Editorial n° 14

 

Côte d'ivoire : l'économie de guerre, obstacle à la paix et à la réconciliation

Depuis le 19 septembre 2002, date de la tentative de coup d'Etat et du début de la partition de fait du pays, une " économie de ni guerre, ni paix " s'est développée en Côte d'Ivoire et les bénéficiaires de cette économie voient d'un mauvais ťil le retour possible à la paix qui réduirait à néant leurs profits, leurs revenus et leurs rentes.


Au nord comme au sud du pays, le conflit dans sa durée a fait apparaître des gisements de revenus pour une frange de la population. Du fait de l'instabilité, le système clientéliste mis en place par Houphouët-Boigny et la corruption qui lui est inhérente, se sont largement autonomisés et décentralisés, les activités les plus " juteuses " étant réservées aux élites.


Au sud la rente issue de la filière cacao est siphonnée par des proches du pouvoir à travers un certain nombre d'institutions censées " aider " les planteurs. Au nord, des membres éminents des Forces nouvelles siphonnent la rente cotonnière. Ces prélèvements entretiennent une économie parallèle qui se nourrit du trafic d'armes, du blanchiment d'argentů


A des niveaux plus bas de la hiérarchie prédatrice se situent les milices (" jeunes patriotes ") et les forces de sécurité qui trouvent un supplément de revenu en dressant des barrages routiers à travers tout le pays pour arrêter et racketter les civils.


Dans un contexte d'impunité, on peut comprendre que les bénéficiaires de cette situation de " ni guerre ni paix " ne soient nullement tentés par un retour à la paix et à la réconciliation, synonyme de perte de revenus.

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