Editorial n° 19

 

Un point d'accord entre les parties au conflit en Côte d'Ivoire
(10/2005)

La situation apparaît bloquée, les élections sont reportées, la communauté internationale, les africains, la France… essaient en vain de trouver un point d'accord entre les parties au conflit en Côte d'Ivoire.

Il en existe pourtant un.

Malheureusement il ne s'agit pas d'organiser d'un commun accord des élections transparentes, de piloter l'économie vers la croissance, de lutter contre la pauvreté, d'assurer le bien-être des populations…. Il ne s'agit pas non plus d'arrêter de piller le pays, d'en finir avec la corruption…

De quoi s'agit-il alors ?

Le point d'accord c'est de continuer à assurer l'impunité… l'impunité au plus haut niveau des actes de prédation qui appauvrissent le pays et qui alimentent les conflits…
Seul le général Gueï avait tenté de mettre fin à cette impunité avec l'opération " mains propres " qui a fait long feu, car elle s'est heurtée à la structure de prédation qui ne connaît pas les frontières entre les partis politiques et qui recouvre une large part de l'administration…
Le retour à la paix tant souhaité sera inévitablement marqué par un accord (au moins tacite) sur l'impunité des actes de prédation comme cela a été le cas jusqu'à présent. Et tout pourra recommencer comme avant, peut être avec des acteurs politiques différents, mais avec les mêmes acteurs dans l'administration.

Dans ces conditions, les pauvres en Côte d'Ivoire ont peu à espérer d'un retour à la paix.


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