Côte d'Ivoire

Chronologie évènementielle 1960 - 2009

Rédigée par Bernard Conte
Economiste au CEAN
site web : http://conte.u-bordeaux4.fr
adresse mèl : conte@u-bordeaux4.fr

1960

(7 août) Proclamation de l'indépendance de la Côte d'Ivoire.
(3 novembre) Promulgation de la Constitution qui établit un régime de type présidentiel.
(27 novembre) Félix Houphouët-Boigny est élu premier président. Première Assemblée nationale (70 députés). Le Parti Démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI), restera jusqu'en 1990 un parti unique.

1962

Un complot fomenté par un groupe du PCDI est déjoué.
(24 avril) Signature d'un accord de défense et d'un accord d'assistance militaire technique entre la France et la Côte d'Ivoire.


1963

(janvier) L'Assemblée nationale vote une loi portant création d 'une cour de sûreté de l'Etat.
(janvier et août) Complot impliquant d'anciens ministres, de nombreuses condamnations sont prononcées, des mesures d'épuration sont diligentées.
(9 avril) 89 inculpés sont jugés par la cour de sûreté de l'Etat qui prononce cinq condamnations à mort (peines qui ne seront pas exécutées).

1964

(17 août) La Caisse de stabilisation et de soutien des prix des produits agricoles (CSSPPA) est transformée en société d'Etat.
(décembre) La cour de sûreté juge 96 inculpés et prononce six condamnations à mort, dont celle de Jean-Baptiste Mockey, qui sera gracié par la suite.

1965

(7 novembre) Réélection de Félix Houphouët-Boigny à la présidence de la République.
Election des 85 députés du PDCI à l'Assemblée nationale.

1967

(7 novembre) La Côte d'Ivoire et l'URSS établissent des relations diplomatiques. Elles seront rompues en mai 1969, en raison de l'immixtion de Moscou dans les affaires intérieures, puis rétablies en février 1986.

1968

(14 mai) Au cours de la guerre civile au Nigeria, la Côte d'Ivoire reconnaît le régime sécessionniste du Biafra, lors de la guerre civile au Nigeria. Lagos rompt ses relations avec Abidjan (rétablies en 1971). En janvier 1970, le Général Ojukwu, ancien chef du Biafra, trouve refuge en Côte d'Ivoire.

1970

(octobre) Répression d'un soulèvement de l'ethnie Bété dans la région de Gagnoa contre la domination économique exercée par les Baoulés, ethnie à laquelle appartient Félix Houphouët-Boigny (le massacre du Gébié).
(novembre) Nouvelle réélection de Félix Houphouët-Boigny à la présidence de la République et élection de 100 députés présentés par le parti unique, le PCDI.
(4 novembre) Houphouët-Boigny est le premier chef d'Etat noir à préconiser le dialogue avec l'Afrique du Sud. Cette politique de rapprochement aboutira à une rencontre historique, le 21 septembre 1974 à Yamoussoukro, entre le Premier ministre sud-africain John Vorster et le président ivoirien.

 

La chronologie couvrant la période 1971 - 06/2005 paraitra ultérieurement dans un ouvrage

 

2005


(3 juillet) Décès dans des circonstances troublantes après son interpellation par des militaires, du colonel major Bakassa Traoré, directeur de l'Office national de la protection civile.
(4-5 juillet) Laurent Gbagbo participe à la 5ème session ordinaire de l'Union Africaine à Syrte (Libye).
(7 juillet) La Bourse du café et du cacao (BCC) maintient le prix indicatif d'achat "bord champ" "du kilogramme de la fève de cacao bien fermenté et bien séché à 390 FCFA (0,59 euro) pour la période allant de juillet à septembre 2005".
(9 juillet) Après trois jours de négociations à Yamoussoukro, les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (Fanci) et les Forces nouvelles (FN, rébellion) sont parvenues ce jour à un nouvel accord sur le calendrier du désarmement. Les principales dates de l'accord sont les suivantes : (i) avant le 15 juillet 2005 : adoption des amendements des lois relatives au processus de paix ; (ii) 20 août : fin du désarmement et du démantèlement effectifs et complets des milices pro-gouvernementales ; (iii) 19 septembre : accueil de l'ensemble des combattants de façon concomitante et simultanée sur les sites de regroupement ; (iv) 26 septembre : début du désarmement et de la démobilisation qui prendront fin le 3 octobre.
(10 juillet) Selon le Général Elrick Irastorza, nouveau Commandant de la Force Licorne en Côte d'Ivoire, "l'opération Licorne nous coûte au total 190 millions d'euros par an, soit environ 124 milliards de francs Cfa. Pour plus de détail, la Licorne coûte par jour 341 millions de francs CFA".
(15 juillet) Dans un message à la nation, Laurent Gbagbo déclare : "en vertu des pouvoirs que me confère l'article 48 de notre Constitution", "je prends immédiatement des décisions qui portent sur : (i) Le financement sur fonds publics des partis et groupements politiques et des candidats à l'élection présidentielle ; (ii) L'identification des personnes et le séjour des étrangers en Côte d'Ivoire ; (iii) La Commission Nationale des Droits de l'Homme de Côte d'Ivoire (CNDHCI) ; (iv) La composition, l'organisation, les attributions et le fonctionnement de la Commission Electorale Indépendante (CEI) ; (v) Les dispositions spéciales en matière de naturalisation ; (vi) Le Code de la nationalité. Toutes ces Décisions, qui ont force de loi, prennent effet à compter de ce jour, 15 juillet 2005".
(16 juillet) Le Conseil National de la Communication Audiovisuelle (CNCA) suspend "jusqu'à nouvel ordre" les émissions de Radio France internationale (RFI) sur la bande FM pour "traitement non professionnel" de l'actualité ivoirienne.
(23-24 juillet) Attaque par des éléments inconnus d'Agboville (70 km au nord d'Abidjan) et d'Anyama (banlieue d'Abidjan). Selon le chef de l'armée ivoirienne, le bilan serait d'au moins 24 morts dont 7 militaires des forces de défense et de sécurité. Chez les assaillants, 17 morts auraient été enregistrés. Les assaillants auraient libéré plus de 200 prisonniers de la prison d'Agboville. Selon que l'on se place du côté du pouvoir en place ou de l'opposition, ces attaques sont attribuées aux ex-rebelles ou aux milices pro-gouvernementales.
(27 juillet) Les principaux partis de l'opposition regroupés au sein du G7 rejètent une série de lois récemment promulguées (le 15 juillet) par le président Laurent Gbagbo (sur la nationalité, les droits à la citoyenneté, la composition de la commission électorale indépendante (CEI)…), affirmant qu'elles ne sont pas conformes au plan de paix de Pretoria II.
(31 juillet) Maintes fois reporté, le processus de désarmement échoue une nouvelle fois devant le refus des Forces nouvelles de respecter l'échéance à laquelle elles devaient envoyer 40 500 combattants rebelles dans des sites de cantonnement, étape qui précède la phase du désarmement.
(7 août) Le président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur de la crise en Côte d'Ivoire, estime que les lois promulguées le 15 juillet par le président Gbagbo sont "conformes" aux accords de paix interivoiriens et n'ont pas à être révisées.
(8 août) Arrivée à Abidjan du Haut représentant de l'ONU pour les élections en Côte d'Ivoire. Il s'agit de l'ancien ministre portugais des affaires étrangères Antonio Monteiro.
(17 août) Nomination du tchadien Abou Moussa au poste de Représentant spécial adjoint pour la Côte d'Ivoire en remplacement du Britannique Alan Doss, muté au Liberia.
(20 août) Dans une interview à RFI, l'ancien chef d'état-major des FANCI, le général Mathias Doué, déclare vouloir obtenir le départ du président Laurent Gbagbo "par tous les moyens" si la communauté internationale ne prend pas les devants. Entretiens à Pretoria entre le président sud-africain Thabo Mbeki et une délégation des Forces nouvelles (FN) conduite par Guillaume Soro. A l'issue des conventions éclatées de son parti, l'ancien président Henri Konan Bédié est plébiscité, avec 98,61% des suffrages exprimés, pour être le candidat officiel du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (PDCI-RDA) aux élections présidentielles d'octobre 2005.
(25 août) A l'issue d'un séminaire tenu à Bouaké du 20 au 25 août, les forces nouvelles (Mpci, Mpigo, Mjp) déclarent qu'elles ne participeront pas à l'élection présidentielle prévue le 30 octobre et empêcheront le déroulement du scrutin sur la partie du territoire national qu'elles contrôlent. Les rebelles accusent Laurent Gbagbo d'avoir manipulé les conditions de l'élection pour s'assurer la victoire. Laurent Gbagbo signe un décret "interdisant l'usage de feux d'artifice, pétards et autres objets explosifs susceptibles de créer des situations de panique au sein des populations" en raison "du contexte socio-politique sensible".
(29 août) Le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP) regroupant les principaux partis d'opposition (le PDCI-RDA, le RDR, l'UDPCI et le MFA) déclare que l'organisation de l'élection présidentielle prévue le 30 octobre est "impossible" et qu'une transition excluant Laurent Gbagbo doit être organisée en vue d'assurer la tenue des dites élections. En vertu de l'article 48 de la Constitution, Laurent Gbagbo rectifie les lois sur la commission électorale indépendante, la nationalité et la naturalisation, dont des versions promulguées le 15 juillet étaient contestées par l'opposition et la rébellion.
(30 août) Le vice-ministre sud-africain des Affaires étrangères, Aziz Pahad, déclare que "la médiation a terminé son travail, le Conseil de sécurité de l'ONU doit désormais prendre le relais". Les autorités sud-africaines demandent à l'ONU et l'Union africaine (UA) de s'assurer que les accords signés sont appliqués, ce qui semble exprimer le désengagement de l'Afrique du sud dans le processus de règlement du conflit.
(31 août) A l'issue d'une réunion à huis clos du Conseil de sécurité des Nations-Unies, M. Kenzo Oshima, président dudit conseil, déclare que "la médiation sud-africaine a indiqué qu'elle poursuivra ses efforts, avec l'appui des Nations Unies et de l'Union africaine, pour assurer la tenue en Côte d'Ivoire d'élections libres, justes, transparentes dans les délais prévus, seule issue à la crise". Le conseil brandit à nouveau la menace de sanctions individuelles contre les Ivoiriens qui bloquent le processus de paix en Côte d'Ivoire.
(8 septembre) Le secrétaire général de l'Onu Kofi Annan déclare à Radio France Internationale que la tenue d'une élection présidentielle cruciale en Côte d'Ivoire ne "va pas être possible" à la date prévue du 30 octobre en raison du retard dans les préparatifs du en grande partie à la mauvaise volonté des "leaders politiques et des partis".
(11 septembre) Après un an passé en France, retour en Côte d'Ivoire du président du PDCI-RDA et ancien Chef de l'Etat ivoirien Henri Konan Bédié.
(19 septembre) Le ministre de l'Education nationale Michel Amani déclare que "les examens scolaires en zones Forces nouvelles sont suspendus jusqu'à l'obtention d'une solution pour leur sécurisation".
(20 septembre) Suite à la proposition du président nigérian Olusegun Obasanjo (président en exercice de l'Union africaine) concernant l'éventualité d'une nouvelle médiation dans le conflit ivoirien qui pourrait se dérouler dans le cadre de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'ouest (CEDEAO), Laurent Gbagbo exprime son " rejet par avance… en raison de l'implication directe de certains pays membres de cette organisation dans le conflit ivoirien ". A l'occasion du troisième anniversaire du déclenchement de la rébellion (le 19 septembre 2002), "tous les combattants des Forces nouvelles ont été promus à un grade allant de "caporal" à "général de brigade". Cette mesure toucherait les 42 500 combattants revendiqués par les Forces nouvelles.
(22 septembre) Laurent Gbagbo signe un décret sur la nouvelle Commission électorale indépendante (CEI). La nouvelle CEI est composée de 31 membres : un représentant de la présidence de la République, un de l'Assemblée nationale, un du Conseil économique et social, quatre des ministères concernés (Administration du Territoire, Economie et Finances, Défense et sécurité), deux du Conseil supérieur de la Magistrature, deux du Barreau et vingt représentants des parties signataires des accords de Marcoussis. Sur les 31 membres de la nouvelle institution électorale, seulement 22 ont voix délibérative, les 9 autres sont consultatives. Sur les 22 voix délibératives, le G 7 compterait 14 voix contre 8 pour le camp présidentiel.
(27 septembre) Dans un discours à la nation, Laurent Gbagbo se dit opposé à toute nouvelle médiation sur la Côte d'Ivoire, il déclare que les élection ne pourront se "tenir à l'évidence le 30 octobre 2005 puisque les rebelles n'auront pas désarmé à cette date", il n'y aura pas de transition et il demeura à son poste après le 30 octobre.
(30 septembre) Tenue à Abuja d'un sommet de la CEDEAO (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) consacré à la crise en Côte d'Ivoire, en l'absence de Laurent Gbagbo. Les recommandations issues du sommet seront présentées lors d'une réunion du Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA), prévue le 6 octobre à Addis Abeba.
(6 octobre) Réuni à Addis Abeba, le Conseil de Paix et Sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA), a statué sur la situation en Côte d'Ivoire. Le CPS prend acte de la fin du mandat du Président Laurent Gbagbo le 30 octobre 2005, ainsi que de l'impossibilité d'organiser les élections présidentielles à la date prévue. Le Conseil décide que les "arrangements conclus dans les accords de Linas-Marcoussis devront se poursuivre pour une période ne devant pas excéder 12 mois". Pendant cette période de transition, Laurent Gbagbo reste chef de l'Etat, un "nouveau Premier ministre acceptable pour toutes les parties signataires de l'Accord de Linas-Marcousis sera nommé", il dirigera et "aura pleine autorité sur son gouvernement" "composé de personnalités proposées par les parties Ivoiriennes signataires de l'accord de Marcoussis". Le "Premier ministre ne sera pas éligible aux élections qui seront organisées". Par ailleurs, "il est créé un Groupe international de travail (GIT) qui se réunira une fois par mois en Côte d'Ivoire pour évaluer, contrôler et suivre le processus de paix, y compris la feuille de route convenue à Pretoria et tous autres accords subséquents" et qui rapportera et effectuera "les recommandations appropriées au Conseil de Paix et de Sécurité de l'UA et au Conseil de Sécurité des Nations Unies". Enfin, le CPS "décide que les parties Ivoiriennes seront Invitées le plus tôt possible à un Forum de dialogue national à Yamoussoukro" "ouvert à la société civile", "il sera présidé conjointement par le Président Olusegun Obasanjo du Nigeria et par le Président Thabo Mbeki d'Afrique du Sud".
