Editorial n° 16

 

Commerce euro-équitable

Il y a le café équitable, le chocolat équitable, le textile équitable, l'artisanat équitable.... Le système repose sur des achats "citoyens" qui, en payant un prix plus cher que celui du marché, permettent d'assurer un revenu décent aux producteurs des pays pauvres du Sud.


Le commerce équitable s'en remet à la "société civile" pour régler un problème économique et social qui devrait l'être dans le cadre des institutions internationales et particulièrement de l'Organisation mondiale du commerce (OMC).


"On" reconnaît que la "main invisible" qui guide les forces du marché n'est pas (souvent) en mesure de produire des prix suffisamment rémunérateurs pour permettre aux producteurs de simplement vivre. Mais comme "on" ne veut pas toucher aux règles de la libre concurrence, "on" met en avant le commerce équitable (emplâtre sur une jambe de bois) pour corriger les dysfonctionnements du marché.

L'Union européenne et la présente constitution sacralisent le marché et la libre concurrence.... Alors, va-t-on, dans un proche avenir, nous proposer un système européen de commerce équitable ?

Ainsi, pourrait-on voir apparaître des produits euro-équitables : du textile euro-équitable (contre les importations chinoises), des automobiles euro-équitables (contre les importations coréennes), une médecine euro-équitable (contre l'importation de personnel de santé sous-payé), un enseignement euro-équitable (pour lutter contre les importations d'enseignants faiblement rémunérés)...

En fait, le problème des travers de la mondialisation néolibérale ne pourra être traité que lorsque nos politiciens eux-mêmes seront soumis à la concurrence internationale qui proposera mieux et moins cher. Il est certain que dans cette hypothèse, les dits politiciens prendront immédiatement les mesures de protection appropriées car le politicien euro-équitable aura certainement peu de chance de bénéficier d'un vote " citoyen ".


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