwick Ntaba, le président de l'UA, Bingu wa
Mutharika, se déclare "déçu de la lenteur du processus
de médiation en Côte d`Ivoire". Le Président appelle
Laurent "Gbagbo à céder le pouvoir à Ouattara
pour [...] éviter un bain de sang". Le ministre français
de la défense, Alain Juppé, déclare que "la France
ne prendra pas l'initiative d`une intervention militaire" pour tenter
de régler la crise actuelle en Côte d`Ivoire.
(5 Janvier) Les médiateurs africains offrent l'amnistie à
Laurent Gbagbo, s'il se retire. Selon le Premier ministre kényan
Raila Odinga : "il y aura une amnistie pour lui (Gbagbo) dans le sens
où il ne sera pas poursuivi ou persécuté. [
]
Dans le cas où il déciderait de rester dans le pays, il serait
autorisé à vaquer à ses occupations normalement",
et "s'il décidait de partir en exil, il ne sera pas traîné
devant la Cour pénale internationale (CPI), à condition qu'il
accepte de rendre le pouvoir". Le ministre des Affaires étrangères
de Laurent Gbagbo, Alcide Djédjé, affirme que le blocus du
QG d'Alassane Ouattara, à l'hotel du Golf à Abidjan, "sera
levé" si les ex-rebelles qui s'y trouvent vont à Bouaké
(centre), fief de l'ex-rébellion des Forces Nouvelles (FN).
(6 Janvier) Au cours d'une conférence de presse à Abidjan,
Alassane Ouattara demande une action commando de l'Afrique de l'Ouest pour
déloger son rival Laurent Gbagbo du palais présidentiel. Selon
l'ONU, 210 personnes sont décédées depuis la mi-décembre
dans des violences en Côte d`Ivoire.
Le département du Trésor états-unien annonce jeudi
qu`il gèle les avoirs de Laurent Gbagbo ainsi que ceux de sa femme
et de trois de ses proches (Désiré Tagro, Pascal Affi N'Guessan
et Alcide Ilahiri Djedje) aux Etats-Unis. De plus, tout Américain
qui viendrait à réaliser des transactions financières
avec ces personnes s`exposerait à des poursuites judiciaires.
(7 Janvier) Mise en liberté provisoire des ex-dirigeants de
la filière cacao (22 personnes), incarcérés depuis
le 18 juin 2008, dans le cadre de l'opération "mains propres"
dans ladite filière.
(8 Janvier) Visite de l'ex-président du Nigéria Olusegun
Obasanjo pour tenter d'aider à la résolution de la crise politique.
Manifestation de 50 à 60 partisans de Laurent Gbagbo devant le Parlement
européen à Strasbourg.
(11 Janvier) Selon Youssoufou Bamba, ambassadeur de la Côte
d'Ivoire à l'ONU (nommé par Alassane Ouattara), Ouattara serait
prêt à former un gouvernement d'union nationale avec des pro-Gbagbo,
si son adversaire accepte de quitter le pouvoir. Cette proposition est aussitôt
rejetée par le camp de Laurent Gbagbo.
Sources : Abidjan.net, AFP, Reuters, HRW, ICG, IRIN, GRIP, Nord-Sud export, L'Inter, l'Intelligent d'Abidjan, Fraternité-Matin, Notre Voie, Le Patriote, Le Jour, Le Front, RFI, IZF.net, Panapress, Xinhua, JAI, Centre de nouvelles de l'ONU