(11 octobre) Le président du conseil d'administration de la Bourse du café et du cacao (Bcc), Lucien Tapé Do annonce que le prix indicatif bord champ du kilogramme de cacao est fixé à 400 Fcfa, en augmentation de 15 Fcfa par rapport à la campagne précédente (le prix CAF à Londres était ce jour de 781 francs CFA).
(12 octobre) Publication du rapport de l'International crisis group : "Côte d'Ivoire: Les demi-mesures ne suffiront pas". Dans ce rapport il est demandé au Conseil de sécurité de l'Onu : (i) "d'annoncer que les institutions" politiques "actuelles seront dissoutes le 31 octobre 2006" et "si le scrutin présidentiel n'a pas eu lieu à cette date", une nouvelle équipe de transition, "composée exclusivement de membres de la société civile sera mise en place" ; (ii) "d'étendre le mandat du Haut représentant des Nations Unies pour les élections et mettre à sa disposition les ressources humaines et financières nécessaires pour organiser des élections crédibles et présider également à l'application des nouvelles lois récemment promulguées sur la nationalité, les naturalisations et l'identification des populations" ; (iii) "d'appliquer les sanctions individuelles prévues par la résolution 1572 pour contraindre les signataires de l'Accord à respecter leurs engagements" ; (iv) de "publier le rapport de la commission d'enquête internationale sur les violations des droits de l'homme depuis 2002, et d'encourager le Procureur de la Cour pénale internationale (CPI) à suivre attentivement la situation pour décider de l'ouverture éventuelle d'une enquête formelle" ; (v) "d'organiser, avant le 1er février 2006, le Forum de dialogue national préconisé par le Conseil de paix et de sécurité de l'Union africaine ".
L'Etat de Côte d'Ivoire et le Groupe Bouygues renouvellent, pour une durée de 15 ans, leur contrat de concession de service public de la distribution, de la production, de l'exploitation et du transport de l'énergie électrique en Côte d'Ivoire.
(14 octobre) Le Conseil de sécurité de l'Onu approuve le plan de l'union africaine (UA) prévoyant notamment le maintien de Laurent Gbagbo à son poste, l'organisation d'élections avant le 30 octobre 2006 et la nomination d'un Premier ministre de 'consensus' aux pouvoirs étendus.
(17 octobre) Investiture des membres de la Commission électorale indépendante (CEI). Michèle Alliot-Marie, ministre français de la Défense, suspend le général Henri Poncet (ancien commandant de la force Licorne), un officier et un sous-officier ayant servi dans ladite force. Ils sont soupçonnés d'avoir couvert une "bavure" ayant entraîné le décès d'un Ivoirien, lors de son arrestation par des soldats français.
(21 octobre) Le Conseil de sécurité de l'Onu adopte à l'unanimité la résolution 1633 qui affirme que "le président Gbagbo demeurera chef de l'État à partir du 31 octobre 2005 pour une période n'excédant pas 12 mois" aux côtés d'un Premier ministre "acceptable pour tous", qui doit être désigné avant le 31 octobre. Le Premier ministre devra disposer "de tous les pouvoirs nécessaires", ainsi que de "toutes les ressources financières, matérielles et humaines voulues, en particulier dans les domaines de la sécurité, de la défense et des affaires électorales". Le Conseil se déclare "favorable à l'établissement du Groupe de travail international (GTI)… prévu par une décision de l'Union africaine". Le GTI est composé de : Afrique du Sud, Bénin, Etats-Unis, France, Ghana, Guinée, Grande-Bretagne, Niger et Nigeria. Il comprend aussi l'ONU, l'Union Africaine, la CEDEAO, l'Union Européenne, l'Organisation Internationale de la Francophonie, la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International.
(26 octobre) Publication du rapport d'Amnesty International : Côte d'Ivoire: Un avenir lourd de menaces. Dans ce rapport "l'organisation recense quelques-uns des principaux facteurs qui peuvent conduire à une détérioration rapide de la situation: blocage total du processus de désarmement, démobilisation et réinsertion (DDR), ruptures du cessez-le-feu, conflits interethniques dans l'ouest du pays, appels à la xénophobie relayés par certains hommes politiques et médias se réclamant du président Gbagbo, utilisation d'enfants soldats et atteintes à la liberté d'expression". Devant les risques de dérapage, l'organisation lance un double appel : (i) aux parties au conflit pour les inciter à appliquer les accords conclus et (ii) à la communauté internationale pour une implication plus forte dans le processus de résolution du conflit. Au cours d'un discours prononcé lors d'ine rencontre avec les forces des défense et de sécurité (FDS), Laurent Gbagbo tente de rassurer une partie des effectifs : "tous ceux qui ont droit à la prime qu'on appelle 'hauts les cœurs' pour la dernière quinzaine, seront payés aujourd'hui même. Sur 2004/2005, nous avions des arriérés de 135 251 822 938 francs (CFA). Nous avions payé 121 867 363 000 francs. Il nous reste à payer 15 milliards. Mais cela ne saurait être une raison pour que les gens prennent les armes". "Pour ce qui est du sort des jeunes que Linas Marcoussis demande de faire sortir des rangs de l'armée, je tiens à préciser qu'aucun d'entre vous ne sera laissé pour compte".
(27 octobre) Tenue d'un Conseil des ministres boycotté par les ministres issus du G7 (PDCI-RDA, RDR, UDPCI, MFA, MPCI, MPIGO et MJP).
(28 octobre) Dans un communiqué, l'organisation Human Rights Watch (HRW) affirme que "le gouvernement ivoirien renforce son effectif d'hommes armés en recrutant des enfants qui ont combattu lors de la violente guerre civile du Libéria". En conséquence, "la communauté internationale doit faire tout son possible pour garantir la démobilisation de ces enfants et la traduction en justice de ceux qui les ont recrutés".
(30 octobre) Manifestations à Abidjan et à Bouaké de partisans de l'opposition à Laurent Gbagbo pour protester contre la prolongation d'un an de son mandat et pour réclamer la démission immédiate du président. Dans un discours à la radio et à la télévision Laurent Gbagbo confirme son maintien à la tête de l'Etat jusqu'aux prochaines élections.
(14 novembre) Malgré l'embargo sur les armes visant la Côte d'Ivoire depuis novembre 2004, un rapport d'un groupe d'experts de l'ONU souligne le niveau élevé des dépenses militaires du pays et recommande au Conseil de sécurité de renforcer sa surveillance sur le détournement des fonds liés à l'exportation du cacao, du coton et des diamants.
(22 novembre) Echec de la médiation africaine conduite par les chefs d'Etat nigérian Olusegun Obasanjo, nigérien Mamadou Tandja et sud-africain Thabo Mbeki, à dégager un consensus sur un nom pour le poste de Premier ministre. Une première liste de 16 noms avait été établie, puis réduite à 4 noms : M. Gaston Ouassenan Koné (Parti démocratique de Côte d'Ivoire, PDCI), M. Yadé Tiémoko Coulibaly (Rassemblement des Républicains, RDR), Mme Jacqueline Lohouès Oble, ancien ministre de la Justice et M. Gervais Coulibaly, directeur général de la décentralisation.
(25 novembre) La chambre administrative de la Cour Suprême annule l'élection du bureau de la commission électorale indépendante (CEI).
(28 novembre) Selon les propos de Jean-Louis Billon, président de la chambre de commerce et d'industrie de Côte d'Ivoire, recueillis par Fraternité Matin, "depuis six ans, depuis le coup d'Etat de décembre 1999, on est entré dans une période d'incertitudes en Côte d'Ivoire". " La crise de novembre 2004 a frappé une classe fortement consommatrice, celle qui a le gros pouvoir d'achat, celle qui tire l'économie vers la classe moyenne. On pense que la destruction des écoles françaises n'a fait partir que des Français… Elle a fait partir plus d'Ivoiriens que de Français, qui se sont installés dans la sous-région. Des Ivoiriens ont inscrit leurs enfants à Niamey, Lomé, Bamako, Cotonou, Rabat… La crise de novembre a fait perdre, au bas mot, une trentaine de milliers d'emplois. Comment est-on arrivé à ce calcul ? D'abord, vous avez plus de 8000 familles françaises qui sont parties. Ensuite, vous avez 200 entreprises qui ont fermé entre-temps et autant d'autres qui ont été sinistrées… Donc novembre 2004 a été pour notre économie la pire des crises".
(1er décembre) Attaque de la caserne de gendarmerie d'Agban à Abidjan par des individus armés non identifiés.
(4 décembre) Les trois médiateurs de la crise ivoirienne (Olusegun Obasanjo, Thabo Mbeki et Mamadou Tanja) désignent Charles Konan Banny, gouverneur de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'ouest (BCEAO), comme Premier ministre de la Côte d'Ivoire.
(5 décembre) Nomination par un décret du président Laurent Gbagbo de Charles Konan-Banny au poste de Premier ministre.
(6 décembre) L'ancien Premier ministre Alassane Dramane Ouattara, chef d'un des principaux partis d'opposition le Rassemblement des républicains (RDR) est de retour en Côte d'Ivoire pour les obsèques de sa mère, il met ainsi fin à un exil de trois ans à Paris.
(7 décembre) A l'issue d'une réunion du Groupe de travail international (GTI), Pierre Schori, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en Côte d'Ivoire, déclare que la résolution 1633 du Conseil de sécurité "prime sur les lois nationales ivoiriennes".
(8 décembre) Prise de fonction officielle du nouveau Premier ministre ivoirien, Charles Konan-Banny qui succède à Seydou Elimane Diarra en poste depuis 2003.
(21 décembre) Publication d'un rapport de Human rights watch (HRW) : "Côte d'Ivoire : le coût de l'impasse politique pour les droits humains". Ce rapport indique que pour faciliter le processus de paix, " les initiatives soutenues internationalement et conçues pour contenir les auteurs d'abus et combattre l'impunité ont été mises en attente". En conséquence, la situation de "ni guerre, ni paix" qui perdure depuis trois ans "a facilité des violations graves et répétées des droits humains commises par tous les côtés, mais elle a conduit à une dangereuse dégradation des institutions publiques conçues pour protéger et défendre les droits humains élémentaires". "Pour commencer à répondre à ce retranchement persistant d'impunité en Côte d'Ivoire, la communauté internationale, principalement les Nations Unies, doit prendre des mesures clefs. Premièrement, afin d'identifier les personnes impliquées dans des atteintes passées aux droits humains, le Conseil de Sécurité des Nations Unies devrait rendre public le rapport de la commission d'enquête des Nations Unies sur les violations des droits humains et du droit international humanitaire (les lois de la guerre) depuis septembre 2002. Deuxièmement, pour empêcher les actions futures d'auteurs présumés d'atteintes aux droits humains, le Comité des sanctions pour la Côte d'Ivoire du Conseil de sécurité des Nations Unies devrait appliquer immédiatement des sanctions économiques et sur les déplacements, autorisées par la résolution 1572 du Conseil de Sécurité, contre les individus désignés comme responsables de violations graves des droits humains. Enfin, dans un effort pour exiger des comptes aux coupables de violations des droits humains, le procureur de la Cour Pénale Internationale devrait rapidement prendre des mesures concrètes pour poursuivre les investigations sur les crimes graves selon le droit international commis par toutes les parties depuis 2002".
(28 décembre) Charles Konan Banny constitue le gouvernement de transition qui se compose comme suit : Premier ministre, Ministre de l'Economie et des Finances, Ministre de la Communication : Charles Konan Banny ; le FPI obtient 7 postes : (i) Ministre d'Etat, Ministre du Plan et du Développement : Antoine Bohoun Bouabré, (ii) Ministre des Mines et de l'Energie : Emmanuel Léon Monnet, (iii) Ministre de la Fonction publique, de l'Emploi et de la Réforme administrative : Hubert Oulaye, (iv) Ministre de la Production animale et des Ressources halieutiques : Alphonse Douati, (v) Ministre de la Réconciliation nationale et des Relations avec les Institutions : Sébastien Dano Djédjé, (vi) Ministre de l'Education nationale : Michel Amani N'Guessan, (vii) Ministre de la Lutte contre le Sida : Mme Christine Adjobi ; le PDCI compte 5 ministres : (i) Ministre des Affaires étrangères : Youssouf Bakayoko, (ii) Ministre des Infrastructures économiques : Patrick Achi, (iii) Ministre de la Santé et de l'Hygiène publique : Rémi Allah Kouadio, (iv) Ministre de l'Industrie et de la Promotion du secteur privé : Mme Marie Téhoua Amah, (v) Ministre de la Jeunesse, de l'Education et des Sports : Dagobert Banzio ; le RDR obtient 5 portefeuilles : (i) Ministre de l'Agriculture : Amadou Gon Coulibaly, (ii) Ministre de la Construction, de l'Urbanisme et de l'Habitat : Marcel Amon Tanoh, (iii) Ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique : Cissé Ibrahima, (iv) Ministre des Nouvelles technologies de l'Information et de la Communication : Hamed Bakayoko, (v) Ministre de la Famille et des Affaires sociales : Mme Jeanne Brou Peuhmond ; les Forces nouvelles obtiennent 5 postes : (i) Ministre d'Etat, Ministre chargé du Programme de la Reconstruction et de la Réinsertion : Guillaume Soro, (ii) Ministre de la Solidarité et des Victimes de guerre : Louis André Dakoury-Tabley, (iii) Ministre du Commerce : Moussa Dosso, (iv) Ministre du Tourisme et de l'Artisanat Amadou Koné, (v) Ministre de l'Enseignement technique et de la Formation professionnelle : Youssouf Soumahoro; le MFA compte un ministre : (i) Ministre des Transports : Innocent Anaky Kobenan ; l'UDPCI obtient un ministère : (i) Ministre de la Coopération et de l'Intégration africaine : Mabri Toikeusse ; l'UDC obtient un poste : (i) Ministre de la Culture et de la Francophonie : Théodore Mel Eg ; le PIT compte un ministre : (i) Ministre de l'Environnement et des Eaux et Forêts : Jacques Andoh ; la société civile enregistre 5 nominations : (i) Ministre de la Défense : René Aphing Kouassi, (ii) Ministre de l'Intérieur : Joseph Dja Blé, (iii) Ministre de la Justice et des Droits de l'Homme : Mamadou Koné, (iv) Ministre délégué auprès du Premier ministre chargé de l'Economie et des Finances : Charles Diby Koffi, (v) Ministre déléguée auprès du Premier ministre chargé de la Communication : Mme Martine Coffi Studer.

2006

(2 janvier) Attaque du camp militaire d'Akouédo à l'est d'Abidjan par des assaillants non-identifiés. Selon le camp présidentiel cette attaque serait une tentative de coup d'Etat, tandis que pour le "porte-parole" des assaillants (Séry Gustave) il s'agirait simplement d'une mutinerie liée au non paiement des primes des militaires (prime nommée "hauts-les-cœurs").
(6 janvier) Le Secrétaire Général des Nations-unies, Kofi Annan appelle au renforcement des effectifs des troupes de maintien de la paix onusiennes en Côte d'Ivoire. Il recommande le déploiement de 3 400 casques bleus supplémentaires et de 475 policiers.
(14 janvier) Alassane Ouattara, président du RDR, annonce sa candidature à la prochaine élection présidentielle.
(15 janvier) Le Groupe de travail international (GTI) estime que le mandat des députés qui a expiré le 16 décembre "n'a pas à être prolongé". Cette recommandation va à l'encontre de la volonté du Conseil constitutionnel qui souhaite que l'Assemblée nationale demeure en fonction et conserve ses pouvoirs jusqu'à la tenue de nouvelles élections.
(16 janvier) Début de manifestations violentes des jeunes patriotes pro-Gbagbo contre la décision du GTI relative à la dissolution de l'Assemblée nationale. Les manifestations touchent Abidjan, Daloa, Guiglo, Gagnoa, Yamoussoukro et San Pedro.
(17 janvier) Pascal Affi N'Guessan, président du FPI, annonce le retrait de son parti "du processus de paix et son refus de continuer encore plus longtemps le processus de recolonisation engagé sous l`égide de l`Onu" ainsi que le départ des ministres FPI siégeant au gouvernement. Enfin, "le FPI exige le départ du pays de toutes les forces onusiennes et Licorne, Forces d'exploitation, d'occupation et d'asservissement de la Côte d'Ivoire".
(18 janvier) Rencontre à Abidjan entre Olusegun Obasanjo (président en exercice de l'Union africaine (UA)), Laurent Gbagbo et Charles Konan Banny. Le communiqué final stipule que le Groupe de travail international (GTI) n'a pas l'autorité de dissoudre l'Assemblée nationale ivoirienne et incite MM. Gbagbo et Banny de trouver un accord politique en vue de l'organisation des élections.
(20 janvier) A la suite d'un appel à l'arrêt des manifestations, lancé la veille par Charles Blé Goudé, Chef des "patriotes", retour au calme après quatre jours d'émeutes dirigées contre la présence de "forces étrangères d'occupation", et particulièrement, des Nations Unies.
(21 janvier) Annonce du retour du Front populaire ivoirien (FPI) "dans le processus de paix et en conséquence, du retour de ses ministres au sein du gouvernement".
(24 janvier) A la suite des manifestations et des violences dirigées contre les Nations Unies, le Programme alimentaire mondial (PAM) annonce qu'il est dans l'obligation de stopper ses opérations humanitaires dont dépendent des milliers de personnes dans le pays.
(25 janvier) Retour en Côte d'Ivoire de Alassane Ouattara, Président du RDR, après 3 ans d'exil en France. Premier conseil des ministres du gouvernement Banny, Guillaume Soro (ministre d'Etat, chargé du Programme de la Reconstruction et de la Réinsertion) était absent. Le Conseil de sécurité de l'ONU prolonge jusqu'au 15 décembre 2006 les mandats respectifs de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire et des forces françaises de l'opération Licorne qui l'appuient, pour participer au maintien de la paix, aider au désarmement et à l'organisation des élections (résolution 1652 adoptée à l'unanimité). Dans cette résolution, le Conseil de sécurité rappelle qu'il avait entériné le communiqué final du Groupe de travail international (GTI) du 15 janvier 2006, dont la recommandation de dissoudre l'Assemblée nationale ivoirienne avait servi de prétexte aux manifestations qui ont éclaté le 16 janvier dernier à Abidjan. Le Conseil de sécurité n'a pas suivi les recommandations de Kofi Annan qui demandait le déploiement de 4 000 casques bleus supplémentaires en Côte d'Ivoire.
(26 janvier) Par crainte de nouveaux débordements, l'Onu annonce l'évacuation vers la Gambie et le Sénégal de 400 travailleurs civils de sa mission en Côte d'Ivoire (Onuci) .
(27 janvier) Selon Désiré Tagro porte-parole de la présidence de la République : "le président Laurent Gbagbo… prend acte de ce que l'Assemblée nationale demeure en fonction avec tous ses pouvoirs".
(30 janvier) Jean-Louis Billon président de la Chambre de commerce et d'industrie de Côte d'Ivoire, dénonce un climat des affaires délétère, en raison "des tracasseries administratives intempestives (barrages, rackets et autres...", de la récurrence des troubles, si bien que "la situation des agriculteurs en province est catastrophique par le fait de la perte des récoltes qui n'ont pu être commercialisées, que les transporteurs et les petits commerçants sont aussi en difficulté par le manque de liquidité et de stock". Selon Le Patriote (du 28/01/2006), les émeutes du 16-19 janvier auraient entraîné" au moins 4 milliards (CFA) de pertes pour les opérateurs économiques". M. Billon s'insurge contre : "l'art de l'esquive verbale, de l'instrumentalisation d'une jeunesse en déshérence et du développement des différentes formes de violence sont devenus des sports nationaux qui repoussent les responsabilités bien au-delà de ceux qui les commettent, les utilisent et les animent".
(3 février) La cour d'appel de Paris confirme la condamnation de deux mois à un an d'emprisonnement ferme à l'encontre de douze soldats français pour vol et recel, portant sur un total de 220 millions de francs CFA (environ 337.000 euros), commis dans l'agence de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'ouest (BCEAO) de Man, dont les dits soldats devaient assurer la surveillance de juillet à août 2004.
(6 février) Après les violentes manifestations anti-ONU du mois de janvier, le Conseil de sécurité des Nations unies décide d'envoyer en Côte d'Ivoire une compagnie de casques bleus de la MINUL (Mission des Nations unies au Liberia) qui seront prélevés sur le contingent nigérian. Ce renfort provisoire (jusqu'au 31 mars) représente 200 hommes, 14 véhicules blindés et 18 véhicules de soutien.
(7 février) Conformément à la résolution 1572 adoptée le 15 novembre 2004, le Conseil de sécurité des Nations unies décide de sanctionner Charles Blé Goudé (chef des Jeunes patriotes), Eugène Djué (président de l'Union des patriotes pour la libération totale de la Côte d'Ivoire) et Fofié Kouakou (commandant des Forces nouvelles à Korhogo) pour obstacle au processus de paix. Les sanctions portent sur l'interdiction de voyager et le gel des avoirs financiers de ces trois personnalités.
(8 février) Le président américain George W. Bush décide de geler les avoirs des trois opposants à la paix déjà visés par des sanctions des Nations unies.
(9 février) Ouverture à Yamoussoukro, par le Premier ministre Charles Konan Banny d'un "séminaire" de son gouvernement. Les organisations humanitaires (la FAO, l'UNICEF, le PAM, le HCR, Save the Children, ASA, Caritas, Solidarités, GTZ et OIM) décident de reprendre l'aide humanitaire d'urgence dans l'ouest du pays (région de Guiglo). Faisant fi de la décision de la communauté internationale qui a "pris acte" de la fin du mandat des députés, le président de l'Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly ouvre une "session extraordinaire" boycottée par la quasi-totalité des députés de l'opposition.
(16 février) L'Assemblée nationale ivoirienne adopte une loi prorogeant le mandat des maires et conseillers généraux jusqu'à la "proclamation des résultats de la prochaine élection les concernant". Cette loi a été adoptée à l'unanimité des 99 députés présents et des 8 "excusés", qui ont voté par procuration.
(17 février) Le Groupe de travail international (GTI) approuve l'arbitrage du Haut représentant de l'Onu pour les élections, validant la composition du bureau de la commission électorale ivoirienne (CEI), contestée par le Font populaire ivoirien (FPI). L'Union européenne (UE) accorde une subvention de 22 milliards de francs CFA (33,2 millions d'euros) à l'appui de la "la feuille de route" du gouvernement de transition, et notamment pour le financement du processus d'identification des populations.
(28 février) Au cours d'une conférence de presse, Jean Louis Billon, président du groupe Sifcom, dénonce la fraude généralisée et les "centaines de barrages". Il s'insurge contre l'impunité dont bénéficient les fraudeurs en Côte d'Ivoire, alors que des services compétents de lutte existent. La persistance de ce fléau s'explique, car "dans la fraude, il y a des parrains politiques"…
(1er mars) Après un report d'une journée, du a des " problèmes techniques ", réunion à Yamoussoukro sous la conduite du Premier ministre Charles Konan Banny des principaux protagonistes de la crise ivoirienne : le président Laurent Gbagbo, les opposants Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié et le chef de la rébellion des Forces nouvelles (FN) Guillaume Soro. Les participants ont entériné les résultats de l'élection de la commission électorale indépendante (CEI) (élection annulée par la Cour suprême et contestée par le FPI). Cette concession de Laurent Gbagbo a été compensée par la décision de la création d'un quatrième poste de vice président, pour "parvenir à une représentation équilibrée des forces politiques en présence", le bureau de la CEI passe ainsi de 12 à 13 membres. Concernant le désarmement, "les participants ont admis la nécessité de l'actualisation du chronogramme et de la reprise immédiate du dialogue" entre militaires loyalistes et rebelles. Les cinq dirigeants ont réaffirmé leur volonté de tout mettre en œuvre en vue de permettre la tenue des élections dans les délais prévus. Enfin, les participants ont souligné que la "Constitution et la résolution 1633 n'étaient pas antinomiques".
(2 mars) Après une interruption de plus de deux ans, les examens scolaires débutent dans les zones sous contrôle de l'ex-rébellion.
(7 mars) Après plusieurs mois de blocage dû à des divergences politiques sur sa composition, la Commission électorale indépendante (CEI) ivoirienne a reprend ses activités à l'issue de la passation des charges entre l'ancien et le nouveau bureau. Le président de la Banque africaine de développement (BAD), Donald Kaberuka, déclare lors d'une conférence de presse, que la Côte d'Ivoire est redevable de plus de 340 millions de dollars à son institution.
(9 mars) L'Onuci annonce le retour en Côte d'Ivoire d'une partie de ses personnels civils évacués fin janvier en Gambie pour des raisons de sécurité.
(11 mars) Au cours d'une Convention de son parti au Parc des Sports de Treichville, l'ancien Président Henri Konan Bédié est désigné candidat officiel du Parti démocratique de Côte d'Ivoire (Pdci) à l'élection présidentielle.
(13 mars) A l'appel de divers syndicats (Mouvement des instituteurs pour la défense de leurs droits (MIDD), SYNESCI …) débute une grève des enseignants qui devrait durer jusqu'au 24 mars.
(14 mars) Arrivée à Abidjan de Guillaume Soro où il rencontre Laurent Gbagbo, Charles Konan Banny, Henri Konan Bédié et Alassane Outtara.
(15 mars) Guillaume Soro, secrétaire général des Forces nouvelles, ministre d'Etat chargé du programme de la reconstruction et de la réinsertion, participe à son premier conseil des ministres après 16 mois d'absence. Au cours de ce conseil, le ministre de la Santé et de l'Hygiène Publique a souligné la dégradation de la situation sanitaire en raison de la crise qui perdure. Les indicateurs sanitaires sont alarmants : (i) la couverture vaccinale se situe entre 3 à 60 %, au lieu de 80 %, (ii) la lèpre : 1000 nouveaux cas dont 659 formes graves, (iii) l'ulcère de Buruli : 22 000 cas enregistrés, (iv) la tuberculose : plus de 20 000 cas nouveaux dont 36 % de co-infection VIH/SIDA, (v) le VIH/SIDA : 7 % de prévalence avec 17 000 malades sous traitement sur les 39 000 prévus, (vi) le service d'urgence des grands hôpitaux : 30 % de mortalité, (vii) la mortalité maternelle : 690 décès pour 100 000 naissances. Concernant les foyers épidémiques actuels et les risques épidémiques : ont été relevés : (i) un foyer d'épidémie de choléra à Zouan Hounien (janvier 2006, maîtrisé), (ii) un foyer d'épidémie de méningite dans les régions de Boundiali, Korhogo et Séguéla (début 2006, un plan d'urgence est en cours), et (iii) des risques d'épidémies de fièvre jaune dans la région de Bouna (une campagne de vaccination a été organisée aux mois de janvier et février 2006, en vue d'endiguer le risque). Mouvement de grogne parmi les "jeunes recrues" enrôlées dans les rangs des Fanci à la suite des évènements de septembre 2002 ("les soldats Blé Goudé", au nombre de 4000). Ces derniers réclament le paiement d'arriérés de primes ainsi que l'obtention du statut de militaire. Laurent Gbagbo a reçu les représentants des soldats contestataires pour tenter de désamorcer la crise.
(21 mars) Lors d'une rencontre avec les représentants des 4000 recrues de 2002 ("les soldats Blé Goudé"), Laurent Gbagbo annonce qu'il va satisfaire les principales revendications des soldats contestataires : (i) la transformation de la prime de guerre en salaire (100 000 FCFA mensuels), (ii) le paiement des arriérés de prime, (iii) le décaissement de 230 millions CFA pour couvrir les cotisations de santé non réalisées par les jeunes recrues, aux fins de bénéficier des soins médicaux tout comme les militaires engagés, (iv) concernant le réengagement des soldats dans l'armée ou leur réinsertion dans la vie civile, Laurent Gbagbo déclare que personne ne sera "laissé au bord de la route", (v) à propos du soutien aux familles des soldats tombés au front, le chef de l'Etat affirme qu'un décret est en préparation pour régler le problème.
(1er avril) Première rencontre depuis le 19 juillet 2005, à Yamoussoukro, entre les Forces armées nationales de Côte d'Ivoire (Fanci) et les Forces armées des forces nouvelles (Fafn). Les résultats des examens scolaires dans les zones Forces nouvelles révèlent un taux de réussite de 20% au BEPC et 24,42% au baccalauréat.
(3 avril) Le général Abdoulaye Fall, Commandant de la Force de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), qui a dirigé les troupes onusiennes dans ce pays pendant deux ans, quitte ses fonctions. L'intérim est assuré par le général béninois Fernand Marcel Amoussou. Nommé le 22 mars par décret présidentiel, le nouveau coordonnateur du Programme national de désarmement, de démobilisation et de réinsertion (PNDDR), le Général de gendarmerie Gaston Ouassenan Koné prend officiellement ses fonctions en remplacement de Alain Richard Donwahi.
(8 avril) Au terme de sa visite en Côte d'Ivoire, le président congolais, Denis Sassou Nguesso, président en exercice de l'Union africaine et nouveau médiateur de la crise ivoirienne, donne une conférence de presse après sa rencontre à huis clos avec Laurent Gbagbo, Alassane Dramane Ouattara, Henri Konan Bedié, Guillaume Soro et Charles Konan Banny. Le médiateur déclare : "à la suite de la synthèse des entretiens que nous avons eu ici à Abidjan, nous avons retenu qu'il était important que les processus de désarmement et d'identification soient engagés concomitamment sans tarder. Nous ne pouvions permettre l'immobilisme sur ces questions". Cette décision va à l'encontre des voeux du camp présidentiel qui souhaitait le désarmement avant l'identification, et les Forces nouvelles qui exigeaient l'inverse.
(10-15 avril) Visite en France du Premier ministre Charles Konan Banny.
(20 avril) Au cours de sa 6ème réunion, le Groupe de Travail International (GTI) exprime "sa vive préoccupation face aux retards pris dans le démarrage d'activités essentielles pour la mise en œuvre effective de la feuille de route". Le GTI affirme son soutien à "l'organisation concomitante et immédiate des opérations de désarmement et d'identification". La prochaine réunion du GTI se tiendra le 19 mai.
(23 - 29 avril) Visite au Etats-Unis du Premier Ministre Charles K. Banny.
(3 mai) Après l'annonce le 26 avril, par l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), de la présence en Côte d'Ivoire de foyers de grippe aviaire sous sa forme hautement pathogène du virus H5N1, le gouvernement confirme officiellement la nouvelle. Au cours d'une conférence de presse donnée à l'issue de sa rencontre à Bruxelles avec Charles K. Banny, Louis Michel, Commissaire Européen chargé du Développement et de l'aide déclare : "l'Union européenne va donner une enveloppe de 198 millions d'euros, pour accompagner le processus de paix en Côte d'Ivoire"… si l'on ajoute le montant de "l'aide déjà promise" ou accordée, "cela fait un paquet de 268 millions d'euros, soit près de 175 milliards francs cfa". "Bien entendu, cet argent sera décaissé dès que le processus d'identication des populations démarrera".
(13 mai) Le Premier ministre Charles Konan Banny prend décision de lancer l'opération concomitante d'identification et de DDR. Cette décision fait suite à l'accord du 8 avril entre les " cinq grands " leaders politiques ivoiriens, confirmé lors de la réunion du GTI du 20 avril.
(14 mai) Lors d'une allocution radio-télévisée, Charles Konan Banny confirme le début des audiences foraines et du pré-regroupement des combattants dans une phase pilote. Au cours des audiences foraines, les magistrats et les fonctionnaires de l'état civil délivreront, après audition des notables locaux et sur la foi de témoins, des actes de naissance aux personnes de plus de 13 ans sans papiers ayant pu prouver leur naissance dans la localité concernée. Ces opérations-pilote se feront simultanément dans sept villes choisies (Bangolo, Botro, Bouna, Méagui, Port-Bouët, Sandégué et Tiapoum).
(16 mai) Dans une déclaration, les partisans du chef de l'Etat, Laurent Gbagbo, regroupés au sein du Congrès national de la résistance pour la démocratie (Cnrd), remettent en cause la concomitance des processus de DDR et d'identification et appellent à des actions pour "s'opposer de façon résolue à toute opération d'identification avant le désarmement et la réunification du pays".
(17 mai) Publication du rapport de l'International crisis group (ICG) : Côte d'Ivoire: La paix comme option. L'ICG note que des progrès vers la paix ont été réalisés : "Le gouvernement a organisé les examens scolaires reportés depuis deux ans dans le nord. Le dialogue politique a été relancé par le sommet du 28 février 2006 [retardé au 1er mars] qui a réuni les quatre acteurs majeurs du conflit autour du premier ministre. La Commission électorale indépendante (CEI) a débuté ses activités. Guillaume Soro, le leader des FN, est revenu à Abidjan pour assumer ses responsabilités ministérielles. Les partis politiques se préparent en vue d'une élection dont beaucoup doutent qu'elle puisse se tenir à bonne date. Et le dialogue militaire a finalement repris entre les forces belligérantes, avant d'être à nouveau suspendu". Malgré tout il ne faut pas céder à "un optimisme excessif" car " les progrès sont loin d'être irréversibles".
(18-24 mai) Déroulement de la phase pilote des audiences foraines sur les 7 sites initialement prévus: 3137 personnes ont obtenu un certificat de nationalité.
(25 mai) Publication du rapport de Human rights watch (HRW) : " Parce qu'ils ont des fusils… il ne me reste rien ". Selon HRW, " ce rapport décrit les atteintes aux droits humains commises contre des civils par les forces de sécurité gouvernementales, les forces des milices et par les Forces Nouvelles entre novembre 2005 et mars 2006, et sert à illustrer le coût humain de l'échec à aborder l'impunité et l'anarchie en Côte d'Ivoire ".
(1er juin) A l'issue d'une réunion tenue à Yamoussoukro, les états-majors des forces armées loyaliste et des forces nouvelles annoncent le début du désarmement à partir du 8 juin. Le "général" Soumaïla Bakayoko a en outre exigé "que tous les combattants (rebelles) soient identifiés" et que la carte nationale d'identité leur soit octroyée.
(7 juin) Un nouveau parti politique, l'Union nationale des Ivoiriens du Renouveau (UNIR) proche d'Ibrahim Coulibaly (IB), annonce sa volonté de mettre en place en Côte d'Ivoire une troisième République fondée sur une nouvelle Constitution moins conflictuelle.
(13 juin) Publication d'un décret présidentiel interdisant les marches, les sit-in et les autres manifestations sur la voie publique sur toute l'étendue du district d'Abidjan, pour la période du 14 juin au 14 décembre 2006. Néanmoins, les réunions et les manifestations organisées par les partis politiques ou associations légalement constituées échappent aux dispositions du décret, à condition toutefois, précise le texte, qu'elles se déroulent dans des lieux clos, après avoir été préalablement déclarées auprès du ministère de l'Intérieur.
(14-15 juin) Visite de Laurent Gbagbo au Tchad.
(15 juin) Le général de division Antoine Lecerf prend officiellement le commandement des soldats de la force française Licorne, en remplacement du général Elrick Irastorza, appelé à d'autres fonctions. Alfred Guéméné, président du Collectif des syndicats du secteur Education-Formation, annonce la mise en grève illimitée des enseignants du préscolaire, du primaire et du secondaire pour de meilleures conditions de travail et une augmentation des salaires. Le gouvernement adopte le projet de budget de l'Etat pour l'année 2006 qui s'élève à 1965,3 milliards de FCFA, en hausse de 13,3% par rapport à 2005.
(20 juin) Le gouvernement décide la réouverture des marchés de volailles fermés depuis la découverte le 3 mai de deux foyers de grippe aviaire à Abidjan et dans sa banlieue.
(23 juin) A l'issue de deux jours de concertation, les députés de l'opposition réunis au sein du Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP) décident de siéger à nouveau à l'Assemblée nationale dont ils boycottaient les travaux depuis janvier 2006. Cette décision fait suite à celle du président de l'Assemblée nationale (Mamadou Koulibaly) de suspendre, au mois de mai, les émoluments des députés absents ainsi qu'à la menace de leur radiation le 1er juin, s'ils poursuivaient leur boycott.
(27 juin) Selon le Trésor public, la normalisation de la situation socio-politique et des financements externes devrait permettre d'atteindre des taux de croissance économique de 2,4 %, 3,5% et 5,1 % respectivement en 2007, 2008 et 2009.
(30 juin) Lancement à Yamoussoukro du Forum de dialogue national, par le Premier ministre Konan Banny, à la Fondation Félix Houphouët Boigny pour la recherche de la paix, en présence des membres du gouvernement et des principaux partis politiques, à l'exception du Front populaire ivoirien (FPI). Ce forum national se déroulera en trois phases : (i) la phase de lancement, (ii) la phase de terrain qui permettra d'expliquer et de recueillir les propositions et (iii) les assises du forum qui seront sanctionnées par la production d'un document contenant les recommandations des populations. Un comité de suivi sera mis sur pied pour veiller à l'application de toutes les décisions.
(3 juillet) En 2005, les recettes générées par le droit unique de sortie (DUS) (taxe à l'exportation sur le café, le cacao et le bois) se sont élevées à 262,7 milliards de FCFA contre 316 milliards en 2004, soit une chute de 17%. Le gouvernement prévoit une amélioration des recettes pour l'année 2006 grâce aux bonnes performances du secteur pétrolier. En effet, en 2005, pour la quatrième année consécutive, le secteur pétrolier a connu une forte progression (+83,2%), avec un niveau record de production de 14,5 millions de barils. Cette performance a permis à l'Etat de percevoir des recettes d'un montant de 47,9 milliards de FCFA au cours de l'année écoulée.
(5 juillet) Réunion à Yamoussoukro entre Kofi Anan secrétaire général de l'Onu, plusieurs dirigeants africains et les acteurs de la crise pour évaluer la situation en Côte d'Ivoire. Le communiqué final fixe le début des "audiences foraines" au plus tard le 15 juillet, demande " la publication d'un décret présidentiel d'ici le 15 juillet, autorisant la commission électorale indépendante (CEI) à procéder à tout ajustement nécessaire du code électoral pour les élections de transition " et prévoit d'examiner mi-septembre une éventuelle prolongation du mandat du président Gbagbo après le 31 ocobre.
(7 juillet) L'Union européenne (UE) accorde une subvention de 7,2 milliards de FCFA (11 millions d'euros) à l'appui de l'organisation des "audiences foraines" (le processus d'identification des populations).
(11 juillet) Redressement du trafic du port d'Abidjan dont le volume de manutention a atteint 18,6 millions de tonnes en 2005 contre 17,7 millions en 2004. Malgré une baisse du trafic navires de 8,8% (2928 escales en 2005, contre 3210 en 2004), le port d'Abidjan a réussi à maintenir ses principales activités d'exportation : cacao, coton, fruits, caoutchouc brut, sucre et bois. En revanche, le trafic conteneurisé est passé de 669 843 tonnes en 2004 à 571 674 en 2005, en baisse de 14,6%. Le transit a bénéficié de la réouverture de la ligne ferroviaire Abidjan-Ouagadougou et a atteint 750 000 tonnes en 2005, après être tombé à 200 000 tonnes en 2002. Les exportations de pétrole ont augmenté de 37% en 2005.
(13 juillet) Le Front populaire ivoirien (FPI) déclare son opposition au démarrage des "audiences foraines" dénonçant un "passage en force" du gouvernement pour organiser "la fraude électorale". Mise en place du Groupe de Suivi de la mise en oeuvre du programme Désarmement, Démobilisation et Réinsertion (DDR) et Démantèlement, Désarmement des milices. Le Groupe est composé des Chefs d'Etat Major des Forces de Défense et de Sécurité (FDS), des Forces Armées des Forces Nouvelles (FAFN) du Coordinateur Général du Programme National de Désarmement, Démobilisation et Réinsertion(PNDDR) ainsi que des Commandants des Forces de l'ONUCI et de la Licorne.
(19 juillet) Les "jeunes patriotes", partisans de Laurent Gbagbo, paralysent Abidjan en érigeant des barricades pour protester contre les audiences foraines (destinées à identifier les populations) qui seraient entachées de fraudes. Par leur action, les patriotes lancent un "avertissement" au Premier ministre Charles Konan Banny. Le Conseil de sécurité de l'Onu adresse un nouvel avertissement à tous ceux qui feraient obstacle au processus de paix en Côte d'Ivoire en les menaçant de "sanctions ciblées".
(20 juillet) Levée des barricades dressées la veille à Abidjan. Réunion du groupe de travail international (GTI) qui dénonce les oppositions et les entraves à l'organisation des "audiences foraines", et avertit qu'il transmettra ses conclusions "à l'appréciation du comité des sanctions (mis en place par l'Onu) afin qu'il puisse prendre les mesures appropriées contre les auteurs et les commanditaires de ces incidents". Dans un communiqué, les partisans de Laurent Gbagbo, réunis au sein du Congrès National de la Résistance pour la Démocratie (CNRD), dénoncent la fraude qui caractérise les audiences foraines, considérées comme "un nouveau coup d'Etat électoral". Lors d'une réunion tenue à Paris, M. Habib Ouane (chef de Division chargé des PMA à la CNUCED) déclare : "La persistance de la crise a de lourdes conséquences sur l'économie ivoirienne. Au rythme où vont les choses, si rien n'est fait le pays devrait passer dans la catégorie des PMA" (pays les moins avancés).
(23 juillet) Le président du directoire du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), Alphonse Djédjé Mady demande aux militants de l'opposition de "débloquer les audiences foraines par tous les moyens". Le Parti ivoirien des travailleurs (PIT) réclame une pause dans le processus des audiences foraines. Création d'un nouveau parti politique : l'Union républicaine pour la démocratie (URD) par l'ancienne ministre de la Communication, Danielle Boni Claverie. Ce parti demande que les audiences foraines soient différées. De violents affrontements, entre jeunes patriotes opposés à la tenue des audiences foraines et militants de l'opposition qui sont favorables à ladite tenue, se sont déroulés le 22 et le 23 juillet à Divo. Sur 50 sites devant accueillir les audiences foraines, 43 seraient opérationnels, 27 sites auraient fonctionné correctement, 16 sites auraient été perturbés par des violences et 7 sites doivent débuter leur activité le 24 juillet. Concernant les 27 sites dont l'activité s'est déroulée dans de bonnes conditions, 18 sont situés en zone "rebelle", 2 en zone de confiance et 7 en zone gouvernementale.
(24 juillet) Au cours d'une allocution télévisée, le Premier ministre Charles Konan Banny déplore les violences autour des audiences foraines : "rien ne justifie et ne justifiera qu'on puisse ôter la vie à son prochain. Surtout pas l'opération des audiences foraines". Il tente de balayer les arguments du FPI et des jeunes patriotes concernant la fraude. A propos du processus DDR, Konan Banny informe que "du côté des Forces de défense et de sécurité, les 35 sites de pré-regroupement ont reçu des ex-combattants. Du côté des Forces Nouvelles, les Ivoiriens doivent savoir que les 50 sites de pré-regroupement ont aussi reçu des ex-combattants. Pour ce qui concerne les 50 sites, il s'agit d'un effectif de 33000 ex-combattants. Donc le pré-regroupement est achevé". Il affirme enfin sa détermination à poursuivre les audiences foraines.
(26 juillet) Désarmement des milices : 150 ex-combattants (sur 2000 recensés) déposent les armes dans la région ouest, contrôlée par les forces gouvernementales. Ce sont les premiers miliciens à désarmer avant la date limite fixée au 7 août.
(2 août) Adoption en conseil des ministres du "Guide pratique des audiences foraines". Dans son point 13, le guide stipule : "les personnes de nationalité ivoirienne bénéficiaires des jugements supplétifs d'acte de naissance obtenus dans le cadre des audiences foraines et celles de nationalité ivoirienne déjà en possession de leur acte de naissance, désireuses d'obtenir un certificat de nationalité, pourront s'adresser au Président du tribunal ou au juge de section, selon les modalités habituelles prévues par le Code de la Nationalité et la circulaire d'application N° 31/MJ/CAB3 du 25 avril 1962". En d'autres termes, les audiences foraines ne pourront plus délivrer de certificats de nationalité, elles ne délivreront que des jugements supplétifs.
(4 août) Les Nations unies et l'armée ivoirienne annoncent l'interruption du processus de désarmement des milices de l'ouest, en raison du faible nombre d'armes récupérées.
(5 août) Laurent Gbagbo signe un décret portant nomination de nouveaux présidents de juridictions (127 magistrats), notamment appelés à remplacer les magistrats désignés pour superviser les audiences foraines. Selon certains magistrats, cette décision viole la Constitution (article 106) ainsi que le statut de la magistrature : "ces nominations illégales, [sont] plutôt guidées par le souci de placer des hommes en mission politique que d'assurer une bonne administration de la Justice". Il s'agit de "nommer des magistrats proches du régime, dans le cadre des opérations des audiences foraines".
(6 août) A la veille de la fête de l'indépendance, Laurent Gbagbo prononce un discours dans lequel il déclare que les audiences foraines ne peuvent pas délivrer de certificats de nationalité : "aucun certificat de nationalité ne sera délivré [...] au cours des présentes audiences foraines". De plus, il n'est pas question de créer une nouvelle liste d'électeurs, mais simplement de mettre à jour l'ancienne (qui date de 2002) : "aucune liste nouvelle d'électeurs ne sera créée". Enfin, Laurent Gbagbo affirme qu'il restera au pouvoir jusqu'aux prochaines élections, quelle que soit leur date.
(8 août) En réaction au discours du Président, la rébellion décide de suspendre sa participation au dialogue militaire sur le désarmement pour protester contre le "changement des règles du jeu" sur l'identification des populations. Selon Guillaume Soro, "les Forces nouvelles n'entendent plus continuer de souscrire à un processus factice et hypocrite". De plus, "il ne sera pas question pour les Forces nouvelles d'accepter une quelconque prolongation du mandat de M. Laurent Gbagbo".
(9 août) M. Paolo Gomez, administrateur de la Banque mondiale pour l'Afrique, rencontre le chef de l'Etat et le Premier ministre à Abidjan. Au 15 juin, le cumul des arriérés de la Côte d'Ivoire vis-à-vis de la Banque mondiale s'élevait à de 310 millions de dollars (environ 155 milliards de FCFA).
(14 août) Lors d'une conférence de presse, Alphonse Djédjé Mady, Président du Directoire du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (RHDP), "dénonce les tentatives de blocage du processus de paix par M. Laurent Gbagbo. Le RHDP dénonce et condamne la volonté affirmée par le Chef de l'Etat dans son discours à la nation (du 6 août), de confisquer le pouvoir d'Etat sans recourir à des élections"… "Le RHDP refuse toute idée de prorogation du mandat de Laurent Gbagbo au-delà du 31 octobre 2006 et exige la poursuite des audiences foraines". Le RHDP "affirme qu'il n'acceptera pas de liste électorale, autre que, celle validée par la Commission électorale indépendante (CEI)" car si Laurent Gbagbo souhaite confier la mission de mettre à jour les listes électorales à l'Institut national de la statistique (INS) c'est parce que "le Président du Conseil d'Administration, le Directeur Général, le Directeur des Opérations de l'INS sont membres du Comité Central du Front Populaire Ivoirien (FPI)". Selon la Caisse nationale de prévoyance sociale (Cnps), le nombre d'entreprises en activité est passé de 23476 à la fin décembre 2003, à 14928 à la fin décembre 2005. Au cours de cette période, la production a connu une baisse de l'ordre de 35%. D'après la Cnps, les destructions d'emplois salariés sont passées de 23476 en 2003 à 40416 en 2004.
(17 août) Réunis à Daoukro, les dirigeants du G7 (Henri Konan Bébié, Président du PDCI-RDA, Alassane Dramane Outtara, Président du RDR, Guillaume Soro, Secrétaire Général des Forces Nouvelles, Mabri Toikeuse, Président de l'UDPCI, Anaky Kobenan, Président du MFA) "dénoncent et condamnent avec fermeté les nombreuses entraves au processus de paix suscitées par le chef de l'Etat, Laurent Gbagbo, son Parti, le FPI et leurs partisans". Ils "rejettent toute idée de prorogation du mandat de Monsieur Laurent Gbagbo au-delà du 31 octobre 2006". Ils exigent la poursuite des audiences foraines conformément aux modalités définies lors de la réunion du 5 juillet 2006.
(18 août) Obsèques du général Robert Guéï assassiné le 19 septembre 2002.
(20 août) Réunies en conclave à Bouaké, les forces nouvelles dénoncent "le tandem" Laurent Gabgbo et Charles Konan Banny et regrettent que ce dernier ne tienne pas son rôle "d'arbitre impartial" et fasse trop de "concessions" au pouvoir.
(22 août) Lancement officiel des missions de paix à l'intérieur du pays : "les missions de paix constituent la première étape du forum de dialogue national. Elles visent à écouter puis à rassurer les populations. Elles visent à les faire passer du statut de passifs à celui d'acteurs du processus de paix". 5 équipes sur 70 ont effectivement "pris le départ".
(23 août) A l'issue d'une rencontre avec Laurent Gbagbo, Pierre Schori, représentant spécial du secrétaire général de l'Onu, annonce le report probable de l'élection présidentielle pour des raisons techniques : "il n'est techniquement plus possible d'organiser ces élections, car l'identification et l'enregistrement des listes électorales ne sont pas terminés". Pierre Schori précise que la réunion de l'Onu du 15 septembre qui doit envisager l'après 31 octobre 2006 : "n'est pas pour décider du départ ou du maintien du président Gbagbo au pouvoir". "Cette rencontre permettra d'évaluer le progrès fait dans le processus de paix et si possible de donner un coup d'accélérateur à la feuille de route, si des blocages sont constatés". Publication officielle d'une lettre (envoyée le 17 août) co-signée par Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara à l'attention de Kofi Annan et Thabo Mbéki stipulant : "compte tenu des manquements répétés du chef de l'Etat aux différents accords et de sa volonté affichée d'entraver le processus de paix, nous sommes fondés "à demander "qu'il soit désormais explicitement interdit au chef de l'Etat de prendre tout acte engageant la vie de la nation".
(24 août) En réponse à la lettre publiée la veille par l'opposition, Laurent Gbagbo rejette toute idée de limitation de ses pouvoirs par l'Onu.
(26 août) Les Forces nouvelles interdisent l'accès du territoire qu'ils contrôlent aux délégations des missions de paix dépêchées par le Premier ministre.
(28 août) A l'issue de la conférence annuelle des ambassadeurs de France à l'étranger tenue à Paris, Jacques Chirac déclare : "en Côte d'Ivoire, il n'y a pas d'autre sortie de crise que des élections ouvertes et sincères fondées sur des listes électorales renouvelées".
(29 août) A l'issue d'une rencontre à Paris avec Jacques Chirac, le président Omar Bongo propose un plan de sortie de crise pour la Côte d'Ivoire. Une transition de deux ans gérée par un exécutif collégial : Laurent Gbagbo au poste de président de la République ; Alassane Ouattara, vice-président ; Henri Konan Bédié, président de l'Assemblée constituante et Guillaume Soro, Premier ministre. Laurent Gbagbo dévoile sa position concernant les listes électorales : "la liste électorale est déjà établie, mais on va la mettre à jour parce qu'une liste électorale, on ne la fait pas quand les élections arrivent. Elle est permanente. Donc, on ne fait pas une nouvelle liste électorale".
(31 août - 1er septembre) Violents affrontements au cours d'une expédition punitive menée par des policiers contre des étudiants sur le campus de l'université de Cocody (3 morts et plusieurs blessés graves).
(5 septembre) Le sommet de Yamoussoukro réunissant le Premier ministre Charles Konan Banny, le président Laurent Gbagbo, ses opposants Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié et le chef de la rébellion, Guillaume Soro n'a pas abouti à un accord sur le désarmement et l'actualisation des listes électorales.
(6 septembre) Démission du gouvernement suite au "scandale des déchets toxiques". (400 tonnes ?) de déchets toxiques déchargés au port d'Abidjan par le Probo Koala, un navire sous pavillon panaméen, ont été ensuite déversés dans des décharges d'Abidjan par une société ivoirienne (Tommy) dans la nuit du 19 au 20 août. Le porte-parole du gouvernement, Hubert Oulaye annonce le décès d'une troisième personne et confirme que plus de 1.500 personnes intoxiquées ont été reçues dans les différents établissements de santé d'Abidjan.
(7 septembre) Dans un document publié ce jour, l'International Crisis Group (ICG) déclare : "En l'absence de nouvelles règles pour l'après 31 octobre 2006 et sans la mise en œuvre simultanée de tous les moyens de pression individuels sur les responsables politiques qui s'efforcent d'entraver l'organisation d'élections "propres", aucun gouvernement de transition ivoirien ne pourra organiser un scrutin présidentiel dans un avenir proche. Le règlement de la crise ne sera qu'une illusion et les 37 millions de dollars dépensés chaque mois pour l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) ne seront qu'un gâchis. À terme, la communauté internationale n'aura alors le choix qu'entre deux options: un retrait politique et militaire, qui laisserait aux ivoiriens le soin de résoudre leurs différends comme ils l'entendent (probablement par une violence qui n'épargnerait aucun des pays voisins) ou, au contraire, la prise en charge intégrale du processus électoral, dans ce qui ressemblerait à une mise sous tutelle temporaire".
(8 septembre) Au terme de sa réunion, le Groupe de travail international (GTI) reconnaît l'échec de la mise en œuvre de la résolution 1633 et demande au Conseil de sécurité de mettre en place "de nouveaux arrangements institutionnels et de gouvernance pour la période postérieure au 31 octobre".
(12 septembre) A l'issue d'une visite de 3 jours à Abidjan, Denis Sassou N'Guesso, président de l'Union Africaine, constate le désaccord persistant de la classe politique sur le mode de sortie de crise : "nous sommes au regret de dire qu'au moment où nous partons d'Abidjan, les questions d'identification qui sont elles-mêmes liées à celles du désarmement ne trouvent pas encore solution". Trois semaines après le déversement de déchets toxiques dans des décharges autour d'Abidjan, on enregistre 7 morts et 10 000 consultations dans les établissements de santé pour vomissements, nausées, ou difficultés respiratoires.
(14 septembre) Lors d'un discours devant les militaires, Laurent Gbagbo fustige la communauté internationale (et particulièrement le GTI) en l'accusant d'être responsable de l'échec du processus de paix en Côte d'Ivoire. En conséquence Laurent Gbagbo déclare qu'il ne participera pas à la réunion prévue le 20 septembre au siège des Nations Unies à New York : "je n'irai pas à New York et n'y enverrai aucune délégation. Je ne veux pas cautionner la mascarade".
(16 septembre) Nomination d'un nouveau gouvernement : La plupart des membres de l'ancienne équipe sont reconduits. Seuls, deux ministres ne le sont pas : Anaky Kobenan, ministre des Transports (Mouvement des forces d'avenir, MFA), et Jacques Andoh (Parti ivoirien des travailleurs, PIT), ministre de l'Environnement, à la suite du scandale des déchets toxiques déversés à Abidjan. Ils sont respectivement remplacés par Abdel-aziz Thiam, directeur général de la Société ivoirienne des chemins de fer (Sitarail) et par Daniel Aka Ahizi (PIT). Le nombre de membres du gouvernement passe de 32 à 36 du fait de la création de deux ministères : des Droits de l'Homme (Joel N'Guessan) et de l'Administration du territoire (Cheik Daniel Bamba), issus de la scission du ministère de la Justice, pour le premier et du ministère de l'Intérieur, pour le second. On note la création de deux nouveaux secrétariats d'Etat : à la "bonne gouvernance" (Ginette Yoman) et à la protection civile (Yao Kouassi Noël).
(19 septembre) Publication du rapport d'Amnesty international : "Côte d'Ivoire. Affrontements entre forces de maintien de la paix et civils : leçons à tirer". Ce document tente de dresser le bilan et de dégager les responsabilités des "attaques dont ont été victimes les opposants politiques ivoiriens et les ressortissants français au cours des événements de novembre 2004 à Abidjan ainsi que celles dirigées contre les membres et les bâtiments de l'Onuci en janvier 2006". Amnesty recommande des suppléments d'enquête aux différentes parties intéressées : gouvernement ivoirien, France et Onu. Dans une interview au quotidien Le Monde, Laurent Gbagbo affirme que le temps des négociations "est terminé" et déclare ne plus attendre la paix des casques bleus de l'ONU et des soldats français de l'opération Licorne qu'il accuse de "légèreté" et de "parti pris" : "s'ils veulent partir, qu'ils partent".
(20 septembre) Après le mini-sommet de l'Onu, Jean-Marie Guéhenno, chargé des opérations de maintien de la paix, confirme que les élections en Côte d'Ivoire ne pourront avoir lieu avant le 31 octobre, en raison de "l'existence de blocages graves". Il déclare que "la réunion que nous avons tenue n'était pas une réunion de décision. Les décisions seront prises par la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao), l'Union africaine et en dernier ressort par le Conseil de sécurité". Ainsi, la Cedeao devrait reprendre le dossier en main et transmettre son avis à l'Union Africaine qui se réunira le 4 octobre prochain. Enfin, vers la mi-octobre le Conseil de sécurité devrait se réunir pour proposer et adopter une nouvelle résolution.
(6 octobre) Pour les chefs d'Etat de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao), réunis à Abuja, la résolution 1633 constitue "le cadre idéal du règlement de la crise ivoirienne". Devant les blocages dans son application, ils demandent au Conseil de sécurité de lOnu de "prendre les mesures appropriées". La Cedeao exprime son soutien "à l'Onuci et aux forces françaises" de l'Opération Licorne. ainsi que sa "satisfaction" dans l'application de la "feuille de route" de la transition par le Groupe international de travail (GTI) chargé de veiller au bon déroulement de cette transition. Enfin, les chefs d'Etat ont décidé de soumettre leurs recommandations au Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union Africaine (UA) lors de sa réunion mi-octobre à Addis Abeba.
(8 octobre) Le Front populaire ivoirien (FPI), par la voix de son président Pascal Affi N'Guessan, demande la dissolution du Groupe de travail international (GTI) et le départ de la force française Licorne.
(13 octobre)
Le ministre de la santé fait état de 10 morts et de 69 hospitalisations suite à la pollution engendrée par le déversement de déchets toxiques en provenance du Probo-Koala.
(14 octobre)
Au titre du 10ème Fonds européen de développement (FED), l'Union européenne alloue à la Côte d'Ivoire une enveloppe de 143 milliards de francs CFA (218,4 millions d'euros) pour la période 2008-2013. Cette enveloppe est destinée à "promouvoir une bonne gouvernance économique et politique" (32,8 millions d'euros) et à "consolider la paix, la cohésion sociale et les infrastructures" (152 millions d'euros). Le solde (32,8 millions d'euros) doit appuyer plusieurs programmes : de développement des filières agricoles, de l'intégration régionale, de la coopération technique et du soutien à la société civile.
(17 octobre)
L'Union africaine (UA) décide de reconduire pour une période "n'excédant pas douze mois" le président ivoirien Laurent Gbagbo et le Premier ministre Charles Konan Banny qui bénéficiera de pouvoirs encore plus élargis.
(18 octobre)
L'Union africaine, par la voie de son président Denis Sassou-N'Guesso, annonce la fin de la médiation du président sud-africain Thabo Mbeki.
(27 octobre)
Paris annonce que les déchets toxiques ivoiriens seront traités en France.
(31 octobre)
A l'unanimité de ses quinze membres, le Conseil de sécurité des Nations unies adopte la résolution 1721 qui proroge d'un an le mandat du chef de l'Etat Laurent Gbagbo, ainsi que celui du Premier ministre Charles Konan Banny qui devra disposer de "toutes les ressources financières, matérielles et humaines voulues et une autorité totale et sans entraves".
(2
novembre) Laurent Gbagbo réagit à la résolution 1721 : "toutes les atteintes contenues ça et là encore dans le texte de la Résolution et qui constituent des violations de la Constitution de la République de Côte de d'Ivoire ne seront pas appliquées".
(3 novembre)
Philippe Mangou, chef d'Etaf-major de l'armée ivoirienne, réaffirme son soutien au président Laurent Gbagbo : "les Forces de défense et de sécurité (FDS) de Côte d'Ivoire vous apportent leur soutien en votre qualité de Président de la République, chef suprême des armées". Cette déclaration va à l'encontre de la résolution de l'ONU qui affirme l'autorité du Premier ministre sur les forces de sécurité.
(6 novembre)
L'Indice de Perception de la Corruption (IPC) 2006, publié par Transparency International (TI), place la Côte d'Ivoire en 151 ème position (avec un score de 2,1) sur 163 pays.
(22 novembre)
La Commission d'enquête sur l'affaire des déchets toxiques remet son rapport au Premier ministre Charles Konan Banny. Ce document met en lumière la chaîne des responsabilités tant au niveau étatique que privé.
(23 novembre)
Au cours d'une interview accordée à la Radio télévision ivoirienne, Pierre Schori (représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies en Côte d'Ivoire) admet le relatif échec de la communauté internationale dans la résolution de la crise, malgré "17 résolutions du Conseil de sécurité et une vingtaine de déclarations du président du Conseil de Sécurité". Pierre Schori précise que la résolution 1721 prévoit un bilan de la situation "le 1er février, et un autre en mai/juin". "Et, si la communauté internationale par le biais du GTI, de la CEDEAO et de l'Union Africaine [qui sont dans le GTI], voient que cela n'avance pas assez vite ou qu'il y a des problèmes, alors ils doivent envoyer des recommandations au Conseil de sécurité… pour faire accélérer ou prendre d'autres mesures".
(26 novembre)
Laurent Gbagbo signe huit décrets et réhabilite dans leurs fonctions trois hauts fonctionnaires suspendus au mois d'octobre par le Premier ministre, et mis en cause par le rapport de la commission d'enquête sur le scandale des déchets toxiques déversés à Abidjan en septembre dernier. Les trois hauts fonctionnaires qui seront officiellement réintégrés dans leurs fonctions le 16 décembre sont : Gnamien Konan, Marcel Gossio et Pierre Amondji, respectivement directeur général des Douanes, directeur du port autonome d'Abidjan et gouverneur du district d'Abidjan.
(27 novembre)
A Yamoussoukro, le premier ministre Konan Banny déclare rejeter la décision du président Gbagbo de réintégrer trois responsables mis en cause dans l'affaire des déchets toxiques. Les partis politiques d'opposition, soutenus par une partie de la population, dénoncent également cette décision.
(28 novembre)
Jugeant qu'en diffusant la veille le message "séditieux" de Konan Banny, la Radio télévision ivoirienne (RTI) avait commis une "faute grave", Laurent Gbagbo prend deux décrets révoquant son directeur général, Kébé Yacouba, et dissolvant son conseil d'administration. Le nouveau directeur général de la RTI est Pierre Brou Amessan.
(30 novembre)
Manifestations, rapidement dispersées par la police, à Abidjan, Toumodi, Yamoussoukro et Dabou, contre les décrets du Président Gbagbo. L'intervention des forces de l'ordre s'est soldée par un mort et une dizaine de blessés.
(1er Décembre)
A l'issue de sa réunion, le Groupe de travail international (GTI) exprime sa "profonde inquiétude" en raison du "retard" du processus de paix et de la "détérioration du climat politique". Le GTI apporte son soutien au Premier ministre Charles Konan Banny.
(5 Décembre) Pour disperser des manifestations de protestation contre l'obstruction faite par Laurent Gbagbo à l'action du premier ministre, les forces de sécurité tirent sur la foule et tuent deux personnes à Agnibilékrou et dans le quartier de Koumassi à Abidjan.
(12 Décembre) Le colonel Babri Gohourou, porte-parole des forces armées nationales de Côte d'Ivoire (Fanci), déclare que l'armée a déjoué une tentative imminente de coup d'Etat visant à assassiner le Président Laurent Gbagbo et plusieurs hauts responsables de la hiérarchie militaire.
(13 Décembre) Lors des festivités marquant le 46ème anniversaire de la Société des transports abidjanais (SOTRA), Laurent Gbagbo déclare sa détermination à rester à la tête de l'Etat malgré les tentatives de coups d'Etat : "Depuis quatre ans, vous avez essayé de faire des coups d'Etat, ça n'a pas marché!". Par ailleurs, Laurent Gbagbo affirme qu'il veillera au strict respect de la Constitution, seule voie pour assurer la stabilité politique. Enfin, Laurent Gbagbo interdit par décret (n°2006-409), pour une période de 7 mois, les marches et les manifestations sur la voie publique. Le décret stipule : " les marches, sit-in et autres manifestations sur la voie publique sont interdits sur toute l'étendue du District d'Abidjan pour la période allant du 15 décembre 2006 au 15 juin 2007 ". Charles Konan-Banny affirme qu'il n'est pas concerné par les accusations de tentative de coup d'Etat.
(15 Décembre) Le Conseil de sécurité des Nations unies prolonge le mandat des forces de paix en Côte d'Ivoire (onusienne et française) jusqu'au 10 janvier 2007.
(19 Décembre) Lors d'une allocution télévisée, Laurent Gbagbo dévoile son plan de paix. Il se déclare "prêt à discuter dès ce soir et directement avec la rébellion" des Forces nouvelles (FN) en vue du désarmement et de la réunification du pays. Il suggère "la suppression de la zone de confiance" qui, "pose plus de problèmes qu'elle n'apporte de solutions" car elle "constitue un obstacle physique à la réunification du pays". Laurent Gbagbo formule trois propositions complémentaires : "une amnistie générale", "la création d'un service civique national" et "la mise en place d'un programme d'aide aux déplacés de guerre".
(26 Décembre) Arrivée au Havre du cinquième et dernier navire chargé des déchets toxiques ivoiriens.
(31 Décembre) Lors de la présentation de ses vœux à la nation, Laurent Gbagbo déclare à propos du scandale des déchets toxiques que "ce crime ne restera pas impuni". Concernant la crise, Laurent Gbagbo renouvelle son appel à "un dialogue particulier et spécifique avec ceux qui ont pris les armes" pour "pour sortir de la guerre et de la crise par la démocratie. C'est pourquoi je plaide depuis toujours pour les élections". Laurent Gbagbo "demande encore une fois ce soir à ceux qui ont pris les armes de les déposer, de venir au dialogue". Sur le plan économique : "il est réconfortant de constater que notre économie résiste toujours, [mais] des signes d'essoufflement sont perceptibles". Pour 2006, la croissance économique devrait être supérieure à 1% (contre 1,8 en 2005).

2007

(1er janvier) Dans un discours prononcé à Bouaké, Guillaume Soro, leader des Forces nouvelles, rejette la proposition de Laurent Gbagbo d'un dialogue direct avec la "rébellion" : "aucun dialogue ne peut être envisagé en dehors de la résolution 1721". Soro lance également un appel à l'union de l'opposition au sein du G7. Il appelle ses alliés du RHDP "à se débarrasser du complexe de la rébellion" car "seule une opposition unie, dans une alliance structurée avec des objectifs communs et précis peut constituer la véritable alternative en Côte d'Ivoire".
(4 janvier) Après plus de deux mois de grève déclenchée par les syndicats de l'enseignement primaire public pour réclamer à l'Etat le versement d'une indemnité de logement, la reprise des activités scolaires s'effectue ce jour. Les techniciens et ingénieurs de santé entrent en grève. Leurs revendications portent sur la revalorisation de l'indemnité paramédicale, l'ouverture au titre de l'an 2007 du concours professionnel d'accès aux fonctions d'ingénieurs de service de santé, l'octroi d'une indemnité de logement et d'une indemnité de risques professionnels.
(9 janvier) La rencontre entre les responsables de la rébellion et l'opposition ivoiriennes prévue jeudi 11 janvier à Bouaké a été reportée à une "date qui sera précisée", annonce la rébellion des Forces nouvelles (FN) dans un communiqué. "La rencontre prévue entre les leaders du G7 aura lieu prochainement à Bouaké à une date qui sera précisée".
(10 janvier) Le Conseil de sécurité des Nations unies prolonge le mandat de la mission de l'ONU en Côte d'Ivoire ainsi que de la force "Licorne", jusqu'au 30 juin.
(11 janvier) Le Premier Ministre Charles Konan Banny procède officiellement à l'installation des membres de la Commission Nationale des Droits de l'Homme de Côte d'Ivoire (CNDH CI) dans leur fonction. La création de cette commission est prévue par les Accords de Paix relatifs à la crise ivoirienne. L'Union européenne (UE) annonce l'octroi à la Côte d'Ivoire de 67,6 milliards de FCFA (103 millions d'euros) pour appuyer le processus de sortie de crise, notamment l'organisation des élections et le désarmement.
(12 janvier) A l'issue de la 12e réunion mensuelle du Groupe de travail international (GTI), le communiqué final "constate une impasse totale" "due principalement au refus de certaines parties ivoiriennes d'accepter et d'appliquer la résolution 1721". Le GTI conseille au Conseil de sécurité "d'exhorter" la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cedeao) et de l'Union africaine (UA) à réunir "dès que possible, les parties ivoiriennes afin de débloquer la situation et de relancer la mise en œuvre de la résolution 1721". De plus, le GTI suggère au Conseil de sécurité : "d'envoyer une mission ad hoc en Côte d'Ivoire en vue d'appuyer l'action des dirigeants africains et d'obtenir le ferme engagement des parties ivoiriennes d'appliquer la résolution 1721 dans son intégralité". Guillaume Soro invité à la réunion du GTI, "s'est dit disposé à accepter l'offre de dialogue direct" proposée fin décembre par Laurent Gbagbo, "à condition que ce dialogue soit un mécanisme pour accélérer l'application de la résolution 1721". Une attaque perpétrée par des éléments non identifiés, dans la nuit du 11 au 12 janvier dans la localité de Noé, à la frontière entre le Ghana et la Côte d'Ivoire, a fait 5 morts dont 3 dans les rangs des Forces de défense et de sécurité (FDS), et 2 du côté des assaillants.
(13 janvier) M. James Bond, directeur des opérations de la Banque mondiale en Côte d'Ivoire, déclare à la presse : "Nous avons commencé un audit sur la gestion des ressources telles que le cacao ou le pétrole. Il s'agit d'une question importante car la Côte d'Ivoire n'a actuellement pas assez de ressources fiscales pour financer les programmes d'Etat".
(17 janvier) Plus de deux mois et demi après l'adoption de la résolution 1721 par le Conseil de sécurité de l'Onu, se déroule le premier conseil des ministres. On note l'absence de 8 ministres (dont le ministre d'Etat Guillaume Soro).
(18 janvier) Réunion à Abidjan des leaders du G7 (Henri Konan Bédié du PDCI-RDA, Alassane Ouattara du RDR, Innocent Anaky Kobena du MFA et Albert Mabri Toikeusse de l'UDPCI et Guillaume Soro Kigbafori des Forces nouvelles). "Les leaders du G7 ont marqué leur accord au secrétaire général des Forces nouvelles quant à la proposition de dialogue direct avec le chef de l'Etat et l'ont encouragé à y participer pour contribuer à mettre fin à l'impasse actuelle, dans le strict respect de la résolution 1721". Le ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique de la Côte d'Ivoire, Cissé Ibrahima Bacongo annonce la création de 4 nouvelles universités à de Man, Grand-Bassam, Bingerville et San Pedro et la transformation en universités des unités régionales d'enseignement supérieur à Daloa et à Korhogo.
(19 janvier) Le 31 ème sommet de la de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cedeao), réunissant 11 chefs d'Etats, se déroule à Ouagadougou. Le nouveau président de la Cedeao, élu pour un an, Blaise Compaoré déclare : "nos Etats doivent impérativement consolider la paix et la stabilité en soutenant particulièrement la Côte d'Ivoire dans la relance du dialogue entre les parties signataires des différents accords en vue de l'application de la résolution 1721 pour l'organisation d'élections transparentes courant 2007".
(23 janvier) A l'issue d'une rencontre, à Ouagadougou, avec Blaise Compaoré nouveau président de la Cedeao, Guillaume Soro, se déclare disposé à entamer "un dialogue direct" avec le président Laurent Gbagbo. Il poursuit en disant que "La médiation du président Compaoré, président de la Cedeao mandaté par tous ses pairs, est la bienvenue". Le cabinet du premier ministre Charles Konan Banny dément la rumeur de son éventuelle démission réclamée par la presse proche de Laurent Gbagbo.
(26 janvier) M. Mamadou Coulibaly, trésorier de la Commission électorale indépendante (CEI) estime le budget des élections d'octobre 2007 à près de 40 milliards FCFA, dont 29 milliards devraient être apportés par les bailleurs de fonds extérieurs
(31 janvier) Le ministre de l'Agriculture, Amadou Gon Coulibaly annonce que le gouvernement va rembourser 10,66 milliards de FCFA (16,25 millions d'euros) d'impayés dus aux producteurs de coton par les industriels.
(1er février) La Corée offre 445 millions de FCFA d'équipements et de matériels divers à la Côte d'Ivoire.
(1er - 2 février) Des mouvements de protestations se déroulent dans différentes localités sur la ligne de front (à Yamoussoukro, Bouaflé, Zuénoula, Gohitafla et Abengourou). Des "soldats appelés" (mobilisés sur les lignes de front ) de l'armée ivoirienne manifestent pour obtenir le paiement d'une prime mensuelle de 90 000 FCFA, initialement dénommée "Haut les cœurs" (prime de guerre) et rebaptisée par les FDS : "Huile de Coco".
(2 février) Rencontre à Ouagadougou entre Charles Konan Banny et Blaise Compaoré. A l'issue de la rencontre Charles Konan Banny déclare : ''le dialogue direct n'est pas un programme, mais un mécanisme''. Dans le cadre du Cap 2007, les organisations humanitaires des Nations Unies et le gouvernement ivoirien ont lancé un appel de fonds d'un montant de 56 millions de dollars américains pour financer des programmes d'assistance aux quelque quatre millions de personnes vulnérables vivant en Côte d'Ivoire. Ces 56 millions de dollars seront répartis comme suit : 19 millions seront affectés à la santé, 14 millions à la défense des droits de l'homme et au respect de l'Etat de droit, 5 millions à l'éducation et les 18 millions restant seront affectés à d'autres secteurs. Les programmes des Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) devraient bénéficier des budgets les plus importants, avec respectivement 19 millions et 13 millions de dollars.
(5 février) Ouverture à Ouagadougou des pourparlers inter-ivoiriens. Le facilitateur du dialogue direct, Blaise Compaoré, a demandé aux protagonistes de mettre leurs propositions par écrit.
(7 février) Pierre Schori, représentant spécial sortant des Nations-Unies pour la Côte-d'Ivoire déclare que le pays est "au bord de la catastrophe". "La situation économique, sociale, humanitaire et sécuritaire s'est dégradée au fil des ans et la population vit un drame au quotidien". La Côte d'Ivoire figure désormais à la 163ème place - sur 177 - de l'indice de développement humain (IDH). Près de la moitié de la population de la Côte-d'Ivoire vit avec moins d'1 dollar par jour, même si le pays représente 40 % du PIB de l'union monétaire pour l'Afrique de l'Ouest (UEMOA). Le financement des bailleurs de fonds sont en net recul. A la fin des années 90, avant le premier coup d'Etat, la Côte-d'Ivoire recevait annuellement environ 1 milliard de dollars des pays occidentaux, sous forme d'aide au développement. Aujourd'hui, cette aide est d'environ 200 millions, a précisé M. Schori. "Il y a cependant une raison à cela ; on a l'impression qu'il y a un problème de mauvaise gouvernance et que le processus de paix n'est pas respecté". La situation de ni guerre ni paix engendre des comportements de prédation et de défaut de transparence qui touchent "les secteurs clés générateurs de revenus tels que le pétrole, le cacao et le café. Certains Ivoiriens accusent aussi bien les membres du gouvernement que les rebelles des Nouvelles Forces de s'enrichir, alors que le pays se trouve dans une impasse politique, ce qui réduit leur volonté de négocier une paix réelle ".
(13 février) L'Etat ivoirien signe un accord amiable avec la multinationale Trafigura qui s'engage à lui payer la somme de 100 milliards de FCFA (152 millions d'Euros) au titre de dédommagement dans l'affaire des déchets toxiques d'Abidjan. L'Etat abandonne toute poursuite contre la compagnie. Le président Gbagbo estime qu'il s'agit là d'un "bon contrat", mais plusieurs associations de victimes le critiquent. La pollution, due au déversement de plus de 500 tonnes de déchets toxiques dans des décharges sauvages, a provoqué entre 10 à 15 morts, environ 1000 blessés et 100 000 consultations hospitalières. Laurent Gbagbo déclare les jeunes recrues des contingents 2002 et 2003 (les soldats Blé Goudé) engagées définitivement dans l'Armée de Côte d'Ivoire ("Vous êtes tous réengagés" a-til déclaré).
(20 février) En collaboration avec le Ministère de la Production Animale et Halieutique, la FAO a importé 12 millions de doses de vaccins contre la grippe aviaire. La campagne de vaccination débute ce jour.
(4 mars) Après un mois de négociations, le président ivoirien Laurent Gbagbo et le chef des forces nouvelles Guillaume Soro signent, à Ouagadougou, un accord pour la paix en Côte d'Ivoire. Le chronogramme de la mise en œuvre de l'accord est le suivant : 1. Signature de l'Accord politique de Ouagadougou (Jour J). 2. Mise en place du Centre de commandement intégré ; Commence deux (02) semaines après le jour J. 3. Mise en place du cadre institutionnel d'exécution (Se fait quatre (04) semaines après la signature de l'Accord). 4. Formation du Gouvernement (Se fait cinq (05) semaines après la signature de l'Accord). 5. Suppression de la zone de confiance et mise en place des unités mixtes (Commencent une (01) semaine après la formation du Gouvernement). 6. Démantèlement des milices (Commence deux (02) semaines après la formation du Gouvernement et dure deux semaines). 7. - Regroupement (rassemblement par unité des ex-combattants dans les sites de regroupement et stockage des armes sous la supervision des Forces Impartiales) : - Redéploiement de l'Administration, - Début des audiences foraines (Commencent deux (02) semaines après la formation du Gouvernement et durent trois (03) mois). 8. Enrôlement en vue de l'inscription sur la liste électorale et de l'identification (Commence un (01) mois après le début des audiences foraines). 9. Unification des forces en présence et enrôlement pour le Service civique (Commence quinze jours après le début de l'enrôlement). 10. Etablissement et distribution des nouvelles cartes nationales d'identité et des cartes d'électeurs à partir de la liste électorale (Commencent à l'adoption officielle de la liste électorale définitive). 11. Fin du processus DDR et organisation des élections.
(26 mars) Nomination de Guillaume Soro au poste de Premier ministre.
(6 avril) Le général Fernand Marcel Amoussou, commandant de la force de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) annonce le début du retrait des "forces impartiales" (casques bleus de l'Onu et dispositif français "Licorne") de la "zone de confiance", à compter du 16 avril.
(7 avril) Nomination du nouveau gouvernement comprenant 33 portefeuilles.
Premier Ministre, chef du gouvernement: Soro Kigbafory Guillaume ; Ministre d'Etat, ministre du Plan et du développement: Paul-Antoine Bohoun Bouabré (FPI) ; Ministre de l'Intérieur: Désiré A. Tagro (FPI); Ministre de la Défense: Michel Amani N'guessan (FPI); Ministre des Affaires étrangères: Bakayoko Youssouf (PDCI); Garde des Sceaux, ministre de la Justice et des droits de l'homme: Koné Mamadou (FN); Ministre de l'Economie et des finances: Charles Koffi Diby (société civile); Ministre de l'Agriculture: Amadou Gon Coulibaly (RDR); Ministre de la Solidarité et des victimes de guerre: Dacoury-Tabley Louis-André (FN); Ministre des Transports: Dr Albert Mabri Toikeuse (UDPCI); Ministre de la Fonction et de l'Emploi: Hubert Oulaye (FPI); Ministre des Mines et de l'énergie: Léon Emmanuel Monnet (FPI); Ministre de la Réconciliation nationale et des relations avec les institutions: Dano Djédjé Sébastien (FPI); Ministre de la Production animale et des ressources halieutiques: Alphonse Douaty (FPI); Ministre de l'Education nationale: Gilbert Bleu-Lainé (FPI); Ministre de la Construction et de l'habitat: Marcel Amon Tanoh (RDR); Ministre de l'Enseignement Technique et de la formation professionnelle: Dosso Moussa (FN); Ministre des Infrastructures économiques: Patrick Achi (PDCI); Ministre de la Ville et de la salubrité urbaine: Mel Eg Théodore (UDCY); Ministre des Nouvelles technologies de l`information et de la communication: Hamed Bakayoko (RDR); Ministre du Commerce: Soumahoro Youssouf (FN); Ministre de l'Enseignement Supérieur et de la Recherche scientifique: Cissé Ibrahima Bacongo (RDR); Ministre de la Santé et de l`hygiène publique: Dr Allah Kouadio Rémy (PDCI); Ministre chargé de la Lutte contre le SIDA: Mme Christine Adjobi (FPI); Ministre de l'Industrie et de la promotion du secteur privé: Mme Tehua Amah ; Ministre de l'Environnement et des eaux et forêts: Aka Ahizi (PIT); Ministre de la Jeunesse, du sport et des loisirs: Dagobert Banzio (PDCI); Ministre de la Famille, de la femme et des affaires sociales: Mme Peuhmond Jeanne Brou (RDR); Ministre de l'Intégration africaine, Porte-parole du gouvernement: Koné Amadou (FN); Ministre du Tourisme et de l`artisanat: Konaté Siriki (FN); Ministre de la Culture et de la francophonie: Kouadio Koumoin (FPI); Ministre de la Reconstruction et de la réinsertion: Mme Bamba Hamza (MFA); Ministre de la Communication: Ibrahim Sy Savané (FN). Au total, Le Front populaire ivoirien (FPI) dispose de 11 postes ministériels et les Forces nouvelles 7. Le Parti démocratique de Côte d'ivoire (PDCI) et Le Rassemblement des républicains (RDR) emportent chacun 5 portefeuilles. Les cinq ministères restants ont été répartis entre les petits partis.
(12 avril) Laurent Gbagbo promulgue par ordonnance une nouvelle loi d'amnistie couvrant les crimes et délits liés aux troubles qui ont secoué la Côte d'Ivoire depuis septembre 2000 : "sont amnistiés de plein droit [...] les infractions contre la sûreté de l'Etat et la Défense nationale commises par les nationaux ivoiriens se trouvant sur le territoire ou en exil entre le 17 septembre 2000 et la date de signature de la présente ordonnance". Le 4 mai, Véronique Aubert, directrice adjointe du programme Afrique d'Amnesty International déclare à ce propos : "la formulation vague de cette ordonnance qui n'exclut expressément ni les crimes de guerre ni les crimes contre l'humanité ouvre la voie à une impunité totale pour les auteurs des très graves violations et atteintes aux droits humains commises en Côte d'Ivoire".
(16 avril) Lancement par le Trésor public, d'un emprunt obligataire au taux de 6% pour une durée de trois ans (2007-2010). Le montant espéré des souscriptions est d'au moins 30 milliards de Fcfa. Début du démantèlement de la zone de confiance.
(25 avril) Le budget 2007 de l'Etat s'établit à 1.904,4 milliard de FCFA (2,9 milliards d'euros), en baisse de 3% par rapport à l'année précédente. En 2006, le budget s'élevait à 1.965,3 milliards de FCFA (3,02 mds d'euros), en hausse de 13,3% par rapport à 2005. En 2006, la production de cacao a enregistré une baisse de 6,1% (1,36 millions de tonnes). La production de pétrole a dans le même temps augmenté de 50,7%, atteignant 21,9 millions de barils. La prévision de la croissance du PIB en 2007 est de 1,2% (montant estimé : 9.175,5 milliards de FCFA (13,9 milliards d'euros)). La croissance avait été de 1,2% en 2006 et de 1,8% en 2005. Selon Elie Jouen, secrétaire général adjoint de l'Internationale de l'éducation (IE), "Le taux de scolarisation en Côte d'Ivoire avant la crise était de 75%. Aujourd'hui, ce taux est de 50%".
(26 avril) Depuis le 16 avril, début du démantèlement de la zone, l'équipe de Médecins sans frontière (MSF) basée à Bangolo (500 km à l'ouest d'Abidjan) constate une recrudescence des actes de violence : "Les attaques contre les minibus, les cambriolages, les assassinats et les viols sont à nouveau le lot quotidien des habitants et des personnes qui doivent transiter par cette zone".
(27 avril) Le Centre de Commandement Intégré est officiellement installé à Yamoussoukro sous la direction du Ministre de la Défense en présence de deux chefs d'Etat-major (FAFN et FDS) et des Forces Impartiales.
(mai) Publication du rapport de l'OCDE : Perspectives économiques en Afrique. Selon la partie de ce rapport concernant la Côte d'Ivoire, en 2006/2007, la production de café devrait atteindre 115 000 tonnes (+ 2,7%), tandis que la production de cacao est estimée à 1 350 000 tonnes (+ 3,6%). La filière cacao est soumise à d'énormes prélèvements qui paupérisent les producteurs : "Le droit unique de sortie (DUS) et les diverses taxes sont estimés à plus de 300 francs CFA le kilo pour un prix d'achat usine se situant autour de 350 à 380 francs CFA le kilo". En 2005, la production de pétrole a atteint 14,5 millions de barils (soit près de 2 millions de tonnes) (+ 83,2 %). La production aurifère a atteint 1 637,7 kilos (+ 28,7%). En 2005 la production de gaz s'est établie 1 742,3 millions de m3 (+ 10%). En 2005, l'indice de la production industrielle a progressé de 3,7 % contre 3,2 % en 2004. Sur les 7 premiers mois de 2006, la production industrielle a augmenté de 10,6%, du fait des bonnes performances des industries de l'énergie (pétrole, gaz) et des industries extractives. Par contre, "les industries manufacturières se sont inscrites en retrait de 0,9% sous l'effet du recul de 4,5% des industries agroalimentaires et de 22% des industries textiles"… "La branche électricité, gaz et eau a, pour sa part, baissé de 1,7%". En fait c'est le secteur tertiaire qui a été le plus affecté par la crise, " en 2005, presque toutes les branches du secteur se sont inscrites en recul".
(14 mai) La Chine annule 40% de la dette bilatérale ivoirienne (18 millions d'euros) et annonce 10 millions d`aide pour le financement de la construction d`un hôpital (7 millions) et la création de deux écoles rurales (1 million) ainsi que 2 millions d'aide budgétaire.
(15 mai) Rapatriement de Côte d'Ivoire de 500 soldats de la force licorne.
(24 mai) Bertin Kadet, conseiller du chef de l'Etat chargé des affaires militaires, annonce la fin du démantèlement des milices pro-Gbagbo de l'ouest.
(29 mai) Selon le ministre des Finances, Charles Koffi Diby, l'encours de la dette extérieure ivoirienne s'élève à 6 700 milliards de Fcfa dont 2 000 milliards de Fcfa d'arriérés. Le pétrole ne représente qu'à peine 5% de la recette fiscale, c'est à dire environ 100 milliards de Fcfa.
(4 juin) Boniface Konan, capitaine de frégate des Forces de défense et de sécurité (FDS), prend le commandement du théâtre des opérations de l'armée ivoirienne. Il remplace à ce poste le lieutenant-colonel André Gouri, appelé à d'autres fonctions.
(7 juin) Publication du rapport de Global Witness : Chocolat chaud : comment le cacao a alimenté le conflit en Côte d'Ivoire. Le rapport dénonce avec force détails la prédation dont la filière cacao a fait l'objet tant de la part du pouvoir en place que des "rebelles", depuis le début du conflit en 2002. "Le commerce lucratif du cacao a été au coeur de l'économie de guerre et il continue de servir les intérêts des protagonistes du conflit, au détriment de la population ivoirienne. Depuis quatre ans et demi, les deux parties au conflit récoltent des bénéfices politiques et économiques substantiels, en toute impunité. Le prolongement de la crise a encouragé l'adoption de pratiques corrompues et un manque de responsabilité dans l'exploitation des ressources naturelles". Selon l'ambassade de France en Côte d'Ivoire, "en baisse de 32%, les investissements globaux en Côte d'Ivoire en 2006 ont totalisé 83,2 Mds FCFA contre 122,5 Mds FCFA en 2005". La répartition sectorielle des investissements est la suivante (en Mds FCFA) Télécommunications 47,4 ; Agroalimentaire 14,3 ; Pétrole et gaz 9,9 ; Transports 4,2 ; Santé 1,2 ; Plasturgie 1,2.
(21 juin) Selon la Mission économique de l'ambassade de France en Côte d'Ivoire, "Les échanges commerciaux entre la France et la Côte d'Ivoire en 2006 (1,3 Md€) ont progressé de +17,5% après avoir enregistré au cours des 5 dernières années une contraction en valeur. Cette embellie est essentiellement due à nos achats de pétrole brut qui continuent de croître fortement (+676%), entraînant un déficit global significatif (98,5 M€) soit un taux de couverture de 85,8%. Ce déficit est apparu à partir de 2001, alors que notre balance était traditionnellement excédentaire. Le pays est notre 4ème partenaire commercial au sein de l'Afrique subsaharienne (7,6% du total), après le Nigéria, l'Afrique du Sud et l'Angola. Au sein de la Zone franc, il demeure notre 1er partenaire commercial (23,6%) précédant le Cameroun et le Sénégal".
(27 juin) Publication du rapport de l'International crisis group (ICG), Côte d'Ivoire : faut-il croire à l'accord de Ouagadougou ? "L'accord signé à Ouagadougou est davantage un compromis entre deux camps qui veulent une sortie de crise préservant leurs intérêts particuliers qu'un accord qui garantirait une paix durable. Il ne traduit pas une volonté d'abandonner les pratiques politiques qui ont conduit à la guerre […] La collaboration entre Gbagbo et Soro devra survivre à l'épreuve du lancement des chantiers de l'identification des nationaux et électeurs et de la restructuration de l'armée […] Il faudra également surmonter les difficultés logistiques et financières inhérentes à la préparation des élections […] La paix de Ouagadougou est cependant précaire.
(28 juin) Publication de deux rapports de l'ONUCI : "l'organisation et le fonctionnement du système judiciaire en Côte d'Ivoire" et "l'Enfance délinquante en Côte d'Ivoire". Le premier rapport met en lumière "les freins au bon fonctionnement de la justice" : "l'insuffisance du budget alloué aux juridictions qui représente 2% du budget de l'État… le non respect de la liberté de mouvement et d'expression, ainsi que l'insuffisance d'infrastructures adéquates. La formation des cadres et auxiliaires de justice est aussi présenté comme un élément bloquant. La corruption et l'ampleur que prend ce phénomène dans le milieu judicaire méritent également des mesures concrètes comme la création d'une commission chargée de la lutte contre la corruption". La principale recommandation qui ressort du second rapport est la réhabilitation du mineur et sa réinsertion dans la société tout en sachant que le rôle de la justice des mineurs est délicat car "il doit contribuer à la protection des jeunes" tout en veillant "au maintien de la paix et de l'ordre société".
(29 juin) Attaque à la roquette contre l'avion du premier ministre Guillaume Soro à l'aéroport de Bouaké : 4 personnes ont été tuées et une dizaine blessées. Concernant le défaut de sécurité, le lieutenant-colonel Xavier Pons, porte-parole de la force Licorne, déclare que c'est l'ONUCI qui a en charge la sécurisation de l'aéroport de Bouaké, tandis que le général Fernand Marcel Amoussou, commandant de la force de l'ONUCI, rejette toute responsabilité : "L'ONUCI n'assure la sécurité d'aucun aéroport en Côte d'Ivoire".
(16 juillet) Le Conseil de sécurité adopte la résolution 1765 qui proroge de six mois, jusqu'au 15 janvier 2008, les mandats de l'Opération des Nations Unies (ONUCI) et des forces françaises en Côte d'Ivoire. Cette résolution "vise à aider à l'organisation d'élections libres, ouvertes, justes et transparentes, dans les délais prévus par l'accord de Ouagadougou". Elle supprime le poste de Haut Représentant pour les élections (occupé par M. Gérard Stoudmann) et "se déclare favorable à la création d'un organe consultatif international chargé d'accompagner les forces politiques ivoiriennes et le Facilitateur dans la mise en oeuvre de l'accord politique de Ouagadougou".
(17 juillet) La Banque mondiale approuve un don de l'Association internationale de développement (AID) d'un montant de 120 millions de dollars en appui au programme de sortie de crise, mis en œuvre par le gouvernement ivoirien dans le cadre de l'Accord de paix de Ouagadougou.

(18 juillet) Laurent Gbagbo signe un décret portant indemnité contributive au logement des instituteurs exigé par le Mouvement des instituteurs pour la défense de leurs droits, revendication à l'origine de grève qui a paralysé l'enseignement primaire public pendant un mois.
(20 juillet) Le contingent marocain en service au sein de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI) a été suspendu suite à "des allégations de nombreux cas d'exploitation et d'abus sexuels portées contre certains de ses éléments basés à Bouaké".
(28 juillet) Le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Côte d'Ivoire, Jean Louis Billon, dénonce le racket généralisé. Les barrages routiers "qui sont supposés participer à la sécurité des personnes, s'avèrent être pour les opérateurs économiques des 'guichets payants'". Les acteurs du racket sont les forces de l'ordre tous corps confondus.
(30 juillet) Cérémonie de la "flamme de la paix" à Bouaké (en zone ex-rebelle) au cours de laquelle il a été procédé à l'embrasement symbolique d'armes de guerre détenues par les Forces armées des Forces nouvelles. Outre Laurent Gbagbo et Guillaume Soro, cette cérémonie s'est déroulée en présence des Présidents : Blaise Compaoré du Burkina, Thabo Mbeki de l'Afrique du Sud, Amadou Toumani Touré du Mali, Nino Viera de la Guinée Bissau, Faure Gnassingbé du Togo, Yayi Boni du Benin. Les membres de l'opposition, Henri Konan Bédié et Alassane Dramane Ouattara étaient absents.
(2 août) L'ONG Human Rights Watch (HRW) publie ce jour un rapport : "Mon coeur est coupé". Violences sexuelles commises par les forces rebelles et pro-gouvernementales en Côte d'Ivoire. Selon ledit rapport : "depuis l'irruption d'un conflit armé en 2002 entre le gouvernement ivoirien et des groupes rebelles basés au nord et à l'ouest du pays, de nombreuses filles et femmes ont été victimes de violences sexuelles brutales en Côte d'Ivoire, commises par des hommes armés des deux camps". "Les rebelles en Côte d'Ivoire ont perpétré des violences sexuelles contre des femmes et des filles dans les zones se trouvant sous leur contrôle, à savoir le viol, le viol en groupe, les tortures sexuelles, les fausses couches forcées et l'inceste forcé. Les différentes factions rebelles ont pris certaines femmes pour cible à cause de leur appartenance ethnique ou de leur affiliation présumée pro-gouvernementale, souvent parce que leur mari, leur père ou un autre homme de la famille travaillait pour l'État. Beaucoup d'autres ont été la cible d'agression sexuelle sans raison apparente "… "Les forces pro-gouvernementales, y compris des membres de la gendarmerie, de la police, de l'armée et des milices, ont aussi perpétré des actes de violence sexuelle. Les viols et autres abus sexuels commis par les forces gouvernementales ont été particulièrement répandus dans la région disputée de l'ouest et dans les zones de combats, notamment les zones qui chargèrent de mains à plusieurs reprises. Les forces pro-gouvernementales ont aussi pris pour cible des filles et des femmes soupçonnées de soutenir les rebelles. Dans cette optique, ils ciblèrent des femmes des groupes ethniques venant du nord de la Côte d'Ivoire aussi bien que des femmes originaires des États voisins, tels que le Burkina Faso, le Mali, et la Guinée ; des musulmanes ; et des femmes issues des milieux politiques d'opposition. En particulier, les forces pro-gouvernementales ont pris pour cible des femmes affiliées au parti d'opposition principalement musulman dénommé le Rassemblement des républicains (RDR)"… "Les autorités rebelles et gouvernementales semblent avoir directement ou indirectement autorisé les violences sexuelles depuis le début de la guerre en 2002. L'impunité qui prévaut pour ces crimes ne fait qu'encourager les criminels et les commanditaires à tous les niveaux".
(6 août) Dans un discours télévisé à la nation prononcé à la veille de la fête nationale, Laurent Gbagbo estime qu'il est possible "d'organiser l'élection présidentielle dès le mois de décembre 2007". Selon le Bureau international du travail (BIT), plus de 621.000 enfants, principalement originaires du Burkina, du Mali et de la Guinée et âgés de 10 à 17 ans travailleraient dans les plantations de café et de cacao en Côte d'Ivoire.
(7 août) Fête nationale : 47ème anniversaire de l'accession de la Côte d'Ivoire à l'indépendance.
(17 septembre) Accusé de fomenter un coup d'Etat par le Chef d'Etat major adjoint des Forces nouvelles, le Commandant Issiaka Ouattara dit Wattao, le Major Ibrahim Coulibaly dément en soulignant son rôle de bouc émissaire pour cacher l'incompétence de Guillaume Soro. Manifestation de consommateurs (5000) contre la vie chère à Abidjan.
(19 septembre) Cinquième anniversaire du début de la rébellion. Selon l'IRIN, depuis l'accord de Ouagadougou, on note des progrès apparents dans le processus de paix. Mais, indique M. Schori (ancien représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en Côte d'Ivoire) : "chaque jour qui passe sans qu'un vrai progrès ne soit apporté est une mauvaise journée pour l'habitant lambda en Côte d'Ivoire". "Selon certains analystes économiques, le bilan du dernier gouvernement de transition n'est pas entièrement mauvais… néanmoins la gestion financière et les bons revenus générés grâce aux ressources naturelles abondantes du pays n'ont pas permis d'améliorer les conditions de vie de l'Ivoirien moyen... Le vrai défi reste de faire en sorte que ces ressources, comme toutes les ressources publiques y compris l'aide internationale, soient gérées de manière à profiter à l'ensemble de la population".
(25 septembre) Lancement officiel des audiences foraines, destinées à l'identification des personnes âgées de 13 ans et plus, nées sur le sol ivoirien, mais qui n'ont jamais été déclarées à l'état civil. Les audiences foraines doivent durer trois mois selon l'accord de Ouagadougou.
(26 septembre) Au cours de la 62ème session de l'Assemblée générale des Nations unies à New York, Laurent Gbagbo demande la levée partielle de l'embargo sur les armes imposé à son pays "afin de permettre à l'Etat ivoirien de remplir sa mission de protection des personnes et des biens". Laurent gbagbo a également appelé à la levée des sanctions individuelles qui frappent trois de ses compatriotes, dont Charles Blé Goudé et Eugène Djué.
(17 octobre) Laurent Gbagbo répond aux questions des journalistes. A l'adresse de la communauté internationale, le président recommande la patience. Concernant les accusations de comportements prédateurs de son entourage, il déclare : "le train de vie de l`Etat a diminué"… "Si j'apprends qu`un de mes collaborateurs a détourné l`argent et j'en ai les preuves, d`abord je le vire, il ne sera plus mon collaborateur. Mais, je le traduis devant les tribunaux"... A propos de la filière café-cacao : "si la filière est mal gérée, ça ne regarde pas l'Etat et ce n`est pas l`argent de l`Etat qui est dilapidé"… Selon lui, la production nationale de pétrole reste faible, elle ne s'élève qu'à 50 000 barils par jour et "le gaz c`est encore moins important".
(18 octobre) Après neuf mois d'attente, le successeur de Pierre Schori, Représentant spécial du Secrétaire général des Nations unies en Côte d'Ivoire, est désigné : le diplomate sud-coréen Choi Young-jin.
(29 octobre) En raison des retards du processus de paix ivoirien, le Conseil de sécurité de l`ONU par sa résolution 1782, reconduit pour un an l'embargo sur les armes et les exportations de diamants, de même que l'interdiction de voyager et le gel des avoirs visant trois personnalités ivoiriennes.
(8 novembre) Conformément aux recommandations de la Commission chargée d'en étudier les modalités, Laurent Gbagbo signe une ordonnance portant sur la suppression de la carte de séjour pour les ressortissants des pays membres de la CEDEAO.
(27 novembre) Le Président Laurent Gbagbo et son Premier ministre Guillaume Soro signent un accord complémentaire à l'accord politique de Ouagadougou établissant un nouveau chronogramme pour en accélérer la mise en œuvre et fixant la date des élections présidentielles et législatives "au plus tard" à la fin du mois de juin 2008.
(5 décembre) En visite en Côte d'Ivoire, le ministre français de la Défense Hervé Morin déclare que les troupes françaises de l'opération Licorne ne se retireront pas de Côte d'Ivoire avant la "normalisation" du pays, même si les choses "vont de mieux en mieux" depuis l'accord de paix de Ouagadougou. La force Licorne compte encore 2 400 hommes en Côte d'Ivoire.
(10 décembre) Le gouvernement ivoirien décide de reporter l'application de la réforme de l'Impôt général sur le revenu au 1er janvier 2009.
(11 décembre) Kouassi Yao Barthélémy, secrétaire général du Symapeci (Syndicat des marins pêcheurs de Côte d'Ivoire) déclare que le secteur halieutique est menacé en Côte d'Ivoire, par le pillage des eaux, pratiqué essentiellement par des bateaux chinois.
(12 décembre) A l'issue de la réunion du conseil des ministres de l'Uemoa, le ministre ivoirien de l'Economie et des Finances Charles Diby Koffi a été désigné à l'unanimité comme nouveau président du conseil des ministres de l'Uemoa (Union économique et monétaire ouest africaine).
(18 décembre) Au cours du point de presse hebdomadaire de l'Onuci, Ahmedou El Becaye Seck (Chef de la Division de l'Assistance Electorale) déclare : "à la date du 17 Décembre 2007, nos différentes équipes présentes sur le terrain ont constaté que près de 1273 audiences foraines se sont tenues et ont suscité beaucoup d'intérêt, si l'on en juge par le nombre impressionnant des pétitionnaires à qui des jugements supplétifs ont été accordés et qui dépasse aujourd'hui très sensiblement, le volume des pétitionnaires agréés lors de la précédente grande opération qui a eu lieu entre le 17 juillet et le 18 septembre 2006. Au cours de la présente opération, et contrairement à ce qui avait été constaté dans un passe récent, il a été noté très peu d'incidents [11] et le champ de ceux-ci n'a nullement porté atteinte à la crédibilité et à la poursuite normale des audiences foraines". A Bouaké, des éléments des Forces armées des forces nouvelles n'ayant pas reçu leur prime alimentaire de 5 000 Fcfa manifestent leur mécontentement par des tirs nourris d'armes automatiques.
(22 décembre) Comme prévu dans les dispositions des accords complémentaires de l'accord de Ouagadougou, le processus de désarmement des ex-combattants débute aujourd'hui par des cérémonies officielles se déroulant conjointement à Tiébissou et à Djébonoua. Deux localités contrôlées par les forces ex-belligérantes, les Forces armées de Côte d'Ivoire (FANCI) et des Forces armées des Forces nouvelles (FAFN).
(23 décembre) Augustin Mian, 31 ans, est élu à la tête Fédération estudiantine et scolaire de Côte d'Ivoire (Fesci).
(24 décembre) Violente manifestation de Dozos (chasseurs traditionnels qui ont combattu aux côtés des Forces nouvelles) à Bouaké qui bloquent les axes routiers menant au nord et à l'ouest du pays et qui réquisitionnent des véhicules civils.
(25 décembre) Guillaume Soro reçoit à Abidjan une délégation de chefs Dozos et leur confirme que l'accord politique de Ouagadougou les prend effectivement en compte, avec notamment le filet de sécurité dont ils bénéficieront au même titre que les mouvements d'auto-défense de l'Ouest. En outre, à l'instar des autres bénéficiaires, les Dozos toucheront une prime mensuelle de 90 000 Fcfa durant le regroupement. En plus de ces 90.000 Fcfa, le premier ministre promet de se battre pour que les primes de savons d'un montant de 5 000 Fcfa passent désormais à 25.000 Fcfa par mois. Ce qui fait au total 115.000 Fcfa par mois.
(27 décembre) Les Forces nouvelles annoncent avoir déjoué dans la nuit du 27 au 28, un complot organisé par certains de ses soldats qui voulaient "s'emparer de Bouaké". L'affrontement aurait fait au moins six morts.
(28 décembre) Le conseil des ministres adopte le projet de loi de finances pour l'année 2008. Le budget s'élève à 2 129,1 milliards de Fcfa, en hausse de 8,6% par rapport à celui de 2007 qui était de 1961 milliards de Fcfa. Pour 2008, les ressources du budget sont composées de 81,8% de recettes intérieures, correspondant à 1 742,5 milliards de Fcfa et 386,6 milliards de Fcfa de ressources extérieures. Ce projet de budget repose sur des hypothèses d'une production cacaoyère de 1,3 millions de tonnes, d'une production pétrolière de 18,5 millions de barils contre 13,2 en 2007 et sur un taux de croissance projeté de 2,9% contre 1,5% en 2007.
(31 décembre) Dans un message à la nation, Laurent Gbagbo déclare : " les audiences foraines se déroulent à un rythme convenable. Les opérations d'identification et d'inscription sur les listes électorales vont commencer. Au plan technique, la Côte d'Ivoire est donc en mesure d'organiser les élections générales dès le mois de juin 2008 ".

2008

(15 janvier) Le Conseil de sécurité proroge les mandats de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (Onuci) et des forces françaises qui la soutiennent jusqu'au 30 juillet 2008.
(23 janvier) Lors d'une intervention à la télévision nationale, Laurent Gbagbo déclare à propos de la corruption : " ce ne sont pas seulement mes compagnons qui volent ".
(24 janvier) A l'issue de la réunion du Cadre Permanent de Concertation (CPC) à Ouagadougou, Alassane Ouattara déclare : " les décisions qui ont été prises concernent les inscriptions sur les listes électorales, la réaffirmation des candidatures des principaux leaders signataires des accords de Marcoussis, la publication d`ici mi-février de la liste électorale authentique des dernières élections de 2000 sur Internet et avec la possibilité pour tous les partis politiques de commencer à faire campagne". La prochaine réunion du CPC est prévue en principe pour mars 2008 à Abidjan.
(19 février) Le président de la Commission électorale indépendante (CEI), Robert Mambé Beugré, se dit favorable au report des élections présidentielles au-delà de la date butoir de fin juin 2008, prévue par l'accord complémentaire de Ouagadougou, du 29 novembre.
(25 février) Pascal Affi N'Guessan, président du Front populaire ivoirien (FPI) dresse un bilan mitigé de l'accord de paix de Ouagadougou et déclare "qu'il n'est pas question d'aller à des élections sans désarmement".
(1er avril) La Banque mondiale (BM) accorde un don à la Côte d'Ivoire "pour la gouvernance et la relance économique d'un montant de 308 millions de dollars destinés "à apurer ses arriérés" et à financer "un appui budgétaire de 35 millions de dollars".
(4 avril) Le Fonds monétaire international (FMI) accorde à la Côte d'Ivoire une aide budgétaire d'un montant de 66,2 millions de dollars (environ 30 milliards de FCFA), représentant la "deuxième tranche" du financement d'un programme de sortie de crise.
(14 avril) A l'issue d'un conseil extraordinaire des ministres à Abidjan, le porte-parole du gouvernement, Amadou Koné annonce que le premier tour de l'élection présidentielle est fixé au 30 novembre 2008.
(16 avril) La Bourse du café et cacao (BCC) annonce que le prix "minimum d'achat bord champ" du cacao aux planteurs est fixé à 500 FCFA (0,76 €) par kilogramme à l'ouverture de la "campagne intermédiaire".
(22 avril) Les Forces nouvelles ont annoncent qu'elles redémarrent à partir du 2 mai leur "regroupement" (première étape du processus de désarmement des ex-combattants) à partir du 2 mai.
(24 avril) Les principaux partis politiques signent à Abidjan un "code de bonne conduite" en vue de l'élection présidentielle de novembre.



(11 mai) Publication du rapport de l'OCDE : Perspectives économiques en Afrique. Selon la partie de ce rapport concernant la Côte d'Ivoire, "le taux de croissance du PIB réel a été de 1,6 % en 2007, contre 0,9 % en 2006 et 1,2 % en 2005". Pour 2008, le taux de croissance estimé est de 2,8%. Concernant les cultures de rente, "à l'exception de la baisse des productions de cacao (-20,1 %), de coton (-16,3 %) et d'ananas (-17,7 %), les secteurs de l'agriculture d'exportation ont enregistré de bonnes performances au cours de l'année 2007". "Le secteur secondaire enregistrerait pour 2007 une croissance de 1,5 %". "Dans le secteur tertiaire, le trafic maritime a enregistré en 2007 une baisse de 1,4 % par rapport à l'année 2006", "dans le secteur commercial, on note une progression de l'indice du chiffre d'affaires de 7,2 % par rapport à 2006". "En décembre 2006, l'encours de la dette extérieure (y compris les arriérés) représentait 73,2 % du PIB. Les arriérés de paiement correspondaient à 21 % du PIB (2,4 % pour le groupe de la BAfD). En 2006, en valeur actuelle nette, les ratios de la dette totale par rapport au PIB et aux exportations sont estimés respectivement à 85 % et 166 %".



En cours d'actualisation...

(8 août) En visite à Abidjan, le rapporteur spécial de l'ONU, M. Okechukwu Ibeanu, souhaite la relance des procédures judiciaires dans l'affaire des déchets toxiques déversés dans la capitale ivoirienne en 2006.
(14 août) Le conseil des ministres autorise l'audition des actuels et anciens ministres de l'Agriculture et des Finances, ministres de tutelle des organismes de régulation du café-cacao, "à titre de témoins" devant le tribunal dans le cadre de la procédure pénale diligentée dans la filière Café-Cacao.
(18 août) Manifestation violente à Bouaké de dizaines d'ex combattants des Forces Nouvelles (FN) pour exiger leur prise en compte dans le processus de réinsertion comprenant le versement à chacun d'eux de cinq millions de francs CFA en vue de leur reconversion dans la vie civile. Mamadou Koné, ministre de la justice et des droits de l'homme annonce que les audiences foraines de rattrapage décidées par la 3ème réunion du cadre permanent de concertation (CPC) se dérouleront du 27 août au 12 septembre 2008. " 50 équipes constituées sur la base des tribunaux de Première Instance et leurs sections détachées seront déployées sur le terrain ".
(30 août) Laurent Gbagbo est désigné comme le candidat du Front populaire ivoirien (FPI) à l'élection présidentielle prévue pour le 30 novembre.

2009


2010

(12 février) Laurent Gbagbo annonce la dissolution de la Commission électorale indépendante (CEI) et celle du gouvernement. M. Gbagbo reconduit Guillaume Soro au poste de Premier ministre et le charge de former un nouveau gouvernement pour le 15 février et de proposer un "format" d'une nouvelle CEI.


En cours d'actualisation...

2011

(1er Janvier) Gbagbo accuse l'ONU d'avoir " tiré sur des civils ", l'ONU dément.
(2 Janvier) Les partisans de Gbagbo ajournent l`assaut "à mains nues" prévu contre
le quartier général de Ouattara. Deux avocats français (Me Vergès et Me Dumas) recrutés par Laurent Gbagbo, proposent le recomptage des voix du scrutin présidentiel du second tour, afin de départager le sortant et son rival Alassane Ouattara.
(3 Janvier) Quatre dirigeants africains mandatés par la Cédéao et par l'Union africaine rencontrent Laurent Gbagbo à Abidjan, celui-ci les informe de son intention de rester au pouvoir. Les Etats-Unis se déclarent prêts à "envisager" l`accueil de Laurent Gbagbo, s`il le demande, pour aider à résoudre la crise actuelle. Selon l'ONU, les violences post-électorales auraient fait 179 morts depuis la mi-décembre. M. Thierry Desjardins, en charge de la Côte d`Ivoire au sein du Club de Londres, déclare que la Côte d'Ivoire n'a pas procédé au règlement (prévu le 31 décembre) d'une somme de 30 millions de dollars. Le responsable précise toutefois que la Côte d'Ivoire bénéficie d'un délai de grâce de 30 jours pour rembourser cette somme, néanmoins des intérêts de retard seront dus.
(4 Janvier) Selon les dires des médiateurs (Cédéao - UA) Laurent Gbagbo serait prêt à négocier une "issue pacifique" à la crise en Côte d`Ivoire. Selon Ali Coulibaly, son conseiller diplomatique, Alassane Ouattara rejette l`offre de dialogue de Laurent Gbagbo et veut seulement "qu`il s`en aille". Selon son porte-parole, Hetherwick Ntaba, le président de l'UA, Bingu wa Mutharika, se déclare "déçu de la lenteur du processus de médiation en Côte d`Ivoire". Le Président appelle Laurent "Gbagbo à céder le pouvoir à Ouattara pour [...] éviter un bain de sang". Le ministre français de la défense, Alain Juppé, déclare que "la France ne prendra pas l'initiative d`une intervention militaire" pour tenter de régler la crise actuelle en Côte d`Ivoire.
(5 Janvier) Les médiateurs africains offrent l'amnistie à Laurent Gbagbo, s'il se retire. Selon le Premier ministre kényan Raila Odinga : "il y aura une amnistie pour lui (Gbagbo) dans le sens où il ne sera pas poursuivi ou persécuté. […] Dans le cas où il déciderait de rester dans le pays, il serait autorisé à vaquer à ses occupations normalement", et "s'il décidait de partir en exil, il ne sera pas traîné devant la Cour pénale internationale (CPI), à condition qu'il accepte de rendre le pouvoir". Le ministre des Affaires étrangères de Laurent Gbagbo, Alcide Djédjé, affirme que le blocus du QG d'Alassane Ouattara, à l'hotel du Golf à Abidjan, "sera levé" si les ex-rebelles qui s'y trouvent vont à Bouaké (centre), fief de l'ex-rébellion des Forces Nouvelles (FN).
(6 Janvier) Au cours d'une conférence de presse à Abidjan, Alassane Ouattara demande une action commando de l'Afrique de l'Ouest pour déloger son rival Laurent Gbagbo du palais présidentiel. Selon l'ONU, 210 personnes sont décédées depuis la mi-décembre dans des violences en Côte d`Ivoire.
Le département du Trésor états-unien annonce jeudi qu`il gèle les avoirs de Laurent Gbagbo ainsi que ceux de sa femme et de trois de ses proches (Désiré Tagro, Pascal Affi N'Guessan et Alcide Ilahiri Djedje) aux Etats-Unis. De plus, tout Américain qui viendrait à réaliser des transactions financières avec ces personnes s`exposerait à des poursuites judiciaires.
(7 Janvier) Mise en liberté provisoire des ex-dirigeants de la filière cacao (22 personnes), incarcérés depuis le 18 juin 2008, dans le cadre de l'opération "mains propres" dans ladite filière.
(8 Janvier) Visite de l'ex-président du Nigéria Olusegun Obasanjo pour tenter d'aider à la résolution de la crise politique. Manifestation de 50 à 60 partisans de Laurent Gbagbo devant le Parlement européen à Strasbourg.
(11 Janvier) Selon Youssoufou Bamba, ambassadeur de la Côte d'Ivoire à l'ONU (nommé par Alassane Ouattara), Ouattara serait prêt à former un gouvernement d'union nationale avec des pro-Gbagbo, si son adversaire accepte de quitter le pouvoir. Cette proposition est aussitôt rejetée par le camp de Laurent Gbagbo.






Sources : Abidjan.net, AFP, Reuters, HRW, ICG, IRIN, GRIP, Nord-Sud export, L'Inter, l'Intelligent d'Abidjan, Fraternité-Matin, Notre Voie, Le Patriote, Le Jour, Le Front, RFI, IZF.net, Panapress, Xinhua, JAI, Centre de nouvelles de l'ONU